Archive pour juin, 2007

Peu à peu je pète les plombs,

Le beauf de derrière m’insulte et me traite de con (Disiz la Peste, 2000)

Ce blog éphémère a été créé pour deux raisons. Premièrement, il nous permet de décompresser après les oraux, de mettre les choses à plat, bref de passer à autre chose en couchant sur un tas d’octets plus ou moins mornes notre vécu. Secondement, il offre à ceux qui le lisent un aperçu du point final de la vie de préparationnaire. Pour faire simple, on souhaite que nos voyages permettent à nos successeurs de décompresser un peu avant leurs oraux et d’être fin prêt à affronter les jurys les plus horribles des écoles de commerce.

Pour isoler cet aspect du blog, je vous raconte, en guise de gaine thermo plastifiée, chacun de mes oraux. Florian fait de même. Maintenant que ce rappel est fait et que vous connaissez les grandes lignes de notre voyage toulousain, je vais vous narrer mon entretien.

L’ESC Toulouse a ceci de fabuleux : une organisation à toute épreuve. Si le rez-de-chaussée de l’école sert à l’accueil de ce coûteux mais juteux bétail qu’est le préparationnaire, les premiers et seconds étages servent aux passages des oraux – langues et entretiens.

16h20 à peine dépassée, je me décide à franchir l’un des escalier de l’immeuble au tuiles rouges qu’est l’antre des pilotes du changement. Je m’assoie face à l’accueil entretien qui se résume à deux femmes assises derrière des écrans d’ordinateurs qui gèrent le passage des entretiens, les allés et venus de toutes ces bêtes costumées, tailleurées ou juppées. Après quelques minutes d’attentes – je suis invité à me présenter à 16h30 – on m’informe qu’un certain retard à été pris et que j’aurai le plaisir de passer mon entretien sur les coups de 17h00.

Fou de joie (que celui qui s’opposera au report de la fin du monde me jette ce qu’il trouve), je descends les mêmes escaliers du même bâtiment, demeurant au passage toujours l’antre des pilotes du changement, pour rejoindre Anthony et Florian – Julie et Céline ayant été perdues de vue depuis longtemps.

Le temps passe. Appelé plusieurs fois au micro sans l’entendre, on me signale que je suis attendu au premier étage pour passer mon entretien. L’une des femmes s’occupant du passage des entretien m’annonce que finalement, la fin du monde du monde a un peu d’avance et que bon, c’est pas plus mal d’en finir après tout, monsieur, non ?

Sleeping is giving in chantait Arcade Fire, Let it be leur auraient répondu les Beatles. J’attends, assis devant la salle et prépare mon entretien, en fredonnant Message in a bottle. Je comprendrai bientôt pourquoi.

Face à moi, une feuille, trois questions. Que feriez vous si vous étiez Ministre du travail, de la solidarité et de l’égalité des chances ? Ah, à l’ESC Toulouse on forme des énarques ? Monsieur Bertrand compte démissionner prochainement ? Troublé par la question, pourtant connue depuis quelques jours, je réponds banalement, soutenant que je forcerai la rencontre du salariat et patronnât, encouragerai les accords de branche et aurai comme première ambition le dialogue. Je finis en soutenant que le plus important est que chacun puisse travailler et être rémunéré à hauteur des efforts consentis.

L’ESC Toulouse forme des pilotes du changement. Je ne peux que soutenir la démarche, souhaitant moi-même être amiral du tournant, mais quand on me demande ce que cela m’apporte concrètement et provoque comme bouleversement dans le monde, la grimace est inévitable. C’est pourquoi la seconde question proposée par l’ESCT. Pris d’une seconde crise de banalité, je balbutie sur ma feuille (ce qui est un exploit, vous en conviendrez) que c’est forcer le changement, amener avec soi la modernité et faire entrer le monde dans un cycle nouveau où les erreurs du passé ne seraient pas reproduites. Bref, replissons ces lignes blanches qui font tâche et tâchons d’éviter les blancs.

Je ne sais pas si vous avez déjà observé un camembert arrivant à maturité. La pâte devient jaune et se liquéfie de plus en plus. C’est là qu’on est censé l’aimer le plus. Maintenant que vous avez l’image, remplacez le fromage par le temps. Vous êtes assis, face à un questionnaire sans queue ni tête. Le jury est derrière le mur qui vous fait également face et vous êtes là … à attendre que ce moment passe le plus vite possible. Vous voulez crier, vous roulez au sol, parler klingon à la première personne rencontrée, ou faire du tunning avec des ficus, mais vous ne pouvez pas. Pris dans le conformisme, contraint par votre costume, vous regarder le temps jaunir et couler lentement, trop lentement. Vous passez à la troisième question, encore plus troublé que pour les précédentes.

