Archive pour Juklien

Voilà, c’est fini

On a tant ressassé les mêmes théories (Jean-Louis Aubert)

Un an bientôt, un an. C’est fou ce que le temps passe vite. Ceux que l’on appelait “nos bizuth” entament mercredi les premières épreuves du concours écricome. Six écoles, non sept, maintenant. Les temps changent. Je me souviens encore de cette période, de ces premières épreuves dans la salle immense du lycée Chaptal. Les révisions de dernières minutes devant la télé, aussi tôt abandonnées, aussi tôt reprises. Les coups de fil du midi aux collègues qui passaient leurs concours à Besançon, à Versailles ou ailleurs dans Paris.

La semaine de creux entre les épreuves de la banque écricomes, ses copies colorées et numérotées (sans qu’on ait jamais pu saisir la logique de la numérotation), ses code-barres autocollants et les épreuves de la BCE. Les révisions de cette semaine de battement, le stress qui commence à monter : “non je ne sais pas ce qu’on donné les premières épreuves”, “c’est un concours de toute façon, un concours” ou encore “les choses sérieuses commencent”, “le niveau va monter, je suis mort”.

J’avais pas tord, ce stress m’a détruit ma première partie des écrits : j’ai cédé à la panique, sans raison, sur la première journée d’épreuves BCE (maths et dissertations lyonnaises je crois). Un petit mail en rentrant, à ma prof de maths, me voilà rassurer. Je reprends les épreuves d’une façon différente, plus zen. A vous qui passez prochainement les écrits, ne paniquez pas : ce n’est pas plus dur que le reste de l’année, et si ça l’est, ça l’est pour tout le monde. C’est sûr, un an après, ça parait évident ; devant sa copie, ça ne l’est pas.

Aujourd’hui, je ne me sens pas si loin de tout ça. Evidemment, je ne suis plus en prépa. Evidemment je ne prépare plus les concours, je vis d’autres choses, je n’ai plus ce stress. Mais je garde cette petite nostalgie des concours, de la prépa …

La vie en école est merveilleuse je ne serai pas prêt à l’échanger. Si j’ai aujourd’hui un conseil à donner a ceux qui étaient nos bizuths (désolé, j’ai du mal à vous appeler carrés, je n’arrive pas à perdre mes mauvaises habitudes), c’est de vous donnez à fond. Foncez, donnez le meilleur de vous même, ne paniquez pas. Vous êtes prêts, vous n’avez pas à rougir face aux autres candidats : Vilgé, quoi qu’on puisse en dire, forme bien, vous prépare à affronter les concours des meilleurs écoles.

Ne rougissez pas, foncez.

Si, à votre tour, vous souhaitez raconter vos oraux – voire vos écrits – décompresser après les épreuves, vous changer les idées ou évacuer le stress post-épreuve … reprenez la suite de ce blog. Il est désormais à vous.

Vous allez réussir.

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Quel fainéant fais-je

Pas de titre muscial. Rien, si ce ne sont des excuses. Ce blog n’a pas été mis à jour depuis quelques temps, mettons ça sur le compte de la fameuse phase post-prépa de “décrompression”. L’article précédent n’est que le brouillon de ce qui aurait du être le récit de mon dernier voyage, à Grenoble. Désolé de n’avoir pu terminer cet article, j’essairai de le faire un jour. Rien de gagner, ne jubilez pas, un j’essaierai n’est pas un well done.

En attendant de nouveaux messages sur le blog, un palmarès des accueils, des welcome pack ou de l’ambiance perçu dans chaque école, je vous donne ma destination finale. Après avoir testé plusieurs testé plusieur écoles et été testé par autant d’établissements, Sigem a jetté les dès. Je serai à l’EDHEC Lille l’an prochain. Le but visé a été atteind, l’installation dans mon logement lillois imminente… de nouveaux récis en perspective, du moins, j’y compte.

