to fly over the rainbow so high (Yves Larock)
Dimanche 21 juin, en fin d’après midi, nouveau départ depuis la gare Massy Palaiseau, cette fois en direction de Lille, où pour une fois j’arriverai assez tôt pour pouvoir profiter de la soirée entre admissibles et admisseurs. Je m’installe donc à ma place et commence comme d’habitude à regarder mes plaquettes d’école et mes journaux rejoint quelques gares plus tard par une fille de mon âge qui s’installe à côté et qui sort de son sac ses plaquettes de l’ESC Lille et de l’EDHEC. Pas besoin de connaitre le but de son voyage, je crois… :D
C’est donc après une petite heure et demie de trajet que le train entre en gare de Lille Flandre, où pour une fois je repère sans trop de difficulté mon admisseur récupérateur, qui n’est autre que Julien Peschard accompagné d’Hélène (j’ai perdu le nom de famille !) et de notre chauffeur (le pauvre, systématiquement j’oublie son nom et son prénom !)
Nous voilà donc partis en compagnie de deux autres admissibles eux venus de Lyon dans la navette où on nous demande si nous nous sentons près à battre le record du plus long squattage à l’EDHEC (83 h, soit environ 4 jours !) détenu par un admissible qui visiblement à eu le coup de foudre pour Lille. Le trajet d’environ un quart d’heure, nous fait enfin découvrir l’EDHEC, du moins uniquement le foyer pour l’instant : nous sommes dimanche et le reste du bâtiment est fermé jusqu’à demain.
On s’inscrit, on recoit nos clés de chambres ainsi que des plaquettes EDHEC spécialement pensées pour les prépas (elles sont déjà fichées :D) et on découvre ainsi le foyer, avec distributeurs gratuits spécialement pour l’occasion, tables de ping pong, jeux de Guitar Heroe et de PES ainsi qu’accès Internet, bref un coin fort sympathique, en attendant que tous les admissibles attendus pour le diner nous rejoignent.
Après quoi départ à nouveau vers le vieux Lille où commence à s’organiser la fête de la musique, direction « Flam’s », restaurant de flammenkueches à volonté où nous faisons progressivement connaissance avec une partie de l’équipe d’accueil (Estelle et Marie Camille , petite pensée pour vous) qui nous explique le fonctionnement de certaines assoc’ spécifiques à l’EDHEC, nous conseille quant à notre questionnaire à remplir (EVITEZ de dire que vous auriez souhaité assister à la chute du mur de Berlin, apparemment les jurys y ont droit depuis qu’il n’existe plus !), et avec qui nous passons une excellente soirée. Après quoi retour en navette pour l’école, nous permettant ainsi d’apercevoir la ville illuminée et en pleine fête de la musique (mais POURQUOI je passe demain et suis donc obligée de me coucher tôt ??) Nous récupérons nos bagages et partons ensuite vers la résidence universitaire située dans la rue en parallèle et le charmant admisseur qui nous montre le chemin me prend d’autorité ma valise des mains pour monter les escaliers (c’est sympa d’être UNE bizuth… surtout quand votre chambre est au quatrième étage !! :D) Je m’installe donc dans ma chambrette, percoit les bribes de chansons de la fête de la musique, mais me résigne néanmoins à une ultime relecture de mes fiches. Par chance, en ayant choisi l’après midi comme créneau de passage, je ne suis convoquée qu’à 11h et ma nuit est donc un peu plus longue que celles dans les autres écoles. Je suis néanmoins prête un peu plus tôt le lendemain, et en profite donc pour me rendre à l’école en avance histoire de profiter un peu de l’ambiance avant d’attaquer les entretiens.
J’ai donc ainsi droit à une visite détaillée d’un des villages des assoc ‘ de l’école par Julien Peschard qui m’explique notamment le fonctionnement de certaines, comme « Ed my cible », crée par des élèves venus de Vilgénis, et consacrée à l’accueil des admissibles de chaque année. Je rencontre également le président et le trésorier de l’AJE (assoc’ qui se consacre à la promotion de grandes entreprises) ainsi que de nombreux membres du Chti (qui se consacrent à la réalisation chaque année d’un guide gratuit et complet de la ville) Le temps passe donc assez vite, et me voilà de retour à l’accueil de l’école où je remet mon questionnaire et où je retrouve Marine Ruols. On discute tranquillement en compagnie de Julien puis nous voilà conduits dans l’amphi où le directeur de la scolarité nous fait un bref discours (un bon point pour toutes les écoles que j’ai pu faire jusque là : elles ont toutes optés pour des discours assez courts mais qui du coup retiennent bien plus l’intention) , réussit à placer durant sa présentation le mot « ostréiculteur » (défi du jour lancé par ses étudiants) et conclut en nous re-félicitant pour nos admissiblités et en nous souhaitant bonne chance. Très sympa donc, puis nous partons dans une petite salle où croissants et boissons sont mis à notre disposition en attendant nos convoc’ qui arrivent assez vite. J’attaque l’entretien à 13h50, l’anglais à 15h30 et enfin l’allemand à 16h50 : cool cela veut dire que je peux avancer mon billet de train d’une heure et m’éviter de me pointer à Gare du nord à plus de 21h ! Il est alors environ midi et nous descendons déjeuner au foyer, assister à la diffusion de films sur l’école ainsi que la choré de cette année (pas mal, pas mal ! =D), je gagne une paire de super chaussures après tirage au sort (héhé), le tout jusqu’à 13h50, heure de début des épreuves.
