Archive pour juillet, 2009

Je suis tombé pour elle…

je n’ai d’yeux que pour elle … (Pascal Obispo)

Le train roule, les podcasts résonnent dans mes oreilles et je lis distraitement ma plaquette, cette fois celle de Grenoble où j’arrive en début de soirée. La gare est tapissée d’affiches pour l’école, il y a même des pannonceaux pour nous indiquer le chemin vers le hall d’accueil de la gare et le stand des admisseurs de l’école. On pose nos valises et on traverse la rue pour rejoindre tous les autres admissibles installés au bar en face de la gare pour le pot de bienvenue. J’y croise Pierre, qui lui repars et fais ainsi connaissance avec de toutes nouvelles têtes, plus unes ou deux que j’ai déjà croisées dans d’autres écoles (très angoissant d’ailleurs, parce qu’elles se souviennent très bien de mon prénom alors que je ne me rappelle même pas de les avoir vues !) Vient ensuite le moment du resto, où je découvre le principe de base à Grenoble : là bas les carafes d’eau n’existe pas, on boit au minimum du rosé ! Je ne me plains pas et m’initie peu à peu aux chants d’admissibles (« Toc toc toc » « Et qui est là ? » « C’est Mozart ! » « Mozart ? Quel drôle de nom ! Et pourquoi pas libellule ou papillon ? »  « Non non non ! C’est Mozart parce que… Mozaaaaaarmes citoyens, formez vos bataillons…. ») et profite ainsi d’une ambiance plus qu’endiablée qui se prolonge jusque vers 22h30. Je récupère alors mes valises et tente alors désespérément de dénicher mon hôtel qui est dissimulé dans de petites ruelles un peu à l’écart escortés par trois ou quatre admisseurs croisés sur la route alors qu’ils partaient en soirée et qui n’ont pas hésités à annuler pour pouvoir m’aider à retrouver ma route. Je finis donc par retrouver le chemin de ma chambre et passe une nuit calme mais courte étant donné que je dois être sur place autour de 7h.

J’arrive donc le matin à l’ESC, à deux pas de l’entrée de la gare et reste bouche bée devant la taille et la beauté du bâtiment, très moderne, tout en bois et en métal. Direction la cafét  pour le petit déjeuner, puis l’amphi pour un discours rapide et clair du directeur suivi du film des admisseurs et une série de sketch très réussis autour du thème de cette année qui n’est autre que l’aventurie ,alias Indianna Jones, magnifiquement incarné par un des membres du BDE. Je passe donc un super agréable moment, meuble un peu le temps d’attente pour mon premier oral de langue en choisissant l’association à qui va être versé l’argent ayant du normalement être employés à l’achat de nos cadeaux de bienvenue, puis est rapidement appelée pour préparer l’anglais. Mon texte traite de la crise et de ses répercussions sur le moral des citoyens, sujet où je ne suis pas toujours trop à l’aise mais je réussis quand même à m’en sortir et finit par entamer un agréable dialogue avec l’examinateur. Je ressors donc assez contente et embarque cette fois pour préparer l’oral d’allemand à partir d’un texte traitant des problèmes de plagiat sur Internet par les étudiants lors de leurs devoirs. Je comprends le texte, j’ai des idées et des trucs à dire, mais l’entretien demeure catastrophique, je bafouille, les mots comme « tragen », « dürfen » m’échappent, le regard apitoyé d’examinatrice ne m’échappe pas, bref c’est une catastrophe.  Espérons que l’anglais rattrape, vu que les coefficients sont les mêmes mais c’est un peu décue que j’attend d’être appelée pour l’entretien. Quand l’heure vient, quatre sujets s’offrent à moi :

-          Une citation : « Certains sentent venir la pluie, d’autres se contentent d’être mouillés »

-          Une carte de géopolitique : « L’impossible remboursement »

-          Un sujet sur l’Europe (il me semble)

Je choisis donc la citation et planche dessus pendant vingt minutes avant d’être conduite à mon jury : une femme, professeur à l’ESC et présidente du jury (et qui ne peut donc être interviewée), un ancien élève de l’école et directeur de recherche à l’IEP de Grenoble et enfin une prof d’anglais avec un accent très marqué (je décide en l’entendant se présenter que je vais plutôt  interviewer le gars, vu que je galère pour comprendre ce qu’elle me dit) Je me présente rapidement, vu qu’ils ont déjà mon CV sous les yeux,  suis poliment priée de commencer mon interview et là… BONHEUR ! Le gars est passionné d’armes médiévales et organisent des foires et fêtes autour de ce thème, alors que j’ai mentionné ma passion pour Aliénor d’Aquitaine dans mon CV ! On discute là-dessus, le gars tente plusieurs questions pièges histoire de voir si je suis aussi fan que je le prétends, et je m’en tire sans problème. Leurs sourires se font francs et la discussion s’enchaine : est ce que je m’identifie à un tel personnage, peut on considérer cette reine comme féministe, bref un terrain où je me sens plutôt à l’aise. On parle avenir, autres passions et les minutes passent sans qu’on s’en rende compte.

