Five, six, seven o’clock, eight o’clock, rock,
Nine, ten, eleven o’clock, twelve o’clock, rock,
We’re gonna rock around the clock tonight. (Buddy Holly)
Une valise fraichement refaite et mon sac à la main, je composte mon billet pour Toulouse à Massy Pal, et embarque pour 5h de train (j’aime pas l’avion, l’ais je déjà dit ?^^) que je meuble avec la lecture de la plaquette de l’école, mon journal, mes podcasts (soyons honnêtes, j’ai vite remis ma musique ^^) et des moments de somnolence pour enfin arriver vers 20h et des poussières à Toulouse Matabiau où je tourne quelques minutes en cherchant en vain des gens de l’ESC. Soudain mon téléphone sonne, la chauffeur me cherche aussi et me fixe un point de rencontre où je la rejoint effectivement. En compagnie d’une autre admissible on arrive à la voiture où elle me demande, un peu étonnée : « T’as pas de valise ? » Ah oui, j’étais tellement contente de les avoir retrouvées que j’en ai laissé ma valise au point de rencontre… Ce détail rectifié, départ pour l’ESC où l’on pointe, paye d’avance nos chambres et récupère nos clés pour la résidence qui est réellement à deux pas. Etant arrivée tard, je ne peux pas participer au restau d’accueil (j’avais été prévenue quand j’ai appelé quelques jours auparavant pour donner mon jour et mes heures d’arrivée) : je ne verrai donc Sarah (qui est arrivée un peu tôt dans la journée) et Steve (qui a passé ses oraux la veille et a prolongé son séjour) que demain !
Je découvre donc ma chambre, un duplex avec mezzanine comprenant cuisine, frigo et salle de bain (pas mal !), déballe mon barda et me prépare à une nuit tranquille histoire d’être présente demain à… 7h.
Après le branle bas habituel du lavage, maquillage et habillage, me voici le lendemain dan la cafétaria le lendemain avec tous les admissibles parmi lesquels je retrouve Sarah. Ambiance un peu tendue par le stress, tout le monde semble impeccable dans nos tenues d’oraux, je suis en train de faire rire les admissibles que je viens de rencontrer en racontant qu’au ceram j’ai rencontré des amis de ma prepa « fatigués » de leurs oraux quand résonne un cri (hurlement) : « ANOOOOOOUUUUCK ! »
Toutes les têtes se tournent et surgit dans la cafétaria Steve, vêtu d’un sweat et d’un bermuda, vraiment… très fatigué ^^ C’est donc après ces retrouvailles bruyantes (si peu, si peu…) que nous sommes appelés pour la présentation en amphi de l’école, ainsi que le discours du directeur. Celui-ci plaisante avec ses élèves, avec nous, fait un discours assez modeste (ca fait du bien aussi de temps en temps de ne pas toujours entendre des longs discours à la gloire des écoles et de l’argent qu’on va gagner !), bref est charmant. Les admisseurs diffusent ensuite des vidéos sur les assoc’, sur l’école, organisent une série de sketch, et… je deviens connue comme le loup blanc dans toute l’école (mais je ne pourrai vous dire pourquoi qu’après les oraux, je vous expliquerai tout…)
Sur ce, premier appel : mon entretien va commencer (à Toulouse, les oraux ont lieu sur une demie journée et on est appelé au fur et à mesure sans convoc’) : en compagnie d’autres admissibles, je me rends au premier étage où on me remet la feuille que je dois faire signer par les jurys au fil des entretiens, puis me rend en salle de tirage.
A Toulouse, l’entretien se base également sur le tirage au sort de deux sujets d’actualité ou sociétaux et la réalisation d’un exposé de 5 minutes également à partir de l’un deux. Je pointe donc, attrappe mes papiers :
- Boire ou conduire, il faut choisir
- La semaine du développement durable
Je choisis donc le premier des deux (ne souriez pas ironiquement, s’il vous plait !) suit la jeune admisseuse en tee shirt rouge et blanc vers la salle de composition où je planche vingt minutes avant d’être à nouveau appelée.
J’attends donc devant la salle de mon jury qui ne tarde pas à me faire entrer : deux hommes et une femme, qui m’invitent à m’asseoir, me mettent un verre d’eau à portée de main et précisent qu’ils ne sont pas là pour me piéger, mais bien pour mieux me connaitre.
J’attaque donc mon entretien de 45 minutes par mon bref exposé, que je développe rapidement et conclut pile dans les temps. L’homme au centre me propose alors une situation : j’ai des enfants (des garçons, précise-t-il) et la femme me demande très poliment comment je réagirai si l’un d’eux rentrait ivre un jour. Je ravale la réponse la plus sensée selon moi (autrement dit éviter d’avoir des enfants) et répond que je le laisserai récupérer avant d’essayer d’en parler avec lui, histoire de savoir si cela arrive fréquemment ou bien si c’est juste un « accident ». J’insiste sur le fait de ne pas faire l’autruche mais plutôt d’instaurer un dialogue.