En attendant plus de nouvelles, profitez ! Si vous entrez en première anné de prépa, lisez, lisez ! Si vous entrez en seconde année … ne faîtes rien de vos vacances et commencer à travailler dur dès le 20 août. Si vous entrez en école … Soufflez avec moi.

Quoi qu’il en soit, bonne chance à tous.
Julien

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Kein Alkohol ist auch keine Lösung!

Ich hab es immer wieder versucht. (Die Toten Hosen, 2002)

Dernière étape, dernier jour. Je plante le décor de ce dernier oral, de cette dernière ville : Grenoble. Je suis encore dans le TGV, seul. J’aurai du être accompagné mais le destin en a décidé autrement. Le trajet est long, mais pas désagréable, je pense à l’arrivé, au restaurant avec les autres admissibles. Je pourrai souffler demain soir : mes deux ans de prépa se terminent ici, à Grenoble.

Dans la gare de Grenoble, après avoir admiré le panorama, je trouve – avec un peu de mal, sûrement du à la fatigue – le stand de l’école et je m’y présente. Je suis Julien, je viens d’arrivé, oui oui de gare de Lyon, je veux manger au resto. Arf dommage, bon okay. Oui, oui je dors chez l’étudiant.

J’en conviens, de ce point de vue, la conversation est dure à comprendre. Je vous propose quelques notes indispensables à la bonne compréhension. Il se trouve que je suis arrivé trop tard pour bénéficier de la sortie proposée aux admissibles : le restaurant. Mais rien n’est perdu, on se rattrape (autant qu’on peut, la corniche est fine) en allant au Quick (ce pastiche de MacDonald inventé par quelques belges délurés). On me demande si je compte toujours dormir chez l’étudiant et je confirme, me voyant en mauvaise posture en cas d’annulation. Quel coup d’éclat certes, je sortirai du rang à coup sûr, mais la vie hors du rang s’avère également dangereuse. Autant le tenir pour l’instant. On m’a également interrogé sur ma « gare d’origine » terme assez tribal, mais au nom suffisamment évocateur pour que n’importe admissible (même les gens d’H4 ou de LLG) le comprenne. Je pense que la mise à niveau est maintenant effectuée.

Manger dans un restaurant rapide Quick, c’est toujours une grande occasion. La première fois c’était à la cité des sciences et de l’industrie. C’était impressionnant, toutes ces expos (j’ai adoré celle de l’été dernier sur la biométrie, combinée au pass Star Wars, c’était un régal), si bien que le Quick qui suis bénéficie d’un surplus de bonheur. Ca passe diront certain. La seconde fois c’était à Saint Michel avec Virgile, envie de trouver un truc pas trop cher et rapide … Fausse idée, c’est aussi cher qu’un bon sandwich traditionnel ou un panini. Enfin, le tout étant qu’on avait fait le plein de CD chez Gibert Jeune ce jour là. C’était juste avant la prépa, quel beau moment, le temps de l’insouciance et du choix du CD et non du livre. Enfin passons, la troisième fois, c’était encore à Saint Michel, le premier jour de mes concours BCE. Je passais à Saint Louis et j’ai fait le choix du Quick, puis du Long Chicken. Ca a beau être dégueulasse, j’adore. Ce pain plastifié qui croque pour laisser les papilles apprécier la douceur du poisson pané dont la cuisson a été manquée ou oubliée, cette salade aussi dure que celle de chez Picard consommée sur place … j’aime.