La question, si je m’en souviens bien, s’approche de « Quels sont les défis amenés par l’introduction de la parité en entreprise ? ». Je profite de la question pour crier ma haine contre la parité instaurée par la loi, voulue politiquement et complètement inutile. Je rappelle les difficultés que cela pourrai poser aux PME, je me lâche.

J’ai fini de répondre à mes trois questions. La première mi-temps de l’entretien de la demoiselle me précédent prend fin. Elle m’indique que tout se passe bien, que le jury est gentil et qu’elle est relativement satisfaite, bien qu’il soit difficile d’avoir un avis en dix minutes. Je la remercie, lui souhaite bonne chance et elle est invitée à retourner dans la salle. Je me lève, je parcours en long et en large les quelques mètres de couloirs se trouvant devant ma salle. Toujours en train de fredonner « I’ll send an SOS to the world ». Vous allez comprendre pourquoi.

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Je passe sur mon attente, qui vous passionne autant qu’elle m’a fait plaisir. Le Jury vient me chercher. Devant moi trois personnes. Deux hommes, à gauche et au centre. Une femme, à droite. Celui du centre m’a l’air sympathique, celui de gauche neutre et j’ai déjà l’impression d’ennuyer celle de droite. Le plus sympathique a l’initiative, il m’explique les règles du jeu, ces histoires de mi-temps puis m’invite à me présenter brièvement. Je m’exécute, sans savoir qu’il s’en chargeront bientôt. A peine ma présentation faite, celui qui jusqu’ici me semblait sympathique me demande comment m’énerver. Assez étonné, ce que j’essaie de masquer, je réponds qu’il faut pour m’énerver rien de particulier, si ce n’est m’agacer longtemps, très longtemps.

On me questionne ensuite sur la passion dont j’ai parlé pendant ma présentation : l’informatique. On me demande quels logiciels j’utilise, ce que j’apprécie puis on me demande si j’ai d’autres passions. J’explique mon goût pour la musique pop-rock allemande et de nouvelles questions tombent. Le jury me demande ensuite comment je réagit si quelqu’un de physiquement plus fort que moi m’insultait. Puis quelqu’un de plus faible physiquement. Après mes réponses, on me dit que je suis calculateur. Le jury m’indique qu’il est armé et peut faire usage de son arme puis m’invite à sortir.

Quelques minutes passent, puis j’entre à nouveau dans l’arène. On me demande ce que je pense du site de l’école. Je répond franchement qu’il est techniquement bien réalisé, que la navigation est facile mais que je trouve les couleurs un peu fade. Je balance en disant que j’aime beaucoup le site admissible. Bref, je reste honnête, ça paie parait-il.

Peu de notes sont prises par le jury. Après avoir noter mon nom et mon prénom, il note les remarques sur le site. On me demande ensuite quel est mon plus beau souvenir. Je réponds et on me dit que j’ai l’air de quelqu’un de sérieux qui ne dois pas souvent s’amuser. J’explique le contraire, argumentant le plus possible. On me dit ensuite que j’ai sûrement du mal à équilibrer vie professionnelle et fête. Ne voulant pas passer pour quelqu’un de trop sur de moi, je dis qu’il s’agit sûrement d’un de mes défauts et qu’une fois un travail bien effectué, j’avais tendance à me relâcher.

Là, nouvelle attaque du jury. Il pense que je suis quelqu’un qui doit les haïr et que j’étais sans doute méprisant. Je leur dit que non, il n’y a pas de raison de l’être, je me défends comme je peux. Je ne sais pas ce que je vaux à ce moment sur le fond, mais sur la forme, je pense être resté impeccable.

La provocation du jury se termine en fin d’entretien, après plein de petites questions comme celles évoquées plus haut. Le jury n’hésite pas à me rappeler qu’ils sont trois, et par conséquent, plus nombreux que moi. On me demande de conclure : je procède donc à un résumé succinct dont le jury dit qu’il y est traité péjorativement. Certes, passons.

Je remercie tout de même les trois membres : la femme complètement affalée sur sa chaise, l’homme sympathique qui se révèle être très provocant et l’homme de gauche qui dois toujours se demander ce qu’il fait là. En sortant, on me demande ce que je fais ce soir, où est la sortie resto de l’école. Je réponds, dis « au revoir » et quitte la salle.

