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La cabane au fond du jardin,

Moi j’y vais quand j’ai besoin. (Laurent Gerra, 1998)

En attendant des nouvelles de Nantes, je laisse la parole à Antoine, camarade de Vilgénis, qui revient de l’ESCEM :

Point n’ai besoin de vous dire, chers camarades de classe, que l’escem est L’ECOLE de commerce par excellence, celle dont tout le monde rêve, école de toutes les ambitions… Si tu veux devenir « cosmonaute » (dixit mon entretient de personnalité sur lequel je reviendrai plus tard), si ta cravate est moche (sic) parce qu’elle est violette, si tu veux vendre Chambord (dixit l’oral d’anglais), alors c’est l’escem qu’il te faut !

J’ai rdv à 12h30 le jeudi. J’arrive le mercredi chez mes grands-parents, qui habitent à 45 minutes de Tours en voiture. Jeudi : levé 6h, départ 7h30. Mon grand père me sert de chauffeur, nous sommes en Scénic, ça change de ma 205 de 1982… Nous arrivons sur le campus vers 8h30. Mon grand père a envie de se délester du poids urinaire qu’il a accumulé pendant le trajet, nous décidons ensemble de chercher la cabane, celle qui se trouve au fond du jardin… c’est le début d’un va-et-vient permanent vers les WC de la Kfêt qui ne se terminera qu’à 21h…

Je fais connaissance avec le bar, qui m’a l’air très sympathique : « bonjour bar, puis-je te prendre 5 croissants, 4 pains au chocolat, 5 verres de jus d’orange et un café ? » Le bar n’oppose aucune résistance… je m’empiffre, mon grand père suit l’exemple. Je fais enfin connaissance avec une jeune 1ere année, brune, aux fortes hanches, mais néanmoins assez sympathique. Je fais deux voyages dans la cabane. Elle décide de nous faire découvrir l’école. Mon grand père lui demande s’il peut se joindre à nous : elle répond « non » puis se ravise et, avec un joli sourire, l’invite à nous rejoindre. Nous commençons la visite par le bâtiment le plus sympa : l’amphi de 400 places (mais paraît il qu’on peut tenir a 1500…), la salle de la bourse ( des ordinateurs avec, en temps réel, les fluctuations de la bourse sur 4 places boursières : Francfort, Paris, Londres et New-York), à l’étage supérieur les pôles associatifs ( au passage elle me saoule avec son pole humanitaire…), puis tout près de cela, une salle de visioconférence pour converser avec le campus de poitiers. Dans le groupe, je repère une jeune fille qui n’arrête pas de poser des questions stupides du style : t’es originaire de quelle région de la France ? Ah ! Tu viens du pays de Braye, j’adore cette région…Non jeune fille, tu n’as pas compris, c’est après que tu devras sucer…Au bout d’une petite heure de visite, nous nous quittons amicalement, et, en compagnie de mon éternel grand-père chauffeur ( qui faisait des blagues que lui seul avait l’air de comprendre) nous rejoignons la Kfêt, temple de la perdition alcoolisée, où coulent la bière et le tropicana. Je vais faire un voyage à la cabane. Là mon grand père décide de partir à pieds vers le centre ville de Tours, qui se trouve tout de même à 3km…soit, la décision est prise. Quelques minutes plus tard, il doit être environ 10h30, on m’invite à faire un Poker. Une nana autour de la table persiste à m’appeler Maxime, je ne me déciderai à lui dire que je m’appelle Antoine seulement vers 15h. Les gens autour de table sont des disciples de Patrick Bruel, on dirait que le poker est une histoire de famille, à croire qu’ils viennent tous de Neuilly ou d’ipesup… Malgré tout, n’ayant jamais joué au vrai poker, je réussi à les mettre KO, je rafle la mise, ce jour s’annonce bien. Pendant le jeu, je fais deux voyages à la cabane. Pris dans le jeu, je ne vois pas l’heure qui tourne, déjà 11h45, je ne suis pas habillé, pas coiffé, pas parfumé, et cette foutue réunion à 12h30 dans l’amphi… Je quitte le jeu, et la fille me lance un « à tout à l’heure maxime ! », j’acquiesce d’un sourire.