C’est donc heureux que je contemple le menu. Je me laisse tenter quelques secondes par wrap, mais j’opte finalement pour le Long Chicken (le Long Fish sauf que c’est un poulet pané cette fois), des frites et un Coca-cola zero (non que je soit fan des produits régime, mais c’est la seule boisson qui permet de faire autant de mousse rien qu’en agitant la paille dans le gobelet). Je rencontre dans ce Quick deux filles de Paris, Hoa et Caroline. Très sympathique, l’une opte pour le menu spécial Simpson. BRRR, BRRR me vibre mon portable. C’est Marie, je dormirais chez elle et Greg ce soir. Elle passera tout à l’heure au Quick pour venir me chercher. Ce qu’elle fera. très sympathique, il se révèle que Greg l’est également. Je sors donc du Quick avec Marie et allons attendre Elisa et « Claaaaaaaaaaire » qui me font découvrir Mulhouse à travers un rap du 8-6. C’est, comment dire, particulier. Quoiqu’il en soit, je les aime déjà. Nous discutons jusqu’à l’arrivé chez M&G (non, non ce n’est pas un nouveau cabinet financier qui est ouvert, c’est Marie & Greg) : c’est super classe chez eux. Vraiment.

On nous propose de sortir ce soir. Après avoir tout fait pour éviter la sortie, je finis par me résilier à rejoindre mes camarades de Vilgénis (Lolo, Cécile et Sophie) et à boire quelques litres de bière, non sans traîner les pieds. Arrivé dans le bar, je rencontre Corentin, un vieil ami d’enfance que je vois pour la première fois. Sans s’être vu, on se reconnaît tout de suite, ça fait plaisir. Tant de souvenir à écrire. Je serre Laurent dans mes bras, pour le saluer virilement, fait la bise à Cécile et serre la main de Sophie.

A Rome, fait comme les Romains (si quelqu’un a un pire cliché, qu’il me jette la première pierre) telle est l’excuse de l’achat de ma première pinte. Je la bois en compagnie de Laurent, Cécile et de Sophie, puis je discute quelques peu avec Claire, puis avec Greg. Je commande ensuite ma seconde pinte, en compagnie de Laurent qui fait la même. Quelque peu éméché après sa sortie au restau, il commence à être en peine. Je prends donc une troisième pinte et lui en paie une. Je me fais gentiment engueuler par Cécile qui me laisse boire les trois quarts du verre offert à Laurent. Le temps passe et de l’eau coule sous les ponts : c’est l’heure du Karaoké. Je prends une nouvelle pinte pour mieux l’affronter. Les admissibles commencent à rentrer, je suis le seul à rester, en compagnie des admisseurs. Laurent est reparti dans je ne sais quel état, couvert de bière, et quelque peu éméché. J’aime ton odeur, tout tes gestes en douceur, lentement dirigé, le karaoké commence par sensualité d’Axelle Red. Viendront ensuite Oasis, Patrick Bruel, Michel Sardou … j’en passe.

Il est presque deux heures : les chansons du karaoké, puis des admisseurs ont décidé de réduire mes capacités vocales. Tout se calme et passe un moment pendant lequel il a du se passer quelque chose, mais je suis incapable de vous dire quoi. Sur le chemin du retour, Greg et Marie me félicitent et me souhaitent bon courage bon pour le lendemain.

Il est six heure. Il faut se lever, j’ai dormi deux heures à peine, mais je suis en forme (malgré une haleine insupportable pour la moitié du genre humain et un intense mal de ventre). Après tout je suis en vacances ce soir. Après m’être remis autant que j’ai pu, nous sommes parti pour l’école. Le bâtiment est impressionnant : tout en verre, imposant, il est très moderne. Je trouve ça magnifique, tout comme la fille de Grenoble, réputée pour sa pollution et ses reliefs … Inexistants (avis aux fans de rollers ou de bicyclette, il s’agit de la ville la plus plate de France).

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Je suis venu te dir’que je m’en vais

Et tes larmes n’y pourront rien changer (Serge Gainsbourg, 1974)

L’EDHEC est passé, l’enjeu est tout de suite moins important. C’est fou comme la pression, et la concentration, retombent rapidement. Je vais à Reims avec Florian dans un nouvel esprit. Je suis moins motivé, mais j’y vais. Florian m’accompagne mais n’est pas en costume : simple visite pour lui. N’ayant pas passé les langues Ecricome, il ne passera pas d’entretien à Reims.