L’entretien a été le plus éprouvant de tous, le plus dur. Des questions inattendues, jamais rencontrées à l’entraînement, ni même dans aucune autre école. J’espère avoir pu faire le nécessaire pour pouvoir entrer l’an prochain à l’ESC Toulouse. L’école m’a plu, l’entretien a été très difficile : il faut souffrir pour devenir un pilote du changement.

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I said hey – born to lose…

Oh baby I’m born to lose (Johnny Thunders & The Heartbreakers, 1977)

Hop journée de folie, journée de tous les possibles, de tous les impossibles, du normal, du paranormal, du médical, du paramédical, du chutiste et du parachutiste. Nous sommes lundi 25 juin, et nous allons bientôt devenir les pilotes du changement.

Pour bien commencer à piloter, embarquons. Je suis à Dourdan, je prends le 91,03 direction Massy. Comme à l’accoutumé me direz-vous. Oui, ça commence comme toujours, mais tout ne finira pas pareil. Pilote du changement n’est pas un mot assez grand.

Je retrouve mon compère (à savoir Florian –aka Flunch- pour ceux qui ne suivent pas) à Massy puis on monte dans le RER C avant de descendre à Paris Austerlitz. Il est presque 22h00, nous attendons sagement notre Corail Lunéa départ 22h56 de Paris, arrivé à 06h41 à Toulouse Matabiau. Pour patienter sagement, nous passons par la Brioche Dorée, temple du sandwich. Mon compère (qui est toujours Florian pour ceux qui suivent, qui se prénomme Florian pour les autres) est gentiment appelé Madame par la vendeuse. On discute avec elle, rigole, passe le temps.

D’un coup d’un seul, surgit sans prévenir le Corail Lunéa 3751 … LE NOTRE ! Non sans joie nous embarquons. Le voyage se déroule bien. A ma gauche un mexicain qui se rend à Luchon et me demande régulièrement si il est dans le bon train, à la bonne place et si tout va bien. A ma droite également un golden boy dynamique en position off : affalé sur son siège inclinable, il ouvre sa bouche de façon récurrente offrant aux passagers encore éveillé le spectacle magnifique de sa glotte remuant à mesure de son ronflement. Seuls survivant du carnage opéré par Morphée, nous tombons au combat sur les coups de 2 heures du matin.

C’est alors que survient le premier rebondissement. Il est 3h passé, nous sommes à Brive la Gaillarde, la bien nommée, et nos chers compagnons de voyage bien endormis dans le wagon de derrière sont décrochés. Le Corail est victime d’un schisme : ceux qui vont à Toulouse, ceux qui ont fait le choix de Rodez. Que Dieu les garde.

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6h41 a.m. arrivée à la gare de Toulouse Matabiau. Toujours volontaire, on sort du train à grandes foulées, on se dirige vers le Quick et on cherche le stand ESC Toulouse sensé nous rassurer et nous indiquer que nous n’avons pas fait fausse route. Mais là, « c’est le drame » nous ne trouvons rien. Si ce n’est une jeune demoiselle en tshirt rose à notre recherche. Joie et athérosclérose nous sommes trouvés.

Invité par Coralie (qui est la jeune demoiselle), nous montons dans un Zafira noir et nous parlons religion et école avec Coralie avant d’évoquer le sexe et la nourriture comme indiqué dans la voiture. Il est alors presque 7h, nous arrivons à l’école.

AdmisseuseJR

Heureux comme Nikos Aliagas un soir de nomination, nous testons en quelques minutes toutes les activités offertes par l’ESC Toulouse. Le trivial poursuit, la lecture de Cosmopolitan, celle d’entrevue, le match de Ping Pong en 5 points et la mi temps de PES (Russie 0 – Venezuela 0) puis nous nous dirigeons vers la bulle, l’espace guest de l’école. Nous faisons là la rencontre d’un pilote du changement, un vrai : Jean Rémi. A peine rencontré, il se présente à nous, monte sur un fauteuil, le retourne (le pilote est agile) puis effectue une roulade.

Le temps passe, nous proposons de l’aide aux admisseurs, leur apportons à boire et faisons tout pour les mettre à l’aise. Ensuite, nous nous dirigeons vers l’amphi où nous rencontrons 118 et 218, les vrais. On regarde également le SAV des entretiens … on aime l’ESC Toulouse. A la sortie on retrouve deux camarades de classe, un peu perdues. Il s’agit de Virginia et de Fanny. Tout va bien, on croise JR souvent, on lui fait des calins, on joue au trivial poursuit. On s’aime. On visite la ville, on participe à tout ce qui est possible, on va au toilette, on achète un ticket pour manger à midi. Je croise Mathias, connaissance heureuse de l’ESC Toulouse, je le salue, il a la classe en costard.