Je pars donc, guidée, vers la salle Bonduelle (eh ouais, l’EDHEC a de vrais sponsors) où on me fait entrer assez rapidement. Mon jury, deux hommes et une femme ; se présentent et me prie de bien vouloir me présenter. J’optempère, parle quelques minutes puis ils enchainent en me priant assez froidement de détailler un peu de mon travail chez Celio. Pour être honnête, le climat est tout sauf agréable : un des deux n’ouvre pas la bouche de l’entretien tandis que le type au centre et la femme cherchent la petite bête. Mes relatives prises de responsabilité sont jugées d’ordre « domestique », je leur cloue le bec quelques secondes en répliquant que j’ai quand même pris la responsabilité de lâcher l’ESSEC pour pouvoir aller à l’EDHEC. Néanmoins tout l’entretien a lieu sur un ton désagréble : je manque d’ambition et « choisis la facilité » en n’ayant pour l’instant comme projet d’avenir que d’être capable de concilier vie professionnelle et privée, ce à quoi je rétorque que je suis heureuse pour lui qu’il ait pu y parvenir si facilement mais que ce n’est pas toujours si simple. Je réussis donc à me contenir et à ne pas paraitre trop défensive et agressive. Eux, par contre, n’ont pas ces scrupules : « Imaginez, vous avez une vie de famille épanouie et on vous propose un avancement à votre travail qui implique que vous allez passer moins de temps avec vos proches, que faites vous ? » (tiens c’est drôle, finalement ce n’est plus aussi simple de concilier ces deux aspects de la vie !) Je réponds que tout dépendra du contexte. « Ben vous avez un mari ou un compagnon, deux ou trois enfants, ca vous suffit pas comme contexte ?? » Charmant… J’explique que non, que cela dépendra de l’âge de mes enfants, si éventuellement ils peuvent être un peu plus autonomes et aussi si mon conjoint peut éventuellement compenser mon absence et j’insiste sur le fait qu’avant tout je chercherai à en discuter sérieusement avec les deux partis. Rien n’y fait, vraiment ceux là mordent. « C’est quoi votre page d’accueil Internet ? » ( ?) « Et pourquoi Orange ? D’accord, c’est l’ordinateur de vos parents, mais pourquoi ne pas en changer ? » (parce qu’ils en ont besoin pour l’accès direct à leurs mails, andouille !). « Et si vous aviez votre ordi, quelle serait votre page d’accueil ? » Pfff…. Ils me demandent ce qui m’a frappé dans l’actualité récente, je parle du vote en Iran, « Et la crise économique, c’est pas plus grave ? » Je réponds que lorsque le droit de vote et les droits fondamentaux sont ainsi remis en cause, ca me parait quand même plus important (et pan !)
Enfin, bref, je sors de cet entretien très découragée, et décide d’aller un peu au bar à oxygène pour penser à autre chose. Les admisseurs que j’y retrouve font de leur mieux pour me remonter le moral et Estelle m’emmène d’autorité voir les jeunes ostéopathes venus pour l’occasion afin de profiter d’un petit massage de relaxation qui j’avoue fait du bien.
Je repars ensuite pour l’entretien d’anglais qui lui a lieu dans une atmosphère très différente : je tombe sur un texte sur les régimes, et axe mon commentaire sur des références comme Bridget Jones (une chance : on est toutes les deux fans des bouquins) puis elle me demande de me parler un peu de moi : on parle baby sittings, elle me confie qu’elle aurait adoré pouvoir de temps en temps « refiler ses quatre fils à quelqu’un histoire de récupérer », on rit beaucoup et on en oublie le temps qui passe. Je ressors donc un peu consolée, profite de mon heure de battement pour changer mon billet sur Internet et repars pour l’allemand. Je planche 20 minutes sur mon texte consacré à la manière dont la haute couture est touchée par la crise et j’entends distinctement le candidat qui passe avant parler un allemand sans défaut. Ca part bien… Je passe à mon tour, par chance, le prof n’a pas l’air de me saquer pour autant, on discute un peu, je lui parle un peu de moi et le tout passe plu rapidement que je n’aurai cru. Il est 17h40, ma navette part à 18h et je suis à l’autre bout des bâtiments : c’est donc une peu la course pour rendre ma feuille de convocation signée par les différents jurys, courir jusqu’au vestiaire pour me changer en quatrième vitesse et redescendre au foyer faire mes adieux à Julien et à Romain Traska. Je récupère mon kit d’admissible (j’ai un mug EDHEC !) puis départ vers Lille Europe où je récupère mon nouveau billet, retrouve un de mes deux potes lyonnais dont le train part juste après le mien et rencontre un contrôleur chtimi adorable (« Ch’ peux vous aider ma petite dame ? Vous allez à Paris ? Ch’ est l’quai là bo. Là où ya tout l’monde, quoi ! ») Départ de mon train et arrivée en une heure à peine à Paris. Ca serait quand même bien, d’aller à Lille…
Bref un bilan un peu mitigé pour l’instant et je regrette un peu d’être tombée dur une série d’admissibles (à l’exception de mes deux lyonnais) qui n’ont pas cessé de rabâcher qu’ils étaient admissibles aux parisiennes et ont fait comprendre à tout le monde qu’ils étaient venus là pour s’entraîner, rendant ainsi l’ambiance un peu moins festive. Mais qu’ils y aillent et qu’ils me laissent l’EDHEC ! (en tout cas, mon cahier de vocabulaire anglais a adoré le coin puisqu’il a choisi de me laisser rentrer sans lui sur Paris et de faire sa vie à Lille… )
A bientôt à Grenoble !