je n’ai d’yeux que pour elle … (Pascal Obispo)
Le train roule, les podcasts résonnent dans mes oreilles et je lis distraitement ma plaquette, cette fois celle de Grenoble où j’arrive en début de soirée. La gare est tapissée d’affiches pour l’école, il y a même des pannonceaux pour nous indiquer le chemin vers le hall d’accueil de la gare et le stand des admisseurs de l’école. On pose nos valises et on traverse la rue pour rejoindre tous les autres admissibles installés au bar en face de la gare pour le pot de bienvenue. J’y croise Pierre, qui lui repars et fais ainsi connaissance avec de toutes nouvelles têtes, plus unes ou deux que j’ai déjà croisées dans d’autres écoles (très angoissant d’ailleurs, parce qu’elles se souviennent très bien de mon prénom alors que je ne me rappelle même pas de les avoir vues !) Vient ensuite le moment du resto, où je découvre le principe de base à Grenoble : là bas les carafes d’eau n’existe pas, on boit au minimum du rosé ! Je ne me plains pas et m’initie peu à peu aux chants d’admissibles (« Toc toc toc » « Et qui est là ? » « C’est Mozart ! » « Mozart ? Quel drôle de nom ! Et pourquoi pas libellule ou papillon ? » « Non non non ! C’est Mozart parce que… Mozaaaaaarmes citoyens, formez vos bataillons…. ») et profite ainsi d’une ambiance plus qu’endiablée qui se prolonge jusque vers 22h30. Je récupère alors mes valises et tente alors désespérément de dénicher mon hôtel qui est dissimulé dans de petites ruelles un peu à l’écart escortés par trois ou quatre admisseurs croisés sur la route alors qu’ils partaient en soirée et qui n’ont pas hésités à annuler pour pouvoir m’aider à retrouver ma route. Je finis donc par retrouver le chemin de ma chambre et passe une nuit calme mais courte étant donné que je dois être sur place autour de 7h.
J’arrive donc le matin à l’ESC, à deux pas de l’entrée de la gare et reste bouche bée devant la taille et la beauté du bâtiment, très moderne, tout en bois et en métal. Direction la cafét pour le petit déjeuner, puis l’amphi pour un discours rapide et clair du directeur suivi du film des admisseurs et une série de sketch très réussis autour du thème de cette année qui n’est autre que l’aventurie ,alias Indianna Jones, magnifiquement incarné par un des membres du BDE. Je passe donc un super agréable moment, meuble un peu le temps d’attente pour mon premier oral de langue en choisissant l’association à qui va être versé l’argent ayant du normalement être employés à l’achat de nos cadeaux de bienvenue, puis est rapidement appelée pour préparer l’anglais. Mon texte traite de la crise et de ses répercussions sur le moral des citoyens, sujet où je ne suis pas toujours trop à l’aise mais je réussis quand même à m’en sortir et finit par entamer un agréable dialogue avec l’examinateur. Je ressors donc assez contente et embarque cette fois pour préparer l’oral d’allemand à partir d’un texte traitant des problèmes de plagiat sur Internet par les étudiants lors de leurs devoirs. Je comprends le texte, j’ai des idées et des trucs à dire, mais l’entretien demeure catastrophique, je bafouille, les mots comme « tragen », « dürfen » m’échappent, le regard apitoyé d’examinatrice ne m’échappe pas, bref c’est une catastrophe. Espérons que l’anglais rattrape, vu que les coefficients sont les mêmes mais c’est un peu décue que j’attend d’être appelée pour l’entretien. Quand l’heure vient, quatre sujets s’offrent à moi :
- Une citation : « Certains sentent venir la pluie, d’autres se contentent d’être mouillés »
- Une carte de géopolitique : « L’impossible remboursement »
- Un sujet sur l’Europe (il me semble)
Je choisis donc la citation et planche dessus pendant vingt minutes avant d’être conduite à mon jury : une femme, professeur à l’ESC et présidente du jury (et qui ne peut donc être interviewée), un ancien élève de l’école et directeur de recherche à l’IEP de Grenoble et enfin une prof d’anglais avec un accent très marqué (je décide en l’entendant se présenter que je vais plutôt interviewer le gars, vu que je galère pour comprendre ce qu’elle me dit) Je me présente rapidement, vu qu’ils ont déjà mon CV sous les yeux, suis poliment priée de commencer mon interview et là… BONHEUR ! Le gars est passionné d’armes médiévales et organisent des foires et fêtes autour de ce thème, alors que j’ai mentionné ma passion pour Aliénor d’Aquitaine dans mon CV ! On discute là-dessus, le gars tente plusieurs questions pièges histoire de voir si je suis aussi fan que je le prétends, et je m’en tire sans problème. Leurs sourires se font francs et la discussion s’enchaine : est ce que je m’identifie à un tel personnage, peut on considérer cette reine comme féministe, bref un terrain où je me sens plutôt à l’aise. On parle avenir, autres passions et les minutes passent sans qu’on s’en rende compte.
C’est donc plutôt heureuse que je sors de la salle, et tombe directement sur Nicolas Fouilleret, qui a vu mon nom sur les listes et m’offre une petite visite de la ville, avec ses rues piétonnes, son petit tram tout neufs, ses œufs qui offrent une vue panoramique sur la ville et nous repartons à nouveau au petit bar qui regroupe tous les admissibles. Pour une fois que je reste sur place après avoir passé mes entretiens, je peux enfin profiter à fond de la soirée avec les admisseurs, qui se prolonge après le restau dans un énième bar puis dans l’appart d’un des admisseurs. Je rejoins mon hôtel vers les 3h du matin et repars vers Paris en fin de matinée, des images pleins la tête.
Mince…. C’est ca le coup de foudre ?