Et là, l’heure du repas arrive. Nous croisons à nouveau JR, toujours aussi impitoyable, fidèle à son univers. Nous le calinons, puis recevons, en échange de nos tickets sandwich… deux sandwich. Anthony, qui entre temps avait dormis, sans que nous le sachions, chez JR, nous rejoins bruyamment. Nous nous câlinons publiquement : l’école entière nous connaît.

Le repas passé, temps venu est le (petit jeu pour toi lecteur, remets les lettres dans l’ordre) de se changer. Nous enfilons nos costards, passons prendre un thé, puis nous assistons à la conférence du directeur. Le discours est honnête, raisonnable et très appréciable. On ressort, puis retourne dans l’amphi déjà visité plus tôt. On assiste à nouveau à la présentation vue le matin et allons gaiement stresser pour le reste de l’après midi.

Je passe le moment de l’entretien qui vaut son pesant d’huile d’arachide pour arriver au moment intéressant, celui de l’après-entretien. Mais avant tout de chose, je me dois de vous d’informer qu’entre temps on été rencontré deux camarades du lycée : Céline (aujourd’hui étudiante comme nous à Vilgénis) mais aussi Vincent –aka Bubuche- la star malheureuse de mon ancien lycée.

Anthony_ToulouseErreur corrigée, je suis dans le vestiaire, me change et rejoins mes camarades (qui sont toujours Florian et Anthony) en ville. Nous rencontrons là un homme distribuant direct soir et à qui nous indiquons que nous ne pouvons accepter son journal étant déjà abonnés. Un peu troublé, il ne cherche guère et nous nous rendons à Champion. Après moult tergiversations, nous achetons du saucisson, une baguette et un fromage qui pue, du Roucoulons. Nous prévoyons de manger tout ça dans le Corail du retour, celui qui part à 0h45 de Toulouse et arrive à 6h41 à Paris. C’est aussi ça être un pilote du changement.

Ceci effectué. Nous retournons à l’école où nous restons peu de temps. Je passe au vestiaire ou je trouve le bagde de Vincent – toujours aka Bubuche – que j’embarque avec moi. Celui-ci finira abandonné dans le RER C (pas Bubuche à notre grande regret, mais le badge) mercredi à 12h13 quand nous nous apercevrons qu’il est la source de nos futurs malheurs.

La_stratégiede_l_echecNous ne mangeons finalement pas au restaurant : nous dînons chez JR. Après quelques mètres à pieds, nous arrivons chez lui : nous nous affalons devant la télévision et regardons plus belle la vie. L’appartement est magnifiquement décoré : des photos de Kirsten Dunst sont accrochées au mur, l’homme écoute Wir Sind Helden, connaît Yelle et a comme décoration ultime la VHS de la stratégie de l’échec. Ceci fait, nous commandons 5 pizza en buvant du Ricard. La bouteille est belle, c’est l’édition deux litres spécial guest. Le plaisir est intense, nous regardons la stratégie de l’échec, référence pour tous.

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Ces glorieux moments passés, nous nous adonnons au jeu du packet. Jeu dont le principe est très simple et basé sur l’idée fabuleuse du « qui perd – gagne ». Le perdant doit tout simplement boire. N’en pouvons plus du Ricard, nous penchons sur le rouge. La bouteille est rapidement terminée, une mauvaise nouvelle arrive : il est l’heure de partir.

A peine en retard, nous devons rejoindre le chauffeur : la traversé de Toulouse est bruyante (Anthony insulte quelques prostituées, nous annonçons notre passage) puis très vite dérangeante (une femme crie à sa fenêtre pour nous inviter à nous taire, nous lui indiquons que nous négocions avec le feu pour qu’il passe au vert. Dépitée, elle abandonne.

Arrivé à la gare, une nouvelle surprise nous attend. Notre train en direction de Paris est supprimé pour cause de mouvement social. Heureux comme pas deux, nous prenons ça avec joie (sauf Anthony et Amel, jeune préparationnaire perdue rencontrée à la gare) et sommes ravis (sauf les deux précédemment cité, Florian et moi même) d’apprendre que nous rentrerons peut être demain, à 6h dans un TGV et que nous devons passer la nuit dans un wagon garé en gare de Toulouse Matabiau.