Le TGV Est relie la gare de l’est à Reims. Mis en service le mois dernier, c’est la dernière ligne à grande vitesse (LGV)  mise en exploitation par les réseaux ferrés de France et la SNCF. La voiture de notre TGV est neuve, très agréable. La deuxième classe donne vraiment envie : des sièges très confortables, des lampes avec des interrupteurs postmodernes. Nous nous y installons et partons pour Reims. Je suis content de prendre ce TGV si médiatisé.

Arrivé à la gare de Reims, nous cherchons l’accueil admissible. Très décevant. C’est en fait un tas d’admissible qui attendent des navettes pour l’école … Admission de masse. Nous embarquons dans la troisième navette, un Renault trafic tout neuf, de couleur noire. Le trajet est particulier : la conduite est sportive mais nous arrivons à bon port.

L’accueil est souriant et le welcome pack léger : une pub pour la société générale, quelques chewing gum, une brochure et un tshirt (taille unique, M). On fait un tour rapidement, je remets mon questionnaire, me faire prendre en photo et signe pour certifier ma présence. On se dirige vers le foyer pour manger un petit quelque chose : rien. On demande et est gentillement servis. L’ambiance est vraiment morne … On décide de partir. Quelques instants bien sûr.

On fait finalement le choix d’aller manger au Mac Donald qui se trouve à 15 minutes de l’école. On retourne à l’école et s’inscrit pour la visite des caves. On demande si c’est bien compatible avec le passage en entretien.

A 14h00, on part pour les caves Pommery. Visite classique suivie d’une dégustation. Il est 16h15, la visite est finie. On monte dans la navette, direction la gare de Reims pour y déposer ceux qui repartent.

On descends avec eux. La navette repars à 16h40, je n’y remonte pas et reste à la gare. Comme mon camarade, j’échange mon billet (nous allons goûter à la première classe sans frais supplémentaires) et je monte dans le TGV.

Tant pis. L’école m’a déçu, l’ambiance également … Ne souhaitant pas aller dans cette école l’année prochaine, je ne regrette rien.

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L’Amérique, l’Amérique

Je veux l’avoir, et je l’aurai. (Joe Dassin, 1969)

Les résultats sont tombés, nous avons pris du retard sur le blog : les carottes sont cuites. Ce n’est pas un problème. Je vais finir par vous raconter brièvement nos derniers oraux et établir quelques petits classements. Le blog n’est pas encore mort, regardez, il bouge !

Faisons le frétiller en remontant le temps : jeudi 5 juin (quoi, ça ne vous rajeunit pas ?). Je suis à Lille, il est 8 heures du matin. Je me lève assez lentement pour tout vous dire, avec un léger mal de ventre : c’est aujourd’hui l’oral qui compte. Le quitte ou double, le coefficient 20 de l’entretien, le 6 de la LV1, et enfin le 4 de la LV2. Je réalise … je me sens mal.

Après un bon moment de paresse, je me décide, je prends ma douche… Et surtout mon temps. Rien ne presse, l’exécution n’a rien de sommaire, et puis, le pire peut arriver oui, mais le meilleur aussi. Je suis préparer après tout, c’est pas mon premier oral.

Coefficient 20 … EDHEC. Ca trotte, ça trotte. Je regarde Pokémon sur Gulli, puis BFM TV, puis retourne regarder Pokémon. Je ne sais pas quoi faire. J’ajuste ma cravate. Vérifie les plis du pantalon. Je regarde si ma veste n’est pas trop froissée. J’ajuste ma cravate. Je regarde la télévision. Je tourne en rond. Je coupe le chauffe eau. Je suis devant la télé. J’appelle Anthony, ma Maman, je relis mon questionnaire. J’ai toujours la télévision d’allumée, la brochure dans les mains. Je la veux cette école.

