Archive pour juillet, 2007

Quel fainéant fais-je

Pas de titre muscial. Rien, si ce ne sont des excuses. Ce blog n’a pas été mis à jour depuis quelques temps, mettons ça sur le compte de la fameuse phase post-prépa de “décrompression”. L’article précédent n’est que le brouillon de ce qui aurait du être le récit de mon dernier voyage, à Grenoble. Désolé de n’avoir pu terminer cet article, j’essairai de le faire un jour. Rien de gagner, ne jubilez pas, un j’essaierai n’est pas un well done.

En attendant de nouveaux messages sur le blog, un palmarès des accueils, des welcome pack ou de l’ambiance perçu dans chaque école, je vous donne ma destination finale. Après avoir testé plusieurs testé plusieur écoles et été testé par autant d’établissements, Sigem a jetté les dès. Je serai à l’EDHEC Lille l’an prochain. Le but visé a été atteind, l’installation dans mon logement lillois imminente… de nouveaux récis en perspective, du moins, j’y compte.

En attendant plus de nouvelles, profitez ! Si vous entrez en première anné de prépa, lisez, lisez ! Si vous entrez en seconde année … ne faîtes rien de vos vacances et commencer à travailler dur dès le 20 août. Si vous entrez en école … Soufflez avec moi.

Quoi qu’il en soit, bonne chance à tous.
Julien

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Kein Alkohol ist auch keine Lösung!

Ich hab es immer wieder versucht. (Die Toten Hosen, 2002)

Dernière étape, dernier jour. Je plante le décor de ce dernier oral, de cette dernière ville : Grenoble. Je suis encore dans le TGV, seul. J’aurai du être accompagné mais le destin en a décidé autrement. Le trajet est long, mais pas désagréable, je pense à l’arrivé, au restaurant avec les autres admissibles. Je pourrai souffler demain soir : mes deux ans de prépa se terminent ici, à Grenoble.

Dans la gare de Grenoble, après avoir admiré le panorama, je trouve – avec un peu de mal, sûrement du à la fatigue – le stand de l’école et je m’y présente. Je suis Julien, je viens d’arrivé, oui oui de gare de Lyon, je veux manger au resto. Arf dommage, bon okay. Oui, oui je dors chez l’étudiant.

J’en conviens, de ce point de vue, la conversation est dure à comprendre. Je vous propose quelques notes indispensables à la bonne compréhension. Il se trouve que je suis arrivé trop tard pour bénéficier de la sortie proposée aux admissibles : le restaurant. Mais rien n’est perdu, on se rattrape (autant qu’on peut, la corniche est fine) en allant au Quick (ce pastiche de MacDonald inventé par quelques belges délurés). On me demande si je compte toujours dormir chez l’étudiant et je confirme, me voyant en mauvaise posture en cas d’annulation. Quel coup d’éclat certes, je sortirai du rang à coup sûr, mais la vie hors du rang s’avère également dangereuse. Autant le tenir pour l’instant. On m’a également interrogé sur ma « gare d’origine » terme assez tribal, mais au nom suffisamment évocateur pour que n’importe admissible (même les gens d’H4 ou de LLG) le comprenne. Je pense que la mise à niveau est maintenant effectuée.

Manger dans un restaurant rapide Quick, c’est toujours une grande occasion. La première fois c’était à la cité des sciences et de l’industrie. C’était impressionnant, toutes ces expos (j’ai adoré celle de l’été dernier sur la biométrie, combinée au pass Star Wars, c’était un régal), si bien que le Quick qui suis bénéficie d’un surplus de bonheur. Ca passe diront certain. La seconde fois c’était à Saint Michel avec Virgile, envie de trouver un truc pas trop cher et rapide … Fausse idée, c’est aussi cher qu’un bon sandwich traditionnel ou un panini. Enfin, le tout étant qu’on avait fait le plein de CD chez Gibert Jeune ce jour là. C’était juste avant la prépa, quel beau moment, le temps de l’insouciance et du choix du CD et non du livre. Enfin passons, la troisième fois, c’était encore à Saint Michel, le premier jour de mes concours BCE. Je passais à Saint Louis et j’ai fait le choix du Quick, puis du Long Chicken. Ca a beau être dégueulasse, j’adore. Ce pain plastifié qui croque pour laisser les papilles apprécier la douceur du poisson pané dont la cuisson a été manquée ou oubliée, cette salade aussi dure que celle de chez Picard consommée sur place … j’aime.

C’est donc heureux que je contemple le menu. Je me laisse tenter quelques secondes par wrap, mais j’opte finalement pour le Long Chicken (le Long Fish sauf que c’est un poulet pané cette fois), des frites et un Coca-cola zero (non que je soit fan des produits régime, mais c’est la seule boisson qui permet de faire autant de mousse rien qu’en agitant la paille dans le gobelet). Je rencontre dans ce Quick deux filles de Paris, Hoa et Caroline. Très sympathique, l’une opte pour le menu spécial Simpson. BRRR, BRRR me vibre mon portable. C’est Marie, je dormirais chez elle et Greg ce soir. Elle passera tout à l’heure au Quick pour venir me chercher. Ce qu’elle fera. très sympathique, il se révèle que Greg l’est également. Je sors donc du Quick avec Marie et allons attendre Elisa et « Claaaaaaaaaaire » qui me font découvrir Mulhouse à travers un rap du 8-6. C’est, comment dire, particulier. Quoiqu’il en soit, je les aime déjà. Nous discutons jusqu’à l’arrivé chez M&G (non, non ce n’est pas un nouveau cabinet financier qui est ouvert, c’est Marie & Greg) : c’est super classe chez eux. Vraiment.

On nous propose de sortir ce soir. Après avoir tout fait pour éviter la sortie, je finis par me résilier à rejoindre mes camarades de Vilgénis (Lolo, Cécile et Sophie) et à boire quelques litres de bière, non sans traîner les pieds. Arrivé dans le bar, je rencontre Corentin, un vieil ami d’enfance que je vois pour la première fois. Sans s’être vu, on se reconnaît tout de suite, ça fait plaisir. Tant de souvenir à écrire. Je serre Laurent dans mes bras, pour le saluer virilement, fait la bise à Cécile et serre la main de Sophie.

A Rome, fait comme les Romains (si quelqu’un a un pire cliché, qu’il me jette la première pierre) telle est l’excuse de l’achat de ma première pinte. Je la bois en compagnie de Laurent, Cécile et de Sophie, puis je discute quelques peu avec Claire, puis avec Greg. Je commande ensuite ma seconde pinte, en compagnie de Laurent qui fait la même. Quelque peu éméché après sa sortie au restau, il commence à être en peine. Je prends donc une troisième pinte et lui en paie une. Je me fais gentiment engueuler par Cécile qui me laisse boire les trois quarts du verre offert à Laurent. Le temps passe et de l’eau coule sous les ponts : c’est l’heure du Karaoké. Je prends une nouvelle pinte pour mieux l’affronter. Les admissibles commencent à rentrer, je suis le seul à rester, en compagnie des admisseurs. Laurent est reparti dans je ne sais quel état, couvert de bière, et quelque peu éméché. J’aime ton odeur, tout tes gestes en douceur, lentement dirigé, le karaoké commence par sensualité d’Axelle Red. Viendront ensuite Oasis, Patrick Bruel, Michel Sardou … j’en passe.

Il est presque deux heures : les chansons du karaoké, puis des admisseurs ont décidé de réduire mes capacités vocales. Tout se calme et passe un moment pendant lequel il a du se passer quelque chose, mais je suis incapable de vous dire quoi. Sur le chemin du retour, Greg et Marie me félicitent et me souhaitent bon courage bon pour le lendemain.

Il est six heure. Il faut se lever, j’ai dormi deux heures à peine, mais je suis en forme (malgré une haleine insupportable pour la moitié du genre humain et un intense mal de ventre). Après tout je suis en vacances ce soir. Après m’être remis autant que j’ai pu, nous sommes parti pour l’école. Le bâtiment est impressionnant : tout en verre, imposant, il est très moderne. Je trouve ça magnifique, tout comme la fille de Grenoble, réputée pour sa pollution et ses reliefs … Inexistants (avis aux fans de rollers ou de bicyclette, il s’agit de la ville la plus plate de France).