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Pris d’un excès de folie, Anthony appelle JR, et lui donne un nouvelle preuve : nous sommes des pilotes du changement. A vélo, il nous rejoint à la gare avec deux bouteilles de bière (deux fois 75 cl de Kro si je ne m’abuse) ainsi qu’un porno avec un nain et Laure Sinclaire : Labyrinthe.

Nous tenons comme nous pouvous avec ces provisions avant d’embarquer à 6h08 dans le TGV pour Paris. Le trajet est long et dure, si la partie Toulosue – Bordeaux est facile (places assises), elle contraste fortement avec la partie Bordeaux – Paris. Elle se passe lentement, très lentement, cheveux gras, haleine insupportable, Amel Bent, dans le wagon restaurant du train.

Le calvaire est long, mais bon. Etre un pilote du changement n’est pas donné à tous. Les temps sont durs, le cours du plastique grimpe sans cesse et l’azote est de plus en plus courant. Heureusement, la formation des pilotes du changement suit son cours.

Merci à toute l’équipe des admisseurs de l’ESC Toulouse (et plus particulièrement à Quentin, Sarass, Coralie, Jean Rémi et même Mathias). Je poste dès que possible les photos, ultime témoins de la déchéance qui affecte les pilotes du changement que nous tentons tous d’être au jour le jour.

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Belle-Île-en-mer, Marie-Gallante

Saint-Vincent, Loin Singapour… (Laurent Voulzy, 1985)

Ticket de métro lilloisAlors que mon compère préfère jouer dans sa région et s’amuser autour d’un barbecue à l’ESSEC, je choisis l’inédit, l’incroyable, le lointain, le sensationnel mais surtout le risqué, le danger et les sensations fortes : l’ESC Lille.

Ici aussi, tout commence par des petits trous mais pas sur les feuillets de l’ESSEC. Ici c’est à l’ancienne, sur les tickets de métro. Mais pour vous raconter au mieux mon périple, utilisons la technique préconisée par le grand aux bras maigres et le petit chauve, mettons-nous en situation : on est le jeudi 21 juin et je quitte ma belle ville de Dourdan, direction Massy. Là j’embarque dans le TGV 5276 pour Lille Europe.

J’y suis à 16h30 et à peine arrivé, j’emprunte le métro local (le VAL de Siemens ©, qu’on retrouve notamment à Rennes et à Toulouse) au parfait look play-school et aux excellentes finitions plastiques. Sorti Montebello, je m’installe dans un petit studio pretté par une amie pour l’occasion. Tout est sympa, le studio, la pizza, la Freebox (grâce à laquelle j’ai pu m’affaller devant NoLife Tv et le catch de NT1) et la ville de Lille.

Passons les détails, il est maintenant 7h00 et je suis à l’ESC Lille. L’école est comme promis en plein millieu du centre commercial Euralille, a côté du Carrefour ®, au dessus du Go-Sport ®. L’accueil est chaleureux malgré l’heure matinale et le petit déjeuner offert est excellent : pains au chocolat, croissants, céréales, lait, jus de fruits, café… Ensuite, direction l’amphi on reçoit un accueil … déroutant. Tout d’abord les admisseurs nous diffusent un petit film qu’ils ont réalisé. Ensuite, ils nous font une chorégraphie et un brave homme au cheveux roux, vétu d’un jean et du maillot de rugby irlandais commence à nous parler en anglais. Après quelques secondes il nous avoue être français puis nous distribue nos convocations.

Puis c’est direction le hall d’accueil. L’attente est dure est teintée de stress. Ca dure jusqu’à 9h40 heure de ma préparation d’entretien.

A 9h35 une charmante étudiante de l’ESC Lille vient me chercher et m’accompagne jusqu’à l’amphi. On me donne deux sujets, j’ai 20 minutes pour en choisir un et le traité. Je choisis “High tech” et mets de côté “Tuyaux”. Le temps de préparation est parfait, ni trop court, ni trop long contrairement à celui offert à l’INT Evry.

J’entre dans la salle réservée pour l’entretien, face à moi trois personnes : un consultant dans un cabinet d’avocat également prof de droit à l’ESC Lille, un responsable de système informatique chez Finaref et une prof de culture général en classe prépa. Les trois sont très gentils, ils cherchent vraiment à savoir qui je suis et aucunement à me piéger. On verra bien ce que ça donne.