J’ajuste ma cravate. Encore. Puis je tourne encore en rond. Je zappe, je parcours les chaînes de la Freebox. Je m’attarde un peu sur Deutsche Welle puis sur Skynews. Je retourne sur BFM. Bientôt 10 heures. Je me replonge dans la brochure. C’est épouvantable, je tiens pas en place. J’ajuste ma cravate. Il est 10 heures 45, je l’ajuste une dernière fois. Et là, un bouton craque.

Je reste calme. Je laisse la chemise telle qu’elle. Je me regarde dans la glace : ça va, la disparition passe inaperçu.  Puis non, tant pis : j’ouvre ma valise. Je prends ma trousse de toilette, je cherche ce fichu kit de couture que Maman m’avait donné. Je le trouve. J’attrape l’aiguille. Le fil blanc. Je recouds mon bouton. Tout va bien. Il est onze heures passées de quinze minute. Je dois partir. Je vérifie si tout est bien en ordre dans l’appart de Marion. Je ferme la porte, je prend ma valise. Je touche le bouton, il tient. Je remonte le Boulevard Montebello, j’arrive station Cormontaigne. Je tourne à droite. Arrivé place du Général Leclerc je consulte le plan : ça serait bête de se perdre. Je continue tout droit : rue du port, m’y voilà ? Je tourne à gauche, je suis à l’EDHEC.

Je fais la queue pour rendre mon questionnaire, je laisse mes bagages dans les vestiaires. Je descends au foyer. Je croise Cédric, admisseur et ancien de Vilgé. C’est parfait, je me sens mieux, rassuré. Anthony me rejoins, tout va bien. On patiente, on mange des sandwich achetés au foyer, on regarde le film de présentation et on reçoit nos welcome packs.

Je sais pourquoi je veux cette école : elle a le meilleur welcome pack de la Terre. Je m’enflame, je suis heureux, j’y suis. Je suis à Lille, 58 rue du Port. La moitié des admisseurs viennent de Vilgé (promos 2006 et 2005). J’ouvre le sac : un stylo EDHEC, une brochure reliée (DeLuxe) de l’école, un bloc note … un hub USB 1,1 quatre ports. Un tshirt. Je stresse. Je passe l’anglais dans 10 minutes. Cédric, Anthony me rassurent. Tout va bien se passer.

Direction l’amphi, accompagnés par une admisseuse. Un prof d’anglais sort, lance un prénom, j’entends un « yes », le prof rentre dans l’amphi l’admissible le suit. Ca recommence, une fois, deux fois, trois fois. Vient mon tour. On me demande de confirmer que l’anglais est ma seconde langue. Sans problème, on me tend un texte. Je ne sais plus aujourd’hui de quoi il parle, mais je le travaille dans tous les sens. Je prépare un beau commentaire. Je veux l’EDHEC. Je vais réussir.

Dans l’amphi, on est une dizaine à préparer. L’ambiance est tendue, simple ressenti peut-être. On vient me chercher. Je m’installe. Le prof signe ma feuille. Je présente mon texte : je suis plutôt content de moi, ce n’est pas extra ordinaire, mais ça semble pas trop mal se passer. On me pose des questions : mes passions, pourquoi l’EDHEC, que connais-je de la culture britannique ? Ca se passe pas trop mal, je confesse au prof parler un anglais très approximatif et avoir envie d’aller l’améliorer dans un pays anglophone. Il me réponds qu’il n’est pas si mauvais et que j’ai le temps de voyager. Je ressors satisfait : ça n’a pas été extraordinaire, mais ça n’a pas été une catastrophe. L’Allemand, c’est bientôt, il va falloir scorer.

De retour au foyer, je retrouve Cédric. Il me demande comment ça s’est passé, me rassure. Me rappelle que ne pas réussir la LV2 n’est pas grave. Ca dure cinq minutes, il est temps d’aller préparer l’épreuve d’Allemand.