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Je suis venu te dir’que je m’en vais

Et tes larmes n’y pourront rien changer (Serge Gainsbourg, 1974)

L’EDHEC est passé, l’enjeu est tout de suite moins important. C’est fou comme la pression, et la concentration, retombent rapidement. Je vais à Reims avec Florian dans un nouvel esprit. Je suis moins motivé, mais j’y vais. Florian m’accompagne mais n’est pas en costume : simple visite pour lui. N’ayant pas passé les langues Ecricome, il ne passera pas d’entretien à Reims.

Le TGV Est relie la gare de l’est à Reims. Mis en service le mois dernier, c’est la dernière ligne à grande vitesse (LGV)  mise en exploitation par les réseaux ferrés de France et la SNCF. La voiture de notre TGV est neuve, très agréable. La deuxième classe donne vraiment envie : des sièges très confortables, des lampes avec des interrupteurs postmodernes. Nous nous y installons et partons pour Reims. Je suis content de prendre ce TGV si médiatisé.

Arrivé à la gare de Reims, nous cherchons l’accueil admissible. Très décevant. C’est en fait un tas d’admissible qui attendent des navettes pour l’école … Admission de masse. Nous embarquons dans la troisième navette, un Renault trafic tout neuf, de couleur noire. Le trajet est particulier : la conduite est sportive mais nous arrivons à bon port.

L’accueil est souriant et le welcome pack léger : une pub pour la société générale, quelques chewing gum, une brochure et un tshirt (taille unique, M). On fait un tour rapidement, je remets mon questionnaire, me faire prendre en photo et signe pour certifier ma présence. On se dirige vers le foyer pour manger un petit quelque chose : rien. On demande et est gentillement servis. L’ambiance est vraiment morne … On décide de partir. Quelques instants bien sûr.

On fait finalement le choix d’aller manger au Mac Donald qui se trouve à 15 minutes de l’école. On retourne à l’école et s’inscrit pour la visite des caves. On demande si c’est bien compatible avec le passage en entretien.

A 14h00, on part pour les caves Pommery. Visite classique suivie d’une dégustation. Il est 16h15, la visite est finie. On monte dans la navette, direction la gare de Reims pour y déposer ceux qui repartent.

On descends avec eux. La navette repars à 16h40, je n’y remonte pas et reste à la gare. Comme mon camarade, j’échange mon billet (nous allons goûter à la première classe sans frais supplémentaires) et je monte dans le TGV.

Tant pis. L’école m’a déçu, l’ambiance également … Ne souhaitant pas aller dans cette école l’année prochaine, je ne regrette rien.

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L’Amérique, l’Amérique

Je veux l’avoir, et je l’aurai. (Joe Dassin, 1969)

Les résultats sont tombés, nous avons pris du retard sur le blog : les carottes sont cuites. Ce n’est pas un problème. Je vais finir par vous raconter brièvement nos derniers oraux et établir quelques petits classements. Le blog n’est pas encore mort, regardez, il bouge !

Faisons le frétiller en remontant le temps : jeudi 5 juin (quoi, ça ne vous rajeunit pas ?). Je suis à Lille, il est 8 heures du matin. Je me lève assez lentement pour tout vous dire, avec un léger mal de ventre : c’est aujourd’hui l’oral qui compte. Le quitte ou double, le coefficient 20 de l’entretien, le 6 de la LV1, et enfin le 4 de la LV2. Je réalise … je me sens mal.

Après un bon moment de paresse, je me décide, je prends ma douche… Et surtout mon temps. Rien ne presse, l’exécution n’a rien de sommaire, et puis, le pire peut arriver oui, mais le meilleur aussi. Je suis préparer après tout, c’est pas mon premier oral.

Coefficient 20 … EDHEC. Ca trotte, ça trotte. Je regarde Pokémon sur Gulli, puis BFM TV, puis retourne regarder Pokémon. Je ne sais pas quoi faire. J’ajuste ma cravate. Vérifie les plis du pantalon. Je regarde si ma veste n’est pas trop froissée. J’ajuste ma cravate. Je regarde la télévision. Je tourne en rond. Je coupe le chauffe eau. Je suis devant la télé. J’appelle Anthony, ma Maman, je relis mon questionnaire. J’ai toujours la télévision d’allumée, la brochure dans les mains. Je la veux cette école.

J’ajuste ma cravate. Encore. Puis je tourne encore en rond. Je zappe, je parcours les chaînes de la Freebox. Je m’attarde un peu sur Deutsche Welle puis sur Skynews. Je retourne sur BFM. Bientôt 10 heures. Je me replonge dans la brochure. C’est épouvantable, je tiens pas en place. J’ajuste ma cravate. Il est 10 heures 45, je l’ajuste une dernière fois. Et là, un bouton craque.

Je reste calme. Je laisse la chemise telle qu’elle. Je me regarde dans la glace : ça va, la disparition passe inaperçu.  Puis non, tant pis : j’ouvre ma valise. Je prends ma trousse de toilette, je cherche ce fichu kit de couture que Maman m’avait donné. Je le trouve. J’attrape l’aiguille. Le fil blanc. Je recouds mon bouton. Tout va bien. Il est onze heures passées de quinze minute. Je dois partir. Je vérifie si tout est bien en ordre dans l’appart de Marion. Je ferme la porte, je prend ma valise. Je touche le bouton, il tient. Je remonte le Boulevard Montebello, j’arrive station Cormontaigne. Je tourne à droite. Arrivé place du Général Leclerc je consulte le plan : ça serait bête de se perdre. Je continue tout droit : rue du port, m’y voilà ? Je tourne à gauche, je suis à l’EDHEC.

Je fais la queue pour rendre mon questionnaire, je laisse mes bagages dans les vestiaires. Je descends au foyer. Je croise Cédric, admisseur et ancien de Vilgé. C’est parfait, je me sens mieux, rassuré. Anthony me rejoins, tout va bien. On patiente, on mange des sandwich achetés au foyer, on regarde le film de présentation et on reçoit nos welcome packs.

Je sais pourquoi je veux cette école : elle a le meilleur welcome pack de la Terre. Je m’enflame, je suis heureux, j’y suis. Je suis à Lille, 58 rue du Port. La moitié des admisseurs viennent de Vilgé (promos 2006 et 2005). J’ouvre le sac : un stylo EDHEC, une brochure reliée (DeLuxe) de l’école, un bloc note … un hub USB 1,1 quatre ports. Un tshirt. Je stresse. Je passe l’anglais dans 10 minutes. Cédric, Anthony me rassurent. Tout va bien se passer.

Direction l’amphi, accompagnés par une admisseuse. Un prof d’anglais sort, lance un prénom, j’entends un « yes », le prof rentre dans l’amphi l’admissible le suit. Ca recommence, une fois, deux fois, trois fois. Vient mon tour. On me demande de confirmer que l’anglais est ma seconde langue. Sans problème, on me tend un texte. Je ne sais plus aujourd’hui de quoi il parle, mais je le travaille dans tous les sens. Je prépare un beau commentaire. Je veux l’EDHEC. Je vais réussir.

Dans l’amphi, on est une dizaine à préparer. L’ambiance est tendue, simple ressenti peut-être. On vient me chercher. Je m’installe. Le prof signe ma feuille. Je présente mon texte : je suis plutôt content de moi, ce n’est pas extra ordinaire, mais ça semble pas trop mal se passer. On me pose des questions : mes passions, pourquoi l’EDHEC, que connais-je de la culture britannique ? Ca se passe pas trop mal, je confesse au prof parler un anglais très approximatif et avoir envie d’aller l’améliorer dans un pays anglophone. Il me réponds qu’il n’est pas si mauvais et que j’ai le temps de voyager. Je ressors satisfait : ça n’a pas été extraordinaire, mais ça n’a pas été une catastrophe. L’Allemand, c’est bientôt, il va falloir scorer.