Je file me préparer au vestiaire. Là j’y croise un strasbourgeois en train d’essayer de mettre sa cravate. Il a l’air bien habillé, c’est rare à Tours…Nous parlons tout en nous habillant, il me raconte sa vie, à vrai dire je m’en tape et suis en réalité en train de m’interroger sur ma tenue vestimentaire : dois-je mettre ma chemise parme et ma cravate violette qui font ressortir mes yeux, ou bien rester dans le classique en optant pour la chemise blanche et la cravate club de papa? Je choisi les couleurs rosées… je m’aime. Il est 12h10. La réunion est à 12h30 et je n’ai pas encore mangé. Je file prendre mon ticket de cantine au BDE. J’entre dans la file de la cantine à 12h15. Je mange sur l’ongle, mais leur viande est délicieuse. Après un gros rototo guttural, je file dans l’amphi, sans m’être brossé les dents. Je suis un maniaque des dents et cette situation m’est insupportable. C’est là que le ciel me vient en aide… je fouille dans mes poches et je trouve un freedent, décidément, c’est mon jour de chance… J’arrive dans l’amphi, persuadé d’être en retard. Or , en arrivant, je constate que seules 2 personnes sont présentes. Je m’en veux de n’avoir pas fini mes frites, alors je m’auto flagelle discrètement dans la cabane (non non, quand même pas…). Je m’assois, on me distribue une pochette escem bleue turquoise. Cela me rappelle ces pochettes surprise que maman m’achetait au super U de Dourdan, la magie est restée intacte…j’ouvre le cadeau et découvre un bloc note à entête escem, un stylo bleu turquoise et du papier… mes yeux scintillent comme lorsque BOB l’éponge est heureux. C’est là que je me rappelle de la demande de Julien : je dois me mettre en quête d’un stylo escem ridicule en forme de poisson, que je ne trouverai jamais malheureusement. Soudain, qui vois je débarquer… Audrey V, ma Audrey V, celle que j’ai tellement embêtée en allemand, mais que j’aime tant, celle à qui je n’ai jamais pu avouer mes sentiments. Nous discutons brièvement, avant qu’une jeune ado prépuberte chargée en communication ne vienne nous présenter l’école. Elle nous passe les films du DVD que nous avons tous reçu à la maison , c’est une perte de temps. Je transpire des mains, c’est incroyable ! Soudain, je suis appelé au micro : mon quota de voyages à la cabane a t-il expiré ? Non… heureusement, ce n’est que ma convocation… je suis attendu dans 10 minutes pour passer l’anglais ! Sans tarder je quitte audrey et me dirige vers la salle , il est 13h. la je retrouve la nana du Poker qui m’appelle Maxime : elle me dit qu’elle a interchangé mes horaires !! je commence à bouder, et voyant que je vire au violet/rouge, elle se décide à me dire que les horaires sont les mêmes mais que seul l’ordre de passage des langues change : bref, j’ai allemand puis anglais. Je ne saurai jamais comment cette fille au bras sûrement très long a pu changé ma convocation…elle doit faire partie du Grand Complot…

On m’apelle pour l’allemand. La cassette se comprend aisément, et en 20 minutes j’ai le temps de grifouiller une page pleine recto verso. La cassette traite de la mondialisation et de l’économiste de gauche Josef Stiglitz. A la fin des 20 minutes de préparation, je suis content de moi. C’est alors que vient me chercher l’examinateur, le sosie de Jean-pierre Castaldi ! Il est sur le cul : c’est la première fois de sa vie qu’il fait passer un oral à un allemand LV1. Il est heureux, moi aussi. Mon explication de texte et mon commentaire personnel ont l’air convaincants. Mais c’était sans compter sur les questions de culture G qu’il me pose : « Combien y a t il de länder :16 », « quels sont les partis au gouvernement :o k », « quels sont tous les nouveaux länder : j’en connais 1/3 »…Nous nous quittons sur une bonne impression générale il me semble.