« Et que feriez vous si il fumait du cannabis ? » (mon très hypothétique fils accumule décidemment les vices !) Ma réponse est proche : je ne chercherai pas à interdire, mais plutôt de discuter. « Et avec déjà été ivre mademoiselle ? » (Ouuuuuh !) Non madame, cela ne m’est pas arrivé mais je me suis déjà occupé de personnes ayant trop bu, etc… J’en profite pour évoquer les soirées du BDE, explique qu’une de mes camarades en est la présidente et que j’ai déjà participé à l’organisation de la soirée de première année. La femme a l’air satisfaite, eux aussi et je suis priée de sortir quelques minutes de la salle pour qu’ils discutent de l’exposé (spécificité de l’ESC Toulouse)
5 minutes plus tard ils me font rentrer dans la salle et me demandent par ce que je voudrais qu’ils sachent de moi. J’évoque donc Célio, mes expériences de baby-sitter et la discussion s’engage progressivement sur un ton vraiment agréable. Ils me demandent ce qui m’intéresse à Toulouse, j’évoque les 50 heures consacrées à la collectivité qui sont au programme, puis : « Puis je vous poser une question aussi sotte que grenue, Mademoiselle ? » « Mais faites, je vous en prie » « Si nous étions des animaux… » (aie aie aie) « … que serions nous ? »
Ils rient face à mon visage catastrophé, tandis que je cherche désespérément comment sortir de ce mauvais (dans ces moments là ca ne loupe pas, seuls deux ou trois noms d’animaux vous viennent, et pas forcément les plus adaptés…) Je n’ai pas le choix, et me lance donc en me tournant vers l’autre homme qui pour l’instant ne m’a pas encore posé une question : « Je suis désolée Monsieur, mais vous me faites penser à un lémurien » Il éclate de rire, me demande pourquoi, je lui explique que depuis le début de l’entretien il ne m’a encore pas posé une question, mais s’est contenté de me fixer. « Je pense que vous m’analysez, Monsieur » « Vous pensez que les lémuriens ont une grande capacité d’analyse ? » « Eh bien, disons qu’ils ont vraiment un regard scrutateur…. » L’ambiance est très détendue et continue à l’être tandis que je compare l’homme au centre à un zèbre (heureusement qu’il porte une chemise blanche et noire, car je ne voie pas du tout à quoi le comparer…) et je conclue en comparant la femme à un chimpanzé, à cause de sa gestuelle. Elle rit aussi, et me demande la faveur d’être au moins un chimpanzé femelle, chose que je lui accorde. La discussion tourne enfin autour de la créativité, le lémurien me demande si c’est moi qui est confectionné mes boucles d’oreille et le zèbre me demande ce que j’ai pensé de l’entretien. Je répond que je l’ai trouvé agréable, que j’ai été honnête et que j’ai apprécié d’être face à des jurys qui savaient sourire. « Mais les pires carnassiers ne sont ils les plus souriants, Mademoiselle ? » Peut être bien, Monsieur, mais ca passe mieux !
Je les salue donc et sort assez contente : qu’ils me saquent ou pas, cet entretien est celui où j’ai été la plus naturelle et la plus franche en deux ans de prépa, cela fait du bien ! Je me rend donc au bureau d’accueil auprès duquel je dois donner ma fiche après chaque entretien en attendant le suivant. Je tends ma feuille, la secrétaire l’attrape… et je suis appelée au micro en salle de tirage pour l’anglais. Souriante, elle me rend ma feuille et une admisseuse surgit et me dirige vers la salle en question où le sujet m’est remis. Je pars donc composer 20 minutes sur la politique d’Obama au sujet de la prison de Guantanamo, puis passe un entretien très agréable avec l’examinateur. J’en sors encore souriante pour retourner au bureau et rebelote : à peine ais je donné ma feuille que je suis appelée pour l’allemand. Je sors assez contente de cet entretien également qui a tourné autour de l’abstention allemande aux élections européennes et la victoire des partis écologistes : c’était moins fluide qu’en anglais, l’examinatrice était un peu ouverte, mais j’ai l’impression de ne pas avoir fait quelque chose d’épouvantable.
Tout s’est donc bien enchainé et à 11h40, me voilà libre de profiter de l’école ! Je retrouve Sarah, on part déjeuner à la cafét avec des admisseurs et des admissibles, avant de faire un petit tour de l’école et d’aller réveiller Steve qui dort aussi dans une chambre universitaire. Malheureusement, mon train part assez tôt en fin d’après midi et je quitte l’ESC Toulouse en avance pour aller voir des membres de ma famille toulousain avant de repartir sur Massy, fin prête pour de futures bandas avec mon tee shirt de l’école et mon foulard rouge.
Moralité :
- si vous pouvez n’hésitez pas à prendre l’option « residence universitaire » pour votre logement : vous aurez une chambre à vous avec salle de bain individuelle et la certitude de bien vous reposer (c’est pas toujours sûr chez l’étudiant) le tout pour environ 15€
- si possible essayez d’arriver assez tôt en début de soirée, vers 19h grand maximum, pour faire la sortie au restaurant avec les gens de l’école qui permet vraiment de voir l’ambiance qui y règne. Je n’ai pas pu le faire et suis repartie un peu trop tôt pour pouvoir tout voir, y compris la ville et c’est vraiment dommage !
Prochaine étape : l’EDHEC !
PS une mention spéciale pour l’organisation des oraux à Toulouse où vraiment il n’y a rien à redire et également pour le peu d’ambiance que j’ai pu voir, mais qui était pour le moins festive !