De retour au foyer, je retrouve Cédric. Il me demande comment ça s’est passé, me rassure. Me rappelle que ne pas réussir la LV2 n’est pas grave. Ca dure cinq minutes, il est temps d’aller préparer l’épreuve d’Allemand.

Et merde ! Encore un texte sur l’écologie, sur le réchauffement climatique. Saviez vous que l’hivers 2006/2007 a été le plus chaud de l’histoire en Allemagne ? Que les températures moyennes de 0,65°C supérieures à celles des hivers passés ? J’essaie de m’intéresser au sujet, de pas repasser à côté, comme à Nantes. Je fais tout pour rendre le texte intéressant, montrer des connaissances sur le sujet. Pour une fois mon temps de préparation est utilisé en entier. Je la veux, je la veux.
La prof d’Allemand vient me chercher. Je présente mon texte, puis enchaine par un commentaire complet. Je raconte ce que j’ai appris pendant la conférence vue avec la classe (merci à la prof d’Allemand de m’y avoir finalement contraint d’y aller) : les éco-quartiers d’Hambourg, les systèmes de chauffage naturels en Scandinavie : tout est déballé est plutôt bien ficelé. La prof sourit, puis me dit que le sujet est grave et me propose de parler d’autre chose. On parle de mes passions, de « Wir sind Helden », d’informatique : la langue est fluide. Je vais des efforts, je sens que c’est la première épreuve d’Allemand que je réussis vraiment. Le déclic de Rouen se poursuit, je suis très satisfait de moi en sortant, j’aurai la moyenne, je marque des points.

De retour au foyer, une nouvelle fois, je retrouve Cédric. Il m’accompagne jusqu’à ma salle de préparation et discute avec moi. Il m’explique comment on est noté, comment fonctionnent les grilles de notation, me conseille, me donne les attentes du jury. J’écoute, j’enregistre. J’entre surmotivé.

« C’est la première fois que vous mettez votre costume ? » me lance-t-on dès que j’entre dans la salle. Je réponds que non, que je le porte de temps à autre depuis l’été dernier, mais que ce n’est pas ma tenue favorite. On me demande quelle tenue je préfère : « jean-basket-tshirt ». On me demande si je suis sportif, je raconte mes expériences de jeune sapeur pompier que j’ai été. De nombreuses questions sur ce que j’ai pu faire en caserne, l’ambiance, l’examen de JSP puis un petit débat sur le métier de sapeur pompier aujourd’hui, le droit de grève.

Les membres de jury semblent satisfaits puis se présentent. J’ai face à moi une professeur de droit à l’école, également avocate. Un cadre à la Française des jeux. Et un autre homme, dont j’ai oublié le métier. Je me présente à mon tour. On me pose ensuite un grand nombre de questions sur mon questionnaire. Je l’ai travaillé, je m’en sors pas trop mal. Puis vient un piège. A la question « quel événement passé auriez vous aimez vivre ? » j’ai répondu « La signature du Traité de Rome ». Après plusieurs questions sur l’informatique le jury dit se rendre compte que le changement, l’innovation me fascine et me demande qui j’admire. Dans le questionnaire, on nous demande quels sont les traits qui forcent mon admiration, mais je ne dit pas qui j’admire. Je réponds donc que j’admire des gens comme Steeve Job ou Tariq Krim. « Pourquoi pas des gens comme Jean Monnet ou Marcel Schumann ? ». Heu Robert, je rectifie. On apprécie le fait que je rectifie puis nous parlons d’Europe.

Turquie, élargissement, puis Croatie. Relation Pologne-Allemagne. Enfin des questions « historiques » et d’actualité. Je suis heureux, je prends plaisir à répondre à ces questions. Le sujet m’intéresse beaucoup. On parle d’idée que j’aurai pour l’Europe, de rêves. Je suis pris au dépourvu, mais joue l’honnêtée : je dis ce que je souhaite réellement à l’Europe politique. Puis vient la question …

« Vous avez participer à une campagne électoral, c’est écrit dans votre questionnaire…. » On me demande d’en dire plus, de dire pour qui. Comment je suis arrivé à avoir quelques responsabilités. On me pose des questions sur le positionnement aujourd’hui de François Bayrou. Sur celui qu’il a eu après le second tour. Je reste assez critique sur ces positions, je le fais savoir : le jury sourit.

Nouvelle question « Vous gagnez demain au loto, que faîtes-vous ? ». Je donne une petite partie à des associations locales que je connais, je place le reste et continue à travailler. On me demande comment je fais mon placement, je réponds faire confiance à mon banquier avant que l’ont me demande si il est vraiment sage de lui faire confiance. Je dis qu’il engage sa réputation, qu’il est qualifié, plus que moi et que j’estime qu’il faut faire confiance des fois : on ne peux tout faire seul.

Les quarante cinq minutes sont passées. On me remercie puis me demande quelle école je veux, et pourquoi. Je dis la vérité : je veux l’EDHEC, j’explique que ma meilleure amie habite Lille, que j’ai vraiment aimé la ville (visitée la veille, j’ai arpenté plusieurs heures les rues du centre ville, et visitée lors de mon passage à l’ESC Lille, deux semaine avant) et que l’EDHEC m’intéresse. Quelques autres questions tombent, je suis debout. C’est fini, je sors.

Je suis plutôt satisfait de mon entretien. Rien de particulier, pas de sentiment de réussite, mais encore moins de sentiment d’échec. Je rejoins Cédric et Anthony puis ai le droit à une visite de l’école. L’accueil « spécial Vilgé », c’est pas n’importe quoi. Après la visite, je veux encore plus de l’école.

Paris. Gare du Nord. Des publicités pour l’EDHEC affichées un peu partout. Je veux y retourner. Réponse dans huit jours tout ronds.

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Si t’es superficielle tu ne tiendras pas la distance,

Mais je dois quand même avouer qu’ t’ as une certaine prestance (Clara Morgan, 2007)

“Le 76 – tu peux pas test” tel est l’accueil qui m’est réservé dans le Corail Intercité 13141 qui relie la gare de Saint Lazard à la gare de Rouen Rive Droite. Sûrement grâce à mon grand courage et à ma témérité inégalée, je passe outre le message tagué sur le train et pars pour la Normandie, objectif ESC Rouen.

Le voyage ne sera pas de tout repos : si le trajet se passe sans problème – l’ambiance est plus proche du RER C que de la première classe du TGV Paris – Nantes, ce qui n’est pas sans me rassurer et me mettreà l’aise – le programme qui m’attend n’est pas une mince affaire. P’tête bin que oui, p’tête bin que non, p’tête même que c’est sûr et certain, je passe dans l’école mes langues écricome (Allemand et Anglais, comme pour la BCE, aucune surprise donc) et l’entretien de motivation.

9h19, j’arrive à la gare “R-RD”, une admisseuse très sympatique m’accueille. Je suis le seul à arriver à cette heure. Elle me parle de la ville, qui à ma grande surprise est beaucoup plus grande et vivante que je ne le croyais, de l’école, et de l’ambiance. Très bon point, l’école me séduit beaucoup sur le papier et j’apprends que les étudiants y sont très heureux. Nous arrivons doucement à l’école, puis vient le choc : sur le campus rouennais est installé … une réplique grandeur nature du château de la Star’ac. Je demande, perdu, si nous ne sommes pas arrivé à Dammarie-les-Lys, on me répond avec humour que non, et que c’est simplement le même château. Pris d’envie de siège, pensant à l’emplacement des trébuchets et à la capture du sacré graal, rien de cela ne sera : le château abrite l’administration de l’école.

Le campus est très vert, très accueillant : j’imagine que quand le temps est plus clément, c’est un plaisir de s’allonger dans l’herbe et d’y passer quelques bons moments.

Je rejoins l’accueil de l’école où je me fais remettre un nouveau welcome pack contenant un tshirt, “le viking” (le guide la métropole rouennaise,réalisé par l’école) ainsi que diverses informations sur la ville et l’école. Décidément les écoles qui me plaisent le plus sont celles qui ont aussi les meilleurs welcome pack. De là à y trouver un lien de cause à effet il y a un plat de pâtes que je ne cuisinerai pas.