Et merde ! Encore un texte sur l’écologie, sur le réchauffement climatique. Saviez vous que l’hivers 2006/2007 a été le plus chaud de l’histoire en Allemagne ? Que les températures moyennes de 0,65°C supérieures à celles des hivers passés ? J’essaie de m’intéresser au sujet, de pas repasser à côté, comme à Nantes. Je fais tout pour rendre le texte intéressant, montrer des connaissances sur le sujet. Pour une fois mon temps de préparation est utilisé en entier. Je la veux, je la veux.
La prof d’Allemand vient me chercher. Je présente mon texte, puis enchaine par un commentaire complet. Je raconte ce que j’ai appris pendant la conférence vue avec la classe (merci à la prof d’Allemand de m’y avoir finalement contraint d’y aller) : les éco-quartiers d’Hambourg, les systèmes de chauffage naturels en Scandinavie : tout est déballé est plutôt bien ficelé. La prof sourit, puis me dit que le sujet est grave et me propose de parler d’autre chose. On parle de mes passions, de « Wir sind Helden », d’informatique : la langue est fluide. Je vais des efforts, je sens que c’est la première épreuve d’Allemand que je réussis vraiment. Le déclic de Rouen se poursuit, je suis très satisfait de moi en sortant, j’aurai la moyenne, je marque des points.

De retour au foyer, une nouvelle fois, je retrouve Cédric. Il m’accompagne jusqu’à ma salle de préparation et discute avec moi. Il m’explique comment on est noté, comment fonctionnent les grilles de notation, me conseille, me donne les attentes du jury. J’écoute, j’enregistre. J’entre surmotivé.

« C’est la première fois que vous mettez votre costume ? » me lance-t-on dès que j’entre dans la salle. Je réponds que non, que je le porte de temps à autre depuis l’été dernier, mais que ce n’est pas ma tenue favorite. On me demande quelle tenue je préfère : « jean-basket-tshirt ». On me demande si je suis sportif, je raconte mes expériences de jeune sapeur pompier que j’ai été. De nombreuses questions sur ce que j’ai pu faire en caserne, l’ambiance, l’examen de JSP puis un petit débat sur le métier de sapeur pompier aujourd’hui, le droit de grève.

Les membres de jury semblent satisfaits puis se présentent. J’ai face à moi une professeur de droit à l’école, également avocate. Un cadre à la Française des jeux. Et un autre homme, dont j’ai oublié le métier. Je me présente à mon tour. On me pose ensuite un grand nombre de questions sur mon questionnaire. Je l’ai travaillé, je m’en sors pas trop mal. Puis vient un piège. A la question « quel événement passé auriez vous aimez vivre ? » j’ai répondu « La signature du Traité de Rome ». Après plusieurs questions sur l’informatique le jury dit se rendre compte que le changement, l’innovation me fascine et me demande qui j’admire. Dans le questionnaire, on nous demande quels sont les traits qui forcent mon admiration, mais je ne dit pas qui j’admire. Je réponds donc que j’admire des gens comme Steeve Job ou Tariq Krim. « Pourquoi pas des gens comme Jean Monnet ou Marcel Schumann ? ». Heu Robert, je rectifie. On apprécie le fait que je rectifie puis nous parlons d’Europe.

Turquie, élargissement, puis Croatie. Relation Pologne-Allemagne. Enfin des questions « historiques » et d’actualité. Je suis heureux, je prends plaisir à répondre à ces questions. Le sujet m’intéresse beaucoup. On parle d’idée que j’aurai pour l’Europe, de rêves. Je suis pris au dépourvu, mais joue l’honnêtée : je dis ce que je souhaite réellement à l’Europe politique. Puis vient la question …

« Vous avez participer à une campagne électoral, c’est écrit dans votre questionnaire…. » On me demande d’en dire plus, de dire pour qui. Comment je suis arrivé à avoir quelques responsabilités. On me pose des questions sur le positionnement aujourd’hui de François Bayrou. Sur celui qu’il a eu après le second tour. Je reste assez critique sur ces positions, je le fais savoir : le jury sourit.