Le midi c’est le repas en commun. Je mange avec mes camarades de classe (Anthony, Julie et Sophie), Thomas (from Clermont Ferrand) et un admisseur de l’école. L’ambiance est vraiment sympa, tout est là pour qu’on se plaise : musique, boissons, playstation et films. On peut dire que ça marche très bien : on se sent chez soi à l’ESC Lille, on a envie d’y rester !

Après midi, retour dans l’amphi pour un nouvel accueil et une nouvelle distribution de convocations. Le mieux est de laisser les vidéos (prises par Thomas et Anthony) parler :

Ces festivités passées, on passe aux épreuves de langues. L’anglais tout d’abord : j’ai un texte de la longueur d’une page qui traite de la difficulté qu’ont les british teachers à organiser des voyages scolaires. Ca se passe pas spécialement bien. Pas mal non plus, mais pas spécialement super. J’ai eu quelques divergences d’opinion avec le prof … sur la responsabilité légale des fabricants de tabac. Enfin passons.

Pas le temps de récupérer, on m’accompagne pour préparer l’allemand. Le texte est aussi long qu’en anglais et porte sur le nationalisme en Allemagne apparu pendant la Coupe du monde de football. Ca se passe très bien, enfin ça m’en laisse l’impression. Le dialogue est fluide, je trouve les mots que je cherche, j’ai des choses à dire. Bref, je suis certain d’avoir fait plein de fautes de langue, mais je sens que l’oral s’est bien passé. Résultat dans moins d’un mois.

La journée se termine après un petit buffet régional offert par l’école avec essentiellement de la bière et du fromage. Je quitte l’école pour rejoindre la gare de Lille Flandre et retourner à Paris.

J’ai passé une bonne journée, un accueil très chaleureux et une école dans laquelle les étudiants semblent se plaire réellement.

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Des petits trous, des petits trous, encore des petits trous…

(Serge Gainsbourg, 1958)

Jeudi 21 Juin, 17h10 : je pars de chez moi, direction gare d’Antony, où je dois prendre le RER B de 17h25 pour me rendre à la gare de Cergy Préfecture, sur la ligne A. Le voyage est long, surtout entre la gare de Chatelet-les-Halles et celle de Cergy Préfecture : près de 1h30 de trajet au total; et pénible.

“Arrivée en gare de Cergy Préfecture, attention à la marche en descendant du train”. Cette gare est loin d’être une oeuvre architecturale. Je dirais même qu’elle est simplement moche, comme tout ce qui l’entoure d’ailleurs. J’appelle le BDE (ils commencent à me connaître : je les ai déjà appelés trois fois dans le RER pour leur poser les questions chiantes du bizuth qui a oublié ses papiers pour passer ses examens) : “Je suis arrivé en gare de Cergy Préfecture. Je vais où maintenant?”. On m’indique le chemin et, au détour d’une rue, je vois marqué en gros au loin : ESSEC.

C’est bon, je ne me suis pas perdu. Il va me falloir maintenant affronter les armées d’élèves provenant de Sainte Geneviève, de Grandchamp, de Louis Le Grand, d’Ipésup… Une horreur! Heureusement je ne suis pas seul : je retrouve une camarade de classe… Nous sommes plus difficiles à écraser à deux que seuls.

La soirée barbecue commence, non sans quelques difficultés, avec du retard. Rien à signaler, si ce n’est que les groupes se forment et que quelques élèves de deuxième année de l’ESSEC amateurs de bière se joignent à nous en peignoir. Je me sauve vite, vers 21h10, pour retrouver mon hôtel : le Citéa Saint Christophe. Dans le minibus, conduit par des élèves de l’ESSEC, qui nous mène vers notre résidence je fais la connaissance de mon voisin : “D’où viens-tu?”, me demande-t-il. “Antony”, dis-je, convaincu que personne ne connaît Vilgénis. “Et toi?”. La réponse ne se fait pas attendre : “Ipésup… Oui, je sais, on a une réputation de merde!”. “Euhh….. Oui, c’est vrai”.