On m’invite à me restaurer dans l’école et à rejoindre le foyer. L’école possède un stock impressionnant de mini chocos Prince (emballés par quatre) qui nous sont gracieusement offerts. J’en profite sans complexe, tout en ayant appris le matin dans les Echos (journal aujourd’hui – mais pour combien de temps encore ? – dirigé par un ancien de l’ESC Rouen) que Danone allait céder Lu à Kraft. Soucieux de piller l’envahisseur américain (les rôles sont quelque peu inversés, je vous accorde qu’il n’est pas aisé de piller un envahisseur), je me goinfre donc de ces petits gâteaux.

J’apprend qu’une visite de la ville est organisée : je m’y inscrit et peu avant de partir, je rencontre Julie qui s’y inscrit également. La ville de Rouen me rappelle Chartre, des rues piétonnes commerçantes très vivantes, une cathédrale (dont la particularité est d’être très belle – sic notre guide) que nous visitons en un éclair (ce qui ne me déplaît absolument pas), en bref, une belle ville, très attirante. Arrivé à la rue Jean Lecanuet, célèbre ancien Maire de la ville, nous faisons demi-tour et repartons pour l’école après avoir vu, outre les rues piétonnes et la cathédrale, la mairie et la place où Jeanne d’Arc fût brûlée.

A l’école, nous achetons rapidement un sandwich avant d’apprendre que nous devons nous rendre en amphi. Mon repas à la main, je suis les autres et gagne l’amphi, où on m’indique que je dois rendre mon questionnaire. Retour à l’accueil, je récupère mon questionnaire et mon CV : Julie me fait remarqué que j’ai rempli que le recto de ma fiche bleu. Je pars donc en amphi avec un stylo afin de répondre aux quelques questions restantes.

Après un discours un peu long du directeur du programme grande école, on nous projette le film des admisseurs. Fidèle à la brochure spécial admissible « Que vivà l’esc Rouen » on entend Sonia et Selena interpréter Que viva la noche et voit le titre du court métrage « L’auberge Rouennaise » apparaître. Si le clin d’œil est sympathique au début, je trouve un peu ennuyeux de revoir un remake du film. Mon passage préféré étant celui où la créativité a le plus joué : la présentation des différents membres de la coloc du film. Le passage de « l’entretien pipeau », inspiré des « Poupées Russes » est très drôle aussi.

Le film diffusé, on nous remet nos convocation pour l’après midi. J’ai 5 minutes pour retrouver la salle de préparation de langues. En deux minutes elle est rejointe. On m’y explique comment se déroule l’épreuve, comme utiliser les ordinateurs puis on nous attribue un poste. Je prépare l’Allemand : une dialogue sur EADS et les habitudes de travail différentes qu’ont les Français et les Allemands. On y apprend notamment que lorsque les pouvoirs sont à partager entre les deux pays, la France choisit toujours la direction, l’Allemagne la gestion financière.

Les vingt minutes s’écoulent et je me dirige vers la salle où m’attends l’examinatrice. Elle commence par se présenter, me demander qui je suis puis de commencer à parler de ce que j’ai écouté. Ca ne dure pas très longtemps, on passe très vite à autre chose, on parle de mes passions, de ce qui me motive et m’intéresse. J’apprécie beaucoup la discussion que je trouve différente des entretiens précédents. C’est très agréable, on a vraiment l’impression d’utiliser la langue d’une façon vivante, et pas dans un cadre purement scolaire. Je n’ai aucune idée de ma note, mais j’ai au moins pu passer un entretien de langue « différent ». Je sors plutôt satisfait de la salle.

Je souffle quelques minutes au foyer en compagnie de Julie. Je bois un coca-cola offert par l’école et mange deux mini chocos Prince avant de repartir pour l’entretien. J’ai toujours mon questionnaire à la main, rempli cette fois. J’attends devant la porte. Le jury me fait entrer. Il est composé d’une femme, ancienne élève de l’ESC Rouen, qui dirige aujourd’hui une société d’événements autours du vin et du fromage et d’un homme, professeur d’allemand à l’école. Je me présente brièvement et les questions viennent tout naturellement. Le jury s’intéresse à la personnalité du candidat, comme à Audencia et ne cherche absolument pas à piéger. Les thèmes abordés sont les mêmes que dans les autres entretiens, à savoir musique germanique, informatique et motivation. Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas de questions d’actualité et je porte mal le costume. Je ressors néanmoins une nouvelle fois satisfait.

Encore quelques instants de récupération. Tout se passe bien jusqu’ici : l’école me plaît sur le papier et IRL (in the real world, bande de n00bs) et mes épreuves s’enchaînent sans me donner l’impression d’un échec flagrant. Reste l’anglais.

Je regarde la salle d’informatique pour écouter mon nouveau dialogue d’anglais : le thème est la vidéo surveillance à Londres. Je ressors ce que je peux du fichier son et me débrouille pour préparer un petit commentaire. Une fois tout cela effectué, je monte l’étage qui me sépare de la salle d’anglais, j’y entre et commence à parler de ce que j’ai entendu. La prof me pose quelques questions pour en savoir plus sur moi, puis m’invite à reparler du dialogue. Je sens que je fais un nombre incalculable de fautes, que je corrige au fur et à mesure de mon commentaire. Ensuite nous passons aux questions, sur le droit à l’image, le respect de la vie privée avant de parler des tentatives d’attentat à Londres puis de l’attentat de Glasgow. A la fin la prof me dit que je lui ai fait très peur : j’ai parlé un anglais excécrable au début puis de plus en plus bon, avant de parler correctement à la fin. J’ai sûrement été prisonnier du dialogue … Viva la libertad senior !

Et que viva l’esc rouen !

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Moi je vis chez Amélie Poulain,

le pays où tout va bien, chez Amélie Poulain (Les Fatals Picards, 2007)

img_0116.jpgNous vous les avions promis, les voila. Et en couleur ! Quelques photos de notre périple toulousain, accompagné d’Anthony, puis d’Amel, rencontrée à Toulouse-Matabiau. Outre celles postées en miniature dans ce billet, vous pouvez en retrouver dans les billets suivants qui ont tous été mis à jour ce soir :

L’entretien de Flunch

L’entretien de Juklien

Le voyage vu par Juklien

img_0128.jpgimg_0122.jpgimg_0096.jpgimg_0102.jpgimg_0109.jpgimg_0105.jpgimg_0094.jpg

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Du rhum, des femmes et d’la bière nom de dieu…

Un accordéon pour valer tant qu’on veut (Soldat Louis, 1988)

TANNouvelle étape de mon tour de France, me voici en Bretagne Pays de la Loire à Nantes. Nouveau départ de Massy, en compagnie de deux camarades (Fanny et Virginia) pour, cette fois, Audencia. Tout se passe bien jusqu’au moment de monter dans le train : je regarde attentivement mon billet et que lis-je ? Pour la première fois de ma vie, JE SUIS EN PREMIERE CLASSE ! (alors que j’ai payé mon billet moins cher que mes camarades en secondes classe). Une fois la joie passée, j’abandonne mes privilèges indignes et décide de retourner avec le bas peuple. Outre l’expérience sociologique de très grande valeur que peut représenter un voyage en première, je hais la décoration de la première. Tout ce pseudo luxe, ces couleurs rougeâtres, cette lumière mal tamisée, et ces gens … Non, je suis heureux de rejoindre mes camarades et de passer le voyage avec elles.

Voyage qui se passe très bien. L’air est climatisé, l’ambiance bonne (Fanny blague avec un passager, lui faisant croire que la gare de Tour est celle d’Angers, passager qui ne manquera pas de lui indiquer où se situe Angers, une fois le train arrêté dans la dite ville), les gens rieurs, les cookies de Fanny bons (surtout les durs) et Virginia malade. Nous arrivons à bon port, Nantes, la jolie (coucou Fanny).

Arrivé à la gare, nous prenons la sortie Sud, comme indiquée sur les brochures envoyées par l’école. L’accueil est bon : un stand aux couleurs de l’école est ouvert et plusieurs élèves nous attendent. On les suit, embarque dans la voiture – une nouvelle fois, classe – puis arrive à l’école.