Nouvelle question « Vous gagnez demain au loto, que faîtes-vous ? ». Je donne une petite partie à des associations locales que je connais, je place le reste et continue à travailler. On me demande comment je fais mon placement, je réponds faire confiance à mon banquier avant que l’ont me demande si il est vraiment sage de lui faire confiance. Je dis qu’il engage sa réputation, qu’il est qualifié, plus que moi et que j’estime qu’il faut faire confiance des fois : on ne peux tout faire seul.

Les quarante cinq minutes sont passées. On me remercie puis me demande quelle école je veux, et pourquoi. Je dis la vérité : je veux l’EDHEC, j’explique que ma meilleure amie habite Lille, que j’ai vraiment aimé la ville (visitée la veille, j’ai arpenté plusieurs heures les rues du centre ville, et visitée lors de mon passage à l’ESC Lille, deux semaine avant) et que l’EDHEC m’intéresse. Quelques autres questions tombent, je suis debout. C’est fini, je sors.

Je suis plutôt satisfait de mon entretien. Rien de particulier, pas de sentiment de réussite, mais encore moins de sentiment d’échec. Je rejoins Cédric et Anthony puis ai le droit à une visite de l’école. L’accueil « spécial Vilgé », c’est pas n’importe quoi. Après la visite, je veux encore plus de l’école.

Paris. Gare du Nord. Des publicités pour l’EDHEC affichées un peu partout. Je veux y retourner. Réponse dans huit jours tout ronds.

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Si t’es superficielle tu ne tiendras pas la distance,

Mais je dois quand même avouer qu’ t’ as une certaine prestance (Clara Morgan, 2007)

“Le 76 – tu peux pas test” tel est l’accueil qui m’est réservé dans le Corail Intercité 13141 qui relie la gare de Saint Lazard à la gare de Rouen Rive Droite. Sûrement grâce à mon grand courage et à ma témérité inégalée, je passe outre le message tagué sur le train et pars pour la Normandie, objectif ESC Rouen.

Le voyage ne sera pas de tout repos : si le trajet se passe sans problème – l’ambiance est plus proche du RER C que de la première classe du TGV Paris – Nantes, ce qui n’est pas sans me rassurer et me mettreà l’aise – le programme qui m’attend n’est pas une mince affaire. P’tête bin que oui, p’tête bin que non, p’tête même que c’est sûr et certain, je passe dans l’école mes langues écricome (Allemand et Anglais, comme pour la BCE, aucune surprise donc) et l’entretien de motivation.

9h19, j’arrive à la gare “R-RD”, une admisseuse très sympatique m’accueille. Je suis le seul à arriver à cette heure. Elle me parle de la ville, qui à ma grande surprise est beaucoup plus grande et vivante que je ne le croyais, de l’école, et de l’ambiance. Très bon point, l’école me séduit beaucoup sur le papier et j’apprends que les étudiants y sont très heureux. Nous arrivons doucement à l’école, puis vient le choc : sur le campus rouennais est installé … une réplique grandeur nature du château de la Star’ac. Je demande, perdu, si nous ne sommes pas arrivé à Dammarie-les-Lys, on me répond avec humour que non, et que c’est simplement le même château. Pris d’envie de siège, pensant à l’emplacement des trébuchets et à la capture du sacré graal, rien de cela ne sera : le château abrite l’administration de l’école.

Le campus est très vert, très accueillant : j’imagine que quand le temps est plus clément, c’est un plaisir de s’allonger dans l’herbe et d’y passer quelques bons moments.

Je rejoins l’accueil de l’école où je me fais remettre un nouveau welcome pack contenant un tshirt, “le viking” (le guide la métropole rouennaise,réalisé par l’école) ainsi que diverses informations sur la ville et l’école. Décidément les écoles qui me plaisent le plus sont celles qui ont aussi les meilleurs welcome pack. De là à y trouver un lien de cause à effet il y a un plat de pâtes que je ne cuisinerai pas.