C’est donc plutôt heureuse que je sors de la salle, et tombe directement sur Nicolas Fouilleret, qui a vu mon nom sur les listes et m’offre une petite visite de la ville, avec ses rues piétonnes, son petit tram tout neufs, ses œufs qui offrent une vue panoramique sur la ville et nous repartons à nouveau au petit bar qui regroupe tous les admissibles. Pour une fois que je reste sur place après avoir passé mes entretiens, je peux enfin profiter à fond de la soirée avec les admisseurs, qui se prolonge après le restau dans un énième bar puis dans l’appart d’un des admisseurs. Je rejoins mon hôtel vers les 3h du matin et repars vers Paris en fin de matinée, des images pleins la tête.

Mince…. C’est ca le coup de foudre ?

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You got me sayin’

“Ayoooo, I’m tired of using technology” (Ayo technology, Milow)

S’il y a un truc que je dois vous conseiller pendant les oraux: évitez de perdre votre téléphone portable.

Juste après avoir fini le marathon HEC des 4 jours d’oraux (ca commence fort), j’attaque ma 2ème école: Audencia Nantes. Je prend donc le TGV depuis Massy direction “naingtes!” (a prononcer avec l’accent du sud, comme le chauffeur de mon train ce jour là). La chance étant avec moi, la batterie de mon téléphone me lache au milieu du trajet, et une fois arrivé, me voila partit a la recherche de mon logeur qui doit m’attendre à la gare de nantes, sortie sud. après avoir dévisagé chaque passant entre 10 et 35 ans en me demandant à quoi pouvait ressembler un audencien, je renonce à le trouver et j’appelle depuis une cabine, il m’attendait sortie nord, ca commence bien.

Si je peux vous donner un autre conseil, allez dormir chez l’étudiant à nantes, ca vaut vraiment le coup! Je fait donc connaissance avec Thomas (mon logeur) qui m’emmène dans la coloc de ses amis baptisée “le tire-fesse” (la colloc, pas ses amis) en l’honneur de leurs origines savoyarde. En chemin il m’explique qu’il fait partie du BDS, il est chargé d’organiser le sémineige d’Audencia, un séjour au ski d’une semaine, bref, ça à l’air trop bien! On arrive donc au Tire-fesse ou je fais la connaissance de deux autres audenciens (eux aussi membre du BDS) et de deux admissibles très sympas qui logaient là. On parle de l’école, de la vie là bas, j’apprend qu’à Audencia, chaque coloc a un nom qui va du très sobre “le trois mats” au plus subversif “le bordel” (tenu par trois filles, soit dit en pasasnt). Pour la suite du programme, tous les admissibles et admisseurs on rendez-vous au “bateau-lavoir”, un bar près de l’Erdre (le fleuve qui traverse nantes). Entretemps, Thomas me ramène chez lui pour que je pose mes valises, j’arrive dans son minuscule mais néamoins très sympathique appart, je pose tout, je cherche mon téléphone pour le mettre à charger (plus de batterie vous vous rappellez?): dans mon sac, pas de téléphone. Je retourne toutes mes affaires, il n’y est plus, j’ai du le perdre dans le train quand mon sac dest tombé, bref, la grosse panique, tous mes numéros sont dedans, ça s’annonce mal… Nous allons quand même au bateau-lavoir, je tente d’oublier mon téléphone, résoluement perdu quelque part entre paris et nantes. Ce bar porte bien son nom, il s’agit d’une sorte de bateau mis sur le quais, super ambiance, tous le monde discute, admisseurs et admissibles confondus, je rencontre des membres du BDE, du BDA, des admissibles de toute la France, super soirée, vraiment, les nantais on même réussi a me faire oublier que j’avais perdu mon téléphone, c’est dire! Nous rentrons vers minuit chez Thomas pour dormir, une grosse journée en perspective.