L’accueil est en demi-teinte : un blind-test est commencé, mais dur de s’intégrer et de scorer dès l’arrivé. On opte pour l’attente et le paiement du séjour. La formule choisie est très classique : hôtel B&B et transport (en tramway). Devant le prix du restaurant, je préfère me débrouiller par mes propres moyens.

Quelques minutes passent, nous montons tous dans le trawmay et nous dirigeons vers le restaurant. Au passage, notez qu’il est peu commode de faire entrer une cinquantaine de personnes, valises et sacs de voyages à la main, simultanément dans un tramway. L’exploit est pourtant réalisé : les admisseurs y sont pour quelque chose. Nous descendons à Place du Cirque, ou 50 otages, je ne sais plus puis marchons jusqu’au restaurant. Là, ceux ne souhaitant pas y manger sont invités à former un petit groupe à côté. Le sentiment de passer pour des sous admissibles nous envahit, mais Clémence – admisseuse spécialisée en relation avec l’hôtel B&B – nous montre très rapidement le chemin de l’hôtel. Une fois arrivé, elle nous demande de former des groupes de deux, trois ou quatre afin de répartir les chambres. Mes deux camarades, toujours présentes, me proposent de les rejoindre : j’accepte et nous prenons la première chambre pour trois, la numéro 17.

Après avoir visité la chambre – télévision Toshiba 37 cm à tube cathodique avec reception des six chaines nationals, de LCI et de Ciné Cinémas Premier, quatres serviettes pliées en 4 dans une armoire deux portes, proche du “Kalernsborg” proposé par Ikea, téléphone Sagem blanc, modèle analogique standard, WC jacob Delafond d’une hauteur approximative de 60 cm, bainoire et évier du même fabricant, trois lits, deux simples, un double – nous quittons l’hôtel pour nous restaurer. Quelques pas en directions du centre ville et le temps d’appeler le guide de la restauration rapide – Anthony – et nous entrons au Mac Donald (délaissant ainsi le vendeur de sandwich grecs vanté par mon camarade eurasien).

Je vous épargne le repas ainsi que le trajet du retour. A l’hôtel, on se couche tôt, je choisis de regarder How I met your Mother puis The Office sur Canal plus.

Je me lève le premier, prends ma douche – semble-t-il un peu trop longtemps – m’habille puis rejoins, accompagné de mes deux gentilles camarades, l’entrée de l’hôtel où Clém nous attend. Pendant l’appel, ou l’attente de quelques retardataires, une admissible s’écroule, la journée s’annonce difficile.

Arrivés à l’école, on nous sert un petit déjeuner de grande qualité : le choix de boissons est très important et les viennoiseries ne manquent absolument pas. Les admisseurs nous invite à monter pour aller pointer : on reçoit un sac Audencia, des brochures, un stylo et un tshirt aux couleurs de l’école. Il s’agit là de l’un des plus beau welcome pack reçu depuis le début de mon tour de France (celui de l’ESC Toulouse étant également plaisant).

Nous retournons en bas, au QG des admissibles. Nous avons une nouvelle fois un grand choix d’activités : PES – pour changer – , Ping Pong, accès à Internet, visite de l’école et de nombreuses animations réalisées par les admisseurs (le point fort de l’accueil à mon goût). L’ambiance reste cependant morne : la faute n’incombe ici pas aux admisseurs pour moi, c’est plus la population des admissibles. On sent que les gens ne viennent pas ici pour s’amuser et n’accordent pas beaucoup d’importance aux animations. C’est domage, les admisseurs y mettent du leur.

Une fois les horaires de convocation reçues, je rencontre Moustapha, ECT de Vilgénis ainsi qu’un ancien carré qui khûbe aujourd’hui à Paris. Je visite ensuite l’école.

Les locaux sont impeccables : la cafétéria est éclairée naturellement, forte de sa grande baie vitrée, la fontaine aérienne à l’accueil est magnifique, le cadre de la bibliothèque très agréable et les couloirs très spacieux. Seul le « bloc soviétique » est moins accueillant. Globalement, les locaux de l’école forcent l’admiration, mais aussi le sérieux. J’écourte cependant la visite, je dois me présenter au QG pour partir passer mon oral d’Allemand.

La musique de « Y’a que la vérité qui compte » sonne la fin des haricots. Je rejoins les autres appelés, je vais partir pour l’épreuve d’Allemand. Pour la première fois depuis le début des oraux, j’ai un peu mal au ventre, je sens que je suis stressé et que l’enjeu est ici différent des autres écoles : bon point pour le futur classement Sigem, je suis sûr que l’école me plaint au moins. Je reçois mon texte : un extrait du Tagesspiegel je crois sur El Niño, un phénomène climatique naturel qui participe au réchauffement de la planète. Première déception, si il y a bien un thème que je hais en langue, c’est l’environnement. Toujours une excellente occasion de débiter des banalités sans sens et de s’enfoncer en ayant rien à dire. Ca ne manque pas : face à la prof, je sens que ce que je dis n’intéresse pas. On ne parlera que de ça pendant l’entretien. Je sors … déçu. Bataille et Fontaine sont déjà de retour, je rejoins les autres, une seconde fois, pour qu’on nous conduise en salle d’Anglais, sur la musique de Fort Boyard. Je tombe sur un sujet autrement plus intéressant : la grippe aviaire. A priori, rien de passionnant, mais le sujet est plus original que l’environnement et on peut aborder plusieurs domaines (santé bien sûr, mais aussi relations internationales, mondialisation et économie). Je discute beaucoup avec la prof, on parle d’échanges culturels, de la nourriture dans le monde, des habitudes culinaires de chacun. Je ne sais pas quel est mon niveau d’anglais pendant la discussion et si j’accumule des millions de fautes, mais la discussion est fluide et très intéressante. Aucune idée de la note.

Après cette seconde épreuve dont je ressors assez satisfait (je suis toujours content lorsque j’évite la catastrophe en Anglais). Virginia et Fanny sont également passées, on se dirige vers la cafeteria. Je demande des lasagnes, on me sert des spaghettis sauce bolognaise. Quelques minutes passent le temps qu’un micro-onde se libère, et que mon plat chauffe. Le repas est vraiment pas cher et d’une qualité relativement bonne.

L’après midi, c’est entretien. Spécificité Bretonne Nantaise, on choisis parmi deux sujets (une citation, un mot) un thème à traité. Le tirage m’offre « Nos meilleures idées viennent toujours des autres » de Ralph Waldo Emerson (qui, contrairement à l’impression que son nom peut laisser, n’est pas Brésilien, mais Etasunien) et « La pauvreté ». Je ne réfléchis pas longtemps et prends le premier sujet.

Je traite de l’innovation, de l’espionnage industriel, des grandes tendances (de la mode) et donne des exemples précis dans le monde des médias (les copies d’émission de télé, la diffusion de la télé réalité) avant de passer à un deuxième aspect du sujet : l’idée peut venir des autres sans être copiée, mais inspirée. Je parle alors du bénéfice du travail en équipe et de l’émulation, soit créée par un besoin dans un cadre collaboratif, soit apportée par la concurrence. Aux têtes des deux membres du jury – une prof de marketing, le DHR de Manitou – je pense m’en être bien tiré.

Viennent ensuite les questions sur moi, mes passions, mes motivations. Rien de particulier à souligner, les membres du jury semblaient très intéressés par ce que je disais et posaient des questions de plus en plus pointues. Aucun point d’actualité n’a été abordé, je commence à désespérer, accro à l’info, greffé sur BFM TV, mes flux RSS, on ne parle jamais d’actualité en entretien. Pour résumer, l’entretien a donc été très cordial et s’est très bien passé je pense. Cependant je n’ai absolument aucune idée de la note : si la discussion a été agréable, rien n’indique que j’ai pu convaincre le jury et obtenir la note nécessaire pour passer quelques années à Nantes.
Je sors de la salle très soulagé, mon premier « gros entretien » s’est passé sans grosse encombre. Sans savoir pour autant si cela a été suffisant, je repars l’esprit plus léger et plus décontracté.