30 minutes plus tard… l’anglais est arrivé… une cassette sur google.. pas évidente à comprendre, mais le sujet est passionnant ! Je découvre l’examinatrice, extrêmement sympathique ! Je fais mon commentaire, mon explication, tout se passe bien. Elle me demande ensuite quels sont mes hobbys : je parle de voyages. Il s’avère qu’elle est anti-communiste, c’est dans la poche… Mon projet professionnel ensuite : elle tente de faire une blague en me disant qu’il ne faut pas que vende le château de Chambord, je ris par politesse. Elle se met à critiquer les anglais qui imposent leur mode de vie dans les campagnes françaises…merde, j’ai trouvé plus à droite que moi ! Tout s’est très bien passé, je suis heureux.

Il est 16h, j’ai terminé les langues, je dois attendre 20h05 pour l’entretient ! je fais un voyage à la cabane, que je commence à connaître parfaitement. Je vois revenir mon grand père tout essoufflé : il s’est tapé 10 bornes à pieds ! je lui dit qu’il me faut patienter jusque 20h05… je lui propose donc de prendre la voiture et daller se bourrer la gueule dans le centre ville… après quelques réticences il accepte…oui mon grand père est cool. D’ailleurs il me fait remarquer que les filles de Tours sont très appétissantes. Nous nous garons près de la gare. Tours c’est châtelet version géante ! Des jeunes partout, des cafés, des restos à perte de vue ! Je découvre l’hôtel de ville, les maisons traditionnelles, la place plummereau… nous nous asseyons à un café dans le style bobo… les fesses de la serveuses sont si appétissantes que mon grand père laisse un pour boire. On le refera pas ! Il est 18h : nous décidons d’aller manger au resto. Nous entrons dans un resto très sympa en forme de cabines de train ! j’ai une valise et une raquette de tennis au dessus de ma tête, c’est sympa. Je commande une mousse au chocolat, il m’arrive une crème flambée, je refuse le café, on m’en apporte un… Nous repartons du centre ville vers 19h10.

Coup de théâtre !!! Je reçois un appel sur mon portable d’un jeune homme qui ne se présente pas et qui me dit que mon entretient est avancé à 19h35… il est 19h20 et je suis dans les bouchons du centre ville de Tours ! je lui dis que je ne serait peut être pas à l’heure et lui explique la situation…. Il me dit ok. J’arrive à 19h32 devant la salle !on vient me chercher à 19h40, dégoûté d’avoir stressé pour rien ! Je tire 2 sujets : « voler » et « les défauts sont comme les phares des automobiles, il n’y a que ceux des autres qui nous aveuglent , de Maurice Druon ». Je choisi la citation humoristique. J’ai des idées, j’essaie de ne pas rester bateau. 30 minutes plus tard, on m’appelle. Je sers la main du jury… en face de moi : un ancien de l’école promo 2000, maintenant chez HSBC à Londres ; une femme de l’école, chargée des parcours professionnels ; un troisième, ancien de l’école promo 2002, cadre dans une entreprisse tourangelle d’électricité. Je commence mon explication, tout va bien. Soudain, la dame me coupe et me dit « je n’aime pas du tout votre cravate », je réponds calmement que si elle pouvait argumenter de façon cohérente je prendrai en compte sa remarque. J’expose mon projet pro, il a l’air de plaire, malgré le fait que je leur dit que marchand de bien dans l’immobilier ancien c’est comme vouloir devenir cosmonaute… la remarque amuse. Voici venu le temps des questions embarrassantes : quel est la spécialité culinaire de Tours ? Quels châteaux sont situés sur la Loire ? Quel spécialisation souhaitez vous dans l’école ? Que pouvez vous apporter à l’école ? Que pensez vous de cette citation : « la critique est facile, l’art moins », puis nous parlons sport et cinéma. A la fin le jury me demande : « avez vous une question à ajouter ? » , je lui demande si certains ont fait carrière dans l’immobilier, ils répondent que oui. Je leur souhaite une bonne soirée et quitte la salle, après avoir oublié de reboutonner mon costume. L’entretient s’est globalement bien passé, sans pour autant avoir eu l’impression de briller. Dernier voyage à la cabane, et retour en beauce…

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