21h30 : je suis dans ma chambre. On m’a annoncé qu’il me faudrait être à l’accueil à 7h30. Avant de me coucher je décide de lire un livre qui m’a été donné par une fille ayant intégré l’ESCP-EAP l’année dernière : un livre sur les épreuves de logique écrit par Franck Attelan, prof à Intégral. Je comprends très vite que les tests psycho-techniques qui m’attendent le Vendredi seront corsés. Ce livre me donne bon nombre d’idées sur la résolution de différents problèmes. Dodo à 23h

Levé à 6h20. Douche. J’attrape mon livre et je finis de lire les explications pour d’autres épreuves. Je suis au rendez-vous à l’accueil à 7h30. On part assez rapidement. Arrivée au Hall Saint Martin : ce bâtiment est au moins aussi moche que la gare de Cergy Préfecture. Le petit-déjeuner nous est offert. Je retrouve des amis de lycée : un me dit qu’il est classé 4ème à l’ESSEC et qu’il a 18,3 de moyenne à HEC… puis il passe son chemin.

On nous installe dans une salle gigantesque vers 9h30 pour passer les tests : la pression monte alors que je sens que je ne suis qu’un mouton et que j’ai l’impression qu’on me traîne vers l’abattoir. Une brève présentation, puis on nous distribue nos cahiers de réponses et nos cahiers de questions. “1ère épreuve : vous pouvez prendre votre cahier de réponses en page 2 et votre cahier de questions en page 3. Vous avez 25 minutes pour cette première épreuve”.

5 épreuves s’enchaîneront dans la matinée : nous avons passé notre temps à remplir des petits trous à l’aide d’un stylo qui nous a été offert. “Des petits trous, des petits trous, encore des petits trous…” C’est horrible, fatiguant… chiant. Pause du midi : on nous annonce qu’une surprise nous attend dans la salle d’accueil.

Effectivement, tous les élèves de première année nous attendent avec des draps qu’ils agitent au-dessus de nous et de l’allée d’honneur qu’ils nous ont installé. Ils scandent des “Tous ensemble, tous ensemble, Hey, Ssec”. A la sortir on découvre qu’ils ont aménagé la salle avec des stands pour toutes les associations. On déjeune et on découvre les assoces, pendant que différents élèves se succèdent sur une estrade pour danser comme des dératés, sur des musiques complètement kitch (la macarena…).

Je vais retrouver une fille en deuxième année, ancienne de Vilgénis : on parle 15 minutes puis je retourne dans la salle d’examen.

Je trouve sur ma table un petit sac ESSEC offert par l’école, contenant notamment un t-shirt du BDE”. Là, le directeur de l’école nous fait un

DanceESSEC

discours : “Vous êtes dans une école où les élèves sont sérieux, silencieux, travailleurs…” Il est interrompu par l’irruption de tous les élèves de première année qui courent entre les rangs et gueulent. Ils font le tour de la salle en criant : “Libérez les admissibles”. Puis ils s’arrêtent et dès que le directeur ouvre la bouche ils se remettent tous à gueuler. L’ambiance est vraiment géniale. Ils finissent par partir et nous enchaînons sur une série de quatre épreuves, et pour finir sur le questionnaire qui servira de base aux entretiens.

Encore une fois je remplis des petits trous… rien de passionnant.

16h30 : la journée est finie. Je reste un peu sur Cergy pour boire une bière avec un ami, puis je rentre. Je me repasse les images de la journée : un accueil super qui rattrape une organisation un peu bordélique; tout en lisant les documents sur les différentes associations contenus dans le sac.

Une chose est sûre : ils savent attirer les étudiants, et l’ambiance est géniale. Il faut maintenant penser à la suite, et surtout à l’entretien de l’ESSEC.

J’ai hâte de savoir si j’ai correctement rempli mes petits trous. Vivement les résultats…

Florian.

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Rame, Rame, Rameur, Ramez

on n’avance à rien dans ce canoë. (Alain Souchon, 1980)

Et voilà, après une lutte acharnée avec la SNCF (et plus particulièrement voyages-sncf.com) pour obtenir les précieux billets nécessaire à notre fameux Tour de France ®, me voilà arriver, sans encombres, à Evry.

Et là je le crie haut et fort, merci à toi, Ô grande carte imagine’r, je t’aime Stif, je t’aime RATP, tu es tout pour moi. Voici donc, 4h, le portable sonne. A peine réveillé je me douche, déjeune, me brosse les dents, enfile mon costume qui n’a pas servis depuis mon dernier entretien au lycée, et quitte l’appartement.

Direction la gare de Dourdan, écouteurs chaussés, iPod ® lancé, armé de ma carte d’identité, je valide ma fameuse carte Imagine’R ®. Hop,me voici dans le train de 5h15 direction Pontoise : vous ne pouvez pas savoir à quel point la joie m’emplit à ce moment précis. Quelques minutes plus tard (une quarantaine, pour rester vague), le train s’arrête en gare de Juvisy, arrive donc le moment du changement de quai … Direction la ligne D (à défaut de réponse B). Le train arrive, les stations passent et j’y suis : station Le-Bras-De-Fer (Evry, génépole).