Je regagne la salle du QG où je retrouve Fanny et Virginia : on partage nos impression très brièvement, puis je quitte l’école.

Mise à jour : Aujourd’hui, nouvelles impressions sur l’école. Bien loin de l’idylle de la première rencontre,  le monde des bisnounours m’inquiète à présent. Il est vrai que les couleurs flashy, les admisseuses ravissantes et le traway donne envie au premier abord. Mais que ma appris la vie ? Ne jamais se fier aux premières apparences.

Afin de vous éviter d’affreux supplices, de tomber dans une niaiserie au niveau jusqu’ici jamais atteint mais surtout pour que vous ne gachiez pas vos vie : quittez Nantes, partez, ne laissez aucune traces. Ne vous laissez pas séduire, faites demi-tour, préférez Grenoble EM ou l’EDHEC Lille mais surtout ne vous perdez pas. Sophie peut en témoigner.

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J’ai crevé l’oreiller, j’ai dû rêver trop fort.

(Alain Bashung, 1981).

Demain je vais à HEC… je n’y crois toujours pas; ça m’empêche d’ailleurs de réviser correctement. Mon programme est clair : Maths et AEHSC le jeudi, Anglais et Culture Générale le vendredi, rien le samedi, Espagnol et Entretien (Face-à-Face) le dimanche… Et oui à HEC il y a des épreuves le dimanche.

Ce soir c’est simple : je vais à HEC pour une soirée café des arts, organisée par le Bureau des Arts (vous vous en doutez), et open pizza à 2€… c’est un concept qui remplace celui de l’open bar.

J’appréhende déjà ces épreuves : le jury exécrable, le public qui me fixe… J’en ai des frissons! Les sujets infaisables… les questions impossibles… les remarques assassines… “Que dis-je, c’est un roc”.

Pour continuer sur du Bashung : “Osez, osez Joséphine. Osez, osez Joséphine. Plus rien ne s’oppose à la nuit, rien ne justifie. Osez, osez. Osez, osez”. (Alain Bashung, 1991).

Je vous donnerai des informations, vous enverrai des SOS depuis cette boucherie, samedi, mon jour de “pause”.

A bientôt.

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Ce soir, en regardant les étoiles, j’ai vu dans le ciel, quelque chose qui brille, brille, brille…

Oh ma bonne étoile… (Mathieu Chedid, 2003)

Retour de l’ESCP-EAP, je décide finalement de dormir chez moi. J’annule la chambre que j’avais réservée à l’ESSEC. Rendez-vous à 7h30 le matin à Cergy ; départ de chez moi à 6h10.

Arrivé à l’ESSEC, je tombe sur quelques amis venant d’autres prépas. Je file rapidement vers le bâtiment où je dois passer l’entretien, ma première épreuve, à 8h30. On me donne mon questionnaire (où il ne me reste qu’à remplir la partie réflexion : un texte de 1954 qui traite de la construction européenne et des liens que conservent certains pays avec l’Afrique).

Je finis de remplir ce questionnaire, non sans difficulté. Puis je patiente devant ma salle : une des personnes du jury se fait attendre. Finalement cette personne ne viendra pas : elle est remplacée par un homme. Le jury prend mon questionnaire, me fait encore attendre un peu, puis me fait entrer. Les personnes se présentent : un élève en dernière année, un « chasseur de tête » (celui qui n’aurait pas du être dans le jury, à mon grand désespoir), et un sociologue. J’ai peur, j’appréhende les questions sociologiques et psychologiques… je vais être servi ! Une bouteille d’eau et un verre sont mis à ma disposition : j’en ferais largement usage. Je me présente à mon tour, et nous enchaînons sur mon projet professionnel. Ils trouvent bizarre que je veuille construire ma propre entreprise et me disent qu’après tout n’importe quel diplôme d’école de commerce peut très bien me permettre d’y arriver. J’explique que j’ai conscience qu’il me faudra travailler d’abord pour une autre entreprise du domaine qui m’intéresse pour y acquérir les compétences nécessaires à ce que je veux faire. Puis ils me demandent pourquoi je n’ai pas fait une école d’ingénieur plutôt ; je réponds que c’est parce que ce qui m’intéresse c’est le management et que mon objectif est construire une entreprise, que certainement avec un diplôme d’ingénieur j’aurais plus de mal à le faire. Ils acquiescent, puis nous passons à mes passions : je parle du volley. Le sociologue me dit que je ne semble pas vraiment passionné ; je lui réponds que je n’aime pas le terme de passion, qu’il contient toujours l’idée d’obsession, et que pour moi le volley est une pratique, que je serais incapable de leur donner le nom des joueurs de l’équipe de France. J’ai le droit à quelques question du « chasseur de tête », qui me dit explicitement qu’il cherche à me piéger… mais le faisant avec le sourire, il ne me perturbe pas vraiment ; il est même plutôt sympa. Il me demande notamment s’il n’est pas paradoxal que la valeur en laquelle je crois le plus soit l’honnêteté (question posée dans le questionnaire) et que je veuille construire une entreprise. Je réponds toujours avec honnêteté ; je ne sais pas si ça paye mais du moins je parviens à me défendre.

D’un coup, sans prévenir, l’élève me demande : « Qu’est-ce qui vous fait rêver ? ». Et bien… c’est-à-dire que… Hmmm… Là je m’en sors en parlant de la vie que je me vois mener dans dix ans : une vie professionnelle avec un travail qui m’intéresse, une vie familiale, et un équilibre entre ces deux parties. On enchaîne sur des questions d’éthique : les rapports, paradoxaux, entre mon projet professionnel qui s’inscrit dans le développement durable et le fait qu’avant tout une entreprise cherche le profit… qu’après tout je vais peut-être chercher à gagner beaucoup d’argent dans ce secteur qui est en explosion, tout en gardant bonne conscience. J’explique mes motivations, ce qui fait que je m’intéresse à l’éco-construction, mais que bien sûr je n’oublis pas que l’objectif reste le profit. J’ajoute que l’on peut rester fidèle à ces valeurs, que tout dépend de la façon dont on fait usage du profit : s’il est réinvestit dans la recherche et l’innovation, on ne s’écarte pas du but premier, qui est agir en faveur de la sauvegarde de la planète. Je pense que je m’en sors assez bien. Puis viennent quelques questions sur mes hobbys : la lecture. Je dis que c’est avant tout un bon moyen de se détendre, et aussi que ça donne des sujets de réflexion ; que je lis beaucoup de romans policiers, des Agatha Christie et des Conan Doyle, mais que je lis aussi d’autres livres… ça ne les intéresse pas du tout (tu m’étonnes !) et ils passent.

Finalement on me demande si j’ai une question à poser. Je dis que j’aimerais bien qu’ils me répondent à celle que j’ai écrite dans le questionnaire, à savoir si ils ont un conseil à me donner pour vivre ma scolarité à fond. C’est l’étudiant qui répond : ils me dit qu’il me faut être à la tête d’une association, que c’est très formateur, qu’on y apprend des choses qu’on ne voit pas en cours. Je lui demande s’il a lui-même géré une association, et il me répond que oui (BDE et autres…). Là l’étudiant m’arrête et me pose une dernière question : « Etes-vous admissible partout ? ». Oui (même si c’est pas vrai, vu que je ne le suis pas à Lyon, mais je me dis qu’il vaut certainement mieux ne pas le dire). « Et vous avez une école coup de cœur pour le moment ? ». Non, je vais d’école en école et je découvre ainsi les ambiances, et pour le moment je n’ai visité que trois écoles ; cependant il est vrai que l’accueil qui nous a été réservé le jour des tests psychotechniques était vraiment très sympa. Le sociologue surenchérit : « HEC, ESSEC, laquelle choisissez-vous ? ». Je n’ai pas fait mon choix pour le moment, surtout que je ne suis encore jamais allé à HEC ; mais pour être tout à fait honnête HEC est à côté de chez moi, ça m’arrangerait donc d’un point de vue financier (ça les fait rire). J’ajoute que les valeurs d’HEC ne me correspondent pas vraiment, à la différence de celles de l’ESSEC.