On m’invite à me restaurer dans l’école et à rejoindre le foyer. L’école possède un stock impressionnant de mini chocos Prince (emballés par quatre) qui nous sont gracieusement offerts. J’en profite sans complexe, tout en ayant appris le matin dans les Echos (journal aujourd’hui – mais pour combien de temps encore ? – dirigé par un ancien de l’ESC Rouen) que Danone allait céder Lu à Kraft. Soucieux de piller l’envahisseur américain (les rôles sont quelque peu inversés, je vous accorde qu’il n’est pas aisé de piller un envahisseur), je me goinfre donc de ces petits gâteaux.

J’apprend qu’une visite de la ville est organisée : je m’y inscrit et peu avant de partir, je rencontre Julie qui s’y inscrit également. La ville de Rouen me rappelle Chartre, des rues piétonnes commerçantes très vivantes, une cathédrale (dont la particularité est d’être très belle – sic notre guide) que nous visitons en un éclair (ce qui ne me déplaît absolument pas), en bref, une belle ville, très attirante. Arrivé à la rue Jean Lecanuet, célèbre ancien Maire de la ville, nous faisons demi-tour et repartons pour l’école après avoir vu, outre les rues piétonnes et la cathédrale, la mairie et la place où Jeanne d’Arc fût brûlée.

A l’école, nous achetons rapidement un sandwich avant d’apprendre que nous devons nous rendre en amphi. Mon repas à la main, je suis les autres et gagne l’amphi, où on m’indique que je dois rendre mon questionnaire. Retour à l’accueil, je récupère mon questionnaire et mon CV : Julie me fait remarqué que j’ai rempli que le recto de ma fiche bleu. Je pars donc en amphi avec un stylo afin de répondre aux quelques questions restantes.

Après un discours un peu long du directeur du programme grande école, on nous projette le film des admisseurs. Fidèle à la brochure spécial admissible « Que vivà l’esc Rouen » on entend Sonia et Selena interpréter Que viva la noche et voit le titre du court métrage « L’auberge Rouennaise » apparaître. Si le clin d’œil est sympathique au début, je trouve un peu ennuyeux de revoir un remake du film. Mon passage préféré étant celui où la créativité a le plus joué : la présentation des différents membres de la coloc du film. Le passage de « l’entretien pipeau », inspiré des « Poupées Russes » est très drôle aussi.

Le film diffusé, on nous remet nos convocation pour l’après midi. J’ai 5 minutes pour retrouver la salle de préparation de langues. En deux minutes elle est rejointe. On m’y explique comment se déroule l’épreuve, comme utiliser les ordinateurs puis on nous attribue un poste. Je prépare l’Allemand : une dialogue sur EADS et les habitudes de travail différentes qu’ont les Français et les Allemands. On y apprend notamment que lorsque les pouvoirs sont à partager entre les deux pays, la France choisit toujours la direction, l’Allemagne la gestion financière.

Les vingt minutes s’écoulent et je me dirige vers la salle où m’attends l’examinatrice. Elle commence par se présenter, me demander qui je suis puis de commencer à parler de ce que j’ai écouté. Ca ne dure pas très longtemps, on passe très vite à autre chose, on parle de mes passions, de ce qui me motive et m’intéresse. J’apprécie beaucoup la discussion que je trouve différente des entretiens précédents. C’est très agréable, on a vraiment l’impression d’utiliser la langue d’une façon vivante, et pas dans un cadre purement scolaire. Je n’ai aucune idée de ma note, mais j’ai au moins pu passer un entretien de langue « différent ». Je sors plutôt satisfait de la salle.

Je souffle quelques minutes au foyer en compagnie de Julie. Je bois un coca-cola offert par l’école et mange deux mini chocos