Sorti de la gare je suis les panneaux “INT” disposés un peu partout autours de la gare pour y arriver rapidement. J’entre, un peu en avance (vers 7h, l’appel étant prévu pour 7h30), me fait “enregistrer” (dit comme ça, c’est assez étrange, mais rassurez vous, ça ne pas mal) puis rejoins deux joyeux (enfin un joyeux et une morne) camarades qui se préparent à la même destiné que moi-même.

Quelques minutes d’attente, durant lesquelles je me gave de pains au chocolat, teste le jus d’orange à volonté et feuillette l’express ® et deux camarades de classe arrivent.

9h00 première épreuve : On nous appelle, mon joyeux camarade matinal et moi-même, puis nous invite à rejoindre une salle. Des ordinateurs, du brouillon et 20 minutes de préparation à disposition, nous préparons sagement notre épreuve d’anglais.

La prof d’anglais s’avère très gentil, intéressée (bizarrement), par tout ce que je lui dit et a visiblement l’air heureuse d’être là. Les questions ne portent pas sur le dialogue que j’ai écouté (le micro-crédit) mais sur moi même, Dourdan et mon projet pro. Les 20 minutes passent vite, on m’attend à la porte pour passer l’allemand.

Même topo, mais sujet différent : les femmes et le pouvoir. Mis à part que j’ai rien à dire sur le sujet, excepté une ennuyeuse succession d’exemples de femme qui réussissent, je pars confiant. Arrivé dans la salle, je rencontre la prof d’allemand très jovial, très motivée en train de crier “Deutsch ? Deutsch ?” dans tous les sens. Elle m’a l’air bien gentil … Ca va se confirmer.

J’entame mon exposé et me fait interrompre dans tous les sens, elle veut m’aider, mais m’embrouille involontairement. Bref, plus elle m’aide, plus l’exposé est décousu, plus je perds mes mots. Tant pis dirais-je. Les questions suivant l’exposé sont plus précise, plus pertinente et je me sent déjà plus à l’aise. On me demande où travail Gerard Schröder aujourd’hui, qui est dans le gouvernement allemand, ce que je pense du G8. J’espère m’être montré plus pertinent sur la fin. Réponse d’ici un mois.

L’heure de l’entretien maintenant. Nouvelle salle, nouvelle ambiance. On nous fait prendre un texte et un sujet. Je tombe sur “le handicap” et un texte sur une association lyonnaise “Art gens” qui recycle des déchets en oeuvre d’art. Fidèle à moi même, je choisis les déchets, puis m’ennuie pendant ces 30 minutes de préparation qui sont beaucoup trop longue.

Enfin, j’entre dans la salle, un peu étonné de ne voir qu’un jury de deux personnes. Face à moi un ancien de l’INT, aujourd’hui cadre chez HP et une prof de stratégie réseaux ou je ne sais quoi. On parle brièvement du texte que je présente puis on passe aux questions en rapport avec le CV. Tout se passe plutôt bien, on parle technique, Open Source, logiciels, technologies de l’information. Ensuite arrivent les questions sur l’école : je me défends comme je peu, disant que je souhaite faire la majeur e-business à l’INT, je leur parle de leur incubateur d’entreprise … mais j’ai pas du avoir l’air très motivé. A la fin, on me rappelle que l’INT c’est bien, que les élèves y sont heureux et que c’est un plaisir d’y enseigner. Je n’en doute pas une seconde … mais pourquoi me le signaler ? Sûrement ai-je eu l’air trop détaché : un détail à corriger pour les prochains entretiens.

Allez, je vous laisse, il est temps de filer à la gare … direction Lille.

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Je fais rien que des bêtises,

Des bêtises quand t’es pas là. (Sabine Paturel, 1985)

C’est parti pour un mois qui s’annonce intense : les oraux vont s’enchaîner, entre Biarritz, Quimper, Aras, Douais, Fort de France…

La fatigue se fait déjà ressentir. Les nerfs se tendent. La tension monte. Les goûtes de sueur dégoulinent : où est ma convocation pour Chambéry ? Mon dico anglais/français de poche ?

Merde, le projet professionnel… vite, l’ONISEP!

Et le costume… ?

Je savais que j’allais faire que des bêtises. D’ailleurs j’ai mangé tout le chocolat.

Florian.

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