C’est fini, et je sors assez content. Je retourne dans me hall d’accueil où je retrouve des amis et l’ex-Vilgénien. Je profite de ce moment de pause pour me restaurer, et pour voir également dans quelle salle je dois me rendre pour l’espagnol.

L’heure approche et je vais dans le bâtiment qui m’a été indiqué. J’attends 5 minutes puis on me donne un texte que je dois préparer en 20 minutes dans une salle. Il parle du rôle des femmes dans la société, qui prend de plus en plus d’importance aujourd’hui. Je fais un résumé bref et un commentaire axé autour de ma vision du travail des femmes et de sa valorisation, et de l’exemple français. J’avale un verre d’eau (c’est magique à l’ESSEC : on nous offre des boissons tout le temps). Mon espagnol est plutôt bon il me semble, malgré quelques hésitations. Surtout, n’ayant qu’une personne en face de moi, je suis plus détendu. Nous entamons la discussion, puis nous dérivons sur autre chose : mes voyages, ma culture du monde hispanique (je parle du film Mar Adentro). L’examinateur met fin à l’entretien avec un « Bien, bien, muy bien ». Je sors encore une fois content, sentant que je n’ai pas fait trop de fautes, et que tout s’est plutôt bien passé.

Encore un passage par la case Accueil. Je vais déjeuner à l’extérieur avec une amie (le BDE proposait des salades, faites par les élèves…). Puis nous revenons et je file en anglais à 13h20. On me donne un texte sur Al Gore et son livre qui traite de la protection de l’environnement (un texte en français, tiré du magazine Le Point, qui est principalement composé d’un extrait du livre d’Al Gore. Et oui, à l’ESSEC on vous donne un texte en français qu’il faut présenter et commenter en anglais). Je suis plutôt confiant étant donné que ce texte touche au domaine qui m’intéresse : l’écologie. J’ai trente minutes pour préparer, mais le temps passe et au bout de trente cinq minutes j’ai déjà fini et décide de quitter la salle de préparation. Je frappe à la porte et on vient m’ouvrir.

Je me sers un verre d’eau (encore un), et je fais mon résumé en anglais, rapide, puis je passe au commentaire : je parle de l’importance du débat soulevé en partie par Al Gore, mais m’étonne de ce que ce dernier mette en avant comme objectif principal la nécessité de stabiliser la croissance démographique, et seulement en cinquième position la prévention et l’explication des phénomènes climatiques. Je cafouille plus qu’en espagnol, je suis plus hésitant, malgré tout j’ai le sentiment de me faire comprendre. Comme le veut l’exercice à l’ESSEC, nous parlons de moi, après avoir parlé brièvement du texte d’Al Gore. On me demande pourquoi je veux faire une école de commerce, ce qui fait que j’ai envie de travailler dans le domaine de l’éco-construction, etc… Les quarante minutes passent vite, et je sors, une fois de plus, satisfait. J’ai le sentiment d’avoir exprimé mes motivations et mes craintes, et ce sans trop de difficultés, même si je cherchais souvent mes mots.

La journée est finie ; je sors et me dirige vers la gare. Je prends mon train, emballé par cette journée. J’ai le sentiment d’avoir plutôt bien réussi… Cependant je n’oublies pas que la sympathie du jury n’est pas un bon indicateur de la note aux concours. Je fais confiance à ma bonne étoile.

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The show must go on.

(Queen, 1991)

Après mon retour le mercredi à 12h30 chez moi et environ 5h de sommeil cumulées pendant les 48 dernières heures, je me prépare à aller à l’ESCP-EAP le jeudi : rendez-vous à 7h station Rue Saint Maur… The show must go on.

paris_campus1.gifJe me réveille à 5h30 et file à 6h10. Arrivé comme prévu à 7h10, je me dirige vers l’école. Là on m’offre mon petit sac ESCP-EAP, qui contient entre autres un petit t-shirt et une tasse. Puis je rentre dans le bâtiment pour me restaurer : les pains au chocolat sont particulièrement bons. Un jeune homme venant de Nice me cause : “Et moi en fait j’ai fait ECS mais en deuxième année, la première je faisais maths sup et on m’a viré; alors à chaque fois je dis aux entretiens que j’ai fait maths sup pour avoir plus de facilités en maths, ou bien que ça ne me correspondait pas”. Passionnant. “Et un jour j’ai prêté mon pull à ma cousine… Alors j’ai du dormir dans la chambre du pape”. Etonnant. Très vite je suis invité à me diriger vers la salle d’examen (ouf…) où je vais pouvoir préparer ma première épreuve : l’économie. Autant dire qu’à ce moment je m’attends à tout et à rien.

J’arrive devant la salle avec deux personnes, vraisemblablement moins perdues que moi. On s’installe et on nous distribue nos sujets, personnalisés (mon nom est marqué en haut de la feuille : devrais-je en déduire que mon sujet était en accord avec mon nom…?). Je lis mon sujet : Déficit public et croissance. Je suis un peu soulagé : ça n’est pas trop pointu et ça n’est pas un thème vraiment inconnu.

30 minutes pour préparer, ou 20, je ne sais plus. Je fais un exposé où je décide finalement de ne m’intéresser qu’aux conséquences que peut avoir un déficit public sur la croissance et abandonne la liaison inverse (à mon sens, sans véritable intérêt, mais bon…). Je fais un plan chronologique en distinguant une période keynésienne de 45 jusqu’à 75 environ, puis une période friedmanienne de 75 à aujourd’hui, et enfin une partie sur la période actuelle, et le problème de l’intervention de l’Etat dans le domaine de la recherche et de l’innovation.

Temps de préparation terminé je me présente au jury et je commence mon exposé. J’ai quelques difficultés, j’ai du mal à enchaîner correctement mes idées… mon jury fronce les sourcils. Passons. Après mon exposé les questions commencent : tout d’abord si je sais à quand il faut remonter pour trouver en France un équilibre budgétaire… Emporté dans mon élan je réponds bêtement 2003, confondant équilibre budgétaire et équilibre de la balance commerciale, c’est vous dire combien je suis mauvais! Et je ne sais pas leur répondre quand ils me demandent à combien est actuellement le déficit budgétaire français, même pas en pourcentage (il aurait pourtant suffit de réfléchir… Vous allez comprendre). “Vous avez eu raison de parler de Keynes et de Friedman. Vous avez parlé d’investissement et d’entraînement sur la croissance : vous pouvez nous dire de quel mécanisme il s’agit exactement?”. Le multiplicateur keynésien. “Bien, et vous pouvez en deux-trois équations retrouver la formule de ce mécanisme?”. “Euh… écoutez je peux aller au tableau je vais tenter de le retrouver”. Je vais au tableau, en tentant de me souvenir des cours de M. Cornu… Je pose la base : Y = C + I. On m’aide en me demandant ce à quoi correspond C; je dis que C est une fonction décroissante du revenu dépendant de la propension à consommer : C = cY + (C) ((C) est la part irréductible de consommation). Je remplace dans l’équation principale et arrive finalement à l’équation voulue (en 5-6 étapes) : Y = (1/(1-c)) * (C + I). C’est bon; on me demande maintenant une explication concrète du phénomène. Je m’exécute. Je retourne ensuite m’asseoir. Là quelques questions sur les possibles effets de la croissance sur le déficit public. Je leur parle des recettes de l’Etat et des administrations publiques plus généralement. “Et il n’y a pas en Europe des mesures qui limitent le déficit budgétaire?”. “Si, bien sûr, nous ne pouvons dépasser un déficit équivalent à 3% du PIB”. “Très bien, et donc tout à l’heure nous vous avons demandé si vous saviez à combien s’élevait actuellement le déficit budgétaire français; auriez-vous une idée maintenant?”. Je comprends mon erreur quelques minutes plus tôt : celle de ne pas avoir réfléchi. Je réponds donc qu’il est en dessous de 3% du PIB, assez proche. Enfin dernière question : “Vous avez parlé d’innovation à la fin de votre exposé. Est-ce que vous pouvez nous dire quels sont les cinq types d’innovation chez Schumpeter?”. Je n’en connais aucune.