Vers 6h30, j’embarque dans le tramway nantais, direction Audencia, Thomas m’explique à l’occasion qu’aucun audencia ne paye son tiquet de tram, gardant toujours un tiquet pret a composter en poche si jamais un controleur se pointe. Arrivée à l’école, déjà, la couleur est annoncée: elle est magnifique! Le foyer est remplie de Wii, baby foot et autres tables de ping pong te laissant croire dans un moment d’égarement que tu es au club med, l’accueil est vraiment fou, je ne vous parle pas de la vidéo de présentation du BDE qui fait franchement rêver, dans un amphi rempli d’admisseur survolté criant régulierement “t’es ou AUDENCIA???”-”On est LAAAAA!!!”, finissant par se jeter sur scène pour entamer une chorée délirante, bref, un vraie présentation qui donne VRAIMENT envie!

Je pourrais vous parler de l’école pendant des heures tellement elle m’a plus, mais parlons surtout des oraux. Ca commence par l’Allemand, et là, c’est vraiment moche. Un texte parlant vaguement du service millitaire, prétexte pour discuter sur l’intérêt métaphysique de celui-ci avec mon éxaminateur, un vrai désatstre. Passons sur cet épisode gérmanophone, il faut savoir que la LV2 compte vraiment peu a Audencia, et l’allemand est justement ma LV2 (merci mon dieu), pas trop de quoi s’inquiéter donc. Viens maintenant l’entretient: système particulier, vous tirez deux sujets (une citation et “un concept”) et vous en préparez un censé “amorcé” votre entretient. Je tire “que de choses il faut ignorer pour agir!” et “l”innatendu” (conceptuel, en effet), bonheur bonheur! Je prend la citation. Mon jury est composé de 2 personnes d’Audencia, je leur balance un commentaire illustré d’exemple de ma vie personnelle (en gros, des trucs que je voulais leur servir à l’entretient, c’est important de les placer rapidement car il n’y a pas de CV ni de fiche a remplir pour Audencia, à vous de leur dire dés que possible tout ce que vous voulez qu’ils entendent sur vous!). La discussion démarre ensuite sur des sujets plutot sympa: environnement, discrimination des femmes au travail, je suis assez à l’aise, le jury a l’air satisfait de mes réponses et ne cherche jamais à me piéger, je sors de là plutot satisfait!

J’ai deux heures a attendre jusqu’a mon prochain oral. Je file donc manger au RU avec les admisseurs et une admissible marseillaise rencontré à Audencia, amis vilgénois, sachez qu’un seul repa au RU de cette école vous fera oublier vos deux années de souffrance au self de vilgé. Ce qu’il faut aussi savoir d’Audencia c’est que tout le monde est gentil, même le concièrge qui me laisse volontier appeller ma famille avec le téléphone du standard, après lui avoir expliqué que mon portable avait pris des vacances. Je pars ensuite pour une visite de nantes en voiture (planning chargé oblige) avec deux admisseuse, de la même manière, je pourrais vous parler de cette ville pendant des heures tellement j’en suis tombé amoureux, donc un conseil (encore), faites la visite de la ville, et s’ils n’en font pas, demandez en une, ils l’organiseront exprès pour vous! Je reviens de ma visite, une admisseuse m’attrape par la manche: “hey, guillaume, c’est toi? quelqu’un est venu et m’a donné ça pour toi!” elle me tend mon téléphone. Je n’ai jamais su qui était mon ange gardien, ma mimi matie nantaise, ni ou elle avait trouvé ce téléphone, toujours est-il qu’audencia a retrouvé mon portable perdu, et ça croyez moi, ca change votre journée!

C’est donc le sourire au lèvres que je pars pour mon dernier entretient: l’anglais. Ici, le texte est plus un pretexte assez vite expédié pour engager la discussion sur vous, pourquoi audencia etc. La langue est fluide, ça se passe globalement bien, je sors satisfait. Ainsi s’achève mon dernier oral à Audencia, je file au vestiaire revêtir mon superbe T-shirt admisible audencia offert a mon arrivée à l’école, et je passe mes dernières heures au foyer avec les admisseurs et admissibles, autour du baby foot et de la table de ping pong (partie endiablée avec fabrice, rencontré par hasard), et c’est à contre-coeur que je quitte cette école avec la navette qui nous ramène à la gare. Je monte dans le train avec un sentiment bizzare, comme celui qu’on a lorsqu’on revient de vacances. Au fait, je vous ai dit qu’Audencia, c’était génial?

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