Au revoir. Je retourne vers la salle où nous sommes accueillis. J’ai près de deux heures avant ma prochaine épreuve : anglais. Ce temps de pause me permet de préparer mon questionnaire en trois exemplaires (sachez que vous pouvez arriver avec un seul exemplaire et que vous avez la possibilité sur place de le faire photocopier : le BDE s’en charge gratuitement!). C’est également à ce moment que je rencontre un ancien Vilgénien qui a cubé à Henri IV, dans la cour de l’école. Nous échangeons nos impressions sur les concours et sur les épreuves orales; puis il me donne brièvement une appréciation de l’enseignement proposé à Henri IV.

Arrive l’heure d’aller me présenter pour mon épreuve d’anglais. Assis devant la salle je discute avec les deux personnes qui sont à mes côtés : une à passer son épreuve d’économie et son sujet était beaucoup moins sympa que le mien : “Assiste-t-on à une inflation des diplômes?”. L’autre qui ne l’a pas encore passé pose mille questions, inquiet, surtout qu’il a entendu parler d’autres sujets du type : “L’individu et la société dans les analyses de Weber et Durkheim”.

On rentre préparer notre texte : le mien parle de l’American Citizenship Test. Plutôt intéressant; mais je ne comprends pas tout. 20 minutes et hop! , on m’emmène dans la salle. je refuse d’avoir des spectateurs. Le jury, composé de deux femmes, m’accueille. Je fais mon résumé et mon commentaire, en disant que ce test est absurde : la citoyenneté ne se mesure pas avec des connaissances géographiques, historique, etc… même si cela permet de comprendre un contexte actuel. On discute, tout se passe bien, jusqu’à ce qu’une des personnes du jury me soutienne que les gens des ghettos connaissent Rachida Dati : son origine, ce qu’elle a fait, etc… et qu’elle aura certainement une influence sur le développement des cités et l’intégration de ces quartiers… dubitatif je m’obstine à lui dire que non et me retient de lui dire que certainement elle n’a jamais du sortir de Paris et faire un tour dans le 93. Bien évidemment il m’est difficile de le dire moi-même car je suis à peu près dans le même cas, et finalement nous parlons tous les deux de quelque chose que nous ne connaissons pas. J’abandonne, et l’entretien se finit; je m’en vais.

Je retrouve l’ex-Vilgénien à midi pour aller déjeuner. Ayant participé à la journée de l’ESCP-EAP “Passeport Pour l’Oral”, je sais qu’il ne faut pas se laisser avoir dans cette cantine : les frites et les pizzas sont au fond de la salle, cachées. On déjeune, puis je vais faire un tour au BDE, pour finir mes questionnaires. Je discute un peu avec des personnes du BDE; elles me racontent comment s’organise la scolarité, ce qu’elles pensent de l’enseignement (intéressant) et des possibilités offertes par l’école. C’est instructif et ça donne vraiment envie d’y aller.

L’épreuve d’entretien approche. Encore une fois je suis conduit à l’étage où l’action se passe, et on me poste devant ma salle. Je suis dans la première session de l’après-midi : le jury fait connaissance avant de me demander de rentrer. Je les entends parler de choses et d’autres, et une chose attire mon attention : “Bon, alors il ne faut pas parler des transsexuels…”. Petits rires. Ouf, ça fait déjà un sujet embarrassant en moins! Enfin ils viennent me chercher, me proposent une boisson (je prends de l’eau). Ils se présentent… mais je ne me souviens pas de grand chose, si ce n’est qu’il y avait deux chefs d’entreprise, et une personne de l’administration. Je me présente à mon tour; directement une question pour que j’explique les raisons de mon manque de mobilité (sur le questionnaire est demandé de relater nos expériences de l’étranger : je n’en ai mis que deux). Je suis honnête et dit qu’il s’agit de raisons financières. On me demande alors pourquoi je n’ai pas travaillé, pour “mettre du beurre dans les épinards” (car il faut aussi dans le questionnaire mettre nos expériences professionnelles). Je dis que je ne sors pas constamment et que quand je sors je ne dépense pas énormément; mais que j’ai bossé à deux reprises, et que si je ne l’ai pas mis dans mon questionnaire c’est parce que c’est inintéressant et que ces expériences ne m’ont rien apporté (le travail était nul, et je travaillais chez moi je n’ai donc rencontré personne). Puis on embraye sur mon projet professionnel. On me pose différentes questions pour approfondir… je vous passe les détails. Je ne mettrai ici que quelques questions gênantes : “Que pensez-vous de l’ouverture du secteur de l’électricité aux entreprises privées?”. Je dis que c’est intéressant pour le consommateur mais que j’ai peur que les PME qui vont y avoir accès, comme Poweo, ne fournissent pas un service de qualité. “Est-ce que vous connaissez un autre pays où cela aurait déjà été fait?”. Je pense à l’Allemagne mais hésite; et finalement on ne me laisse pas répondre et on me dit directement que l’Allemagne l’a déjà fait il y a 7 ou 8 ans. “Est-ce que vous pensez que le service dans ce domaine pose problème en Allemagne?”. On en entend pas parler, alors j’avance l’hypothèse que certainement cela fonctionne plutôt bien. “Alors pourquoi pensez-vous que cette même mesure va poser des problèmes en France et que les services seront de moins bonnes qualité?”. J’hésite : je parle du fonctionnement de l’économie allemande autour des PME et de la différence avec la France où ces entreprises ont du mal à sortir la tête de l’eau. “Quelles sont les qualités que vous avez qui vous amènent à penser que vous feriez un bon manager ?”. J’ai l’esprit d’équipe, je suis quelqu’un de persévérant, et … and, well, I know how to manage a group, I’ve been captain of a volley-ball team (et oui, à l’ESCP-EAP, on peut vous poser deux ou trois questions en anglais, pour tester votre réactivité : moi on m’a coupé en plein milieu de ma phrase). “And what is your biggest weakness ?”. Une idée, vite… Hmmm… I’m too gentle, too cool. “What do you mean ?”. I mean that maybe people can rebel easily with me…

Je sais, c’est minable, mais que voulez-vous? Enfin voilà, on revient en français à la demande d’une des personnes du jury qui veut me parler de mes expériences professionnelles. Une personne dans le jury aime me taquiner depuis le début et m’enchaîne sur des questions du type “Que pensez-vous de la loi qui est passée sur les golden parachutes ?”. “Pensez-vous que la TVA sociale soit une bonne chose ?”. “Quelle est la question que vous n’aimeriez pas qu’on vous pose ?” (Là j’ai dit un truc stupide, car je m’attendais à ce qu’ils me la posent : “Que vous me demandiez de vous appeler chacun par un nom d’animal”. Ça a eu le mérite de les faire rire). “Et au contraire que vous voudriez qu’on vous pose ?”…

L’entretien se finit, et je ne suis pas mécontent. C’était même plutôt plaisant. Je retourne dans le hall d’accueil et discute avec un mec de l’école. Je fais aussi un ping-pong avec une fille de l’école (à ce propos : c’est vraiment très dur de faire un ping-pong quand on est en costard. C’est l’humiliation).

Il est 16h30 et je me dirige vers la salle où se déroulera ma dernière épreuve : l’espagnol. Rien d’intéressant à dire, vu que mon texte était inintéressant : il parlait des vieux en Espagne, de leur situation, et pour un article d’El Paìs c’était écrit bizarrement (le journaliste se prenait pour un romancier… ou alors c’était un romancier qui voulait s’essayer au métier de journalisme, je ne sais pas). Le jury me pose des questions et me fait répéter plusieurs fois la même chose… ça m’agace, eux aussi. Je fais des fautes… de toute façon la journée est finie et ça n’est pas plus mal.

Il est 17h30 et après avoir parlé avec une fille que j’avais rencontrée un peu plus tôt avant l’épreuve d’espagnol, je file prendre le métro pour rentrer chez moi et me préparer pour passer l’ESSEC, le lendemain. The show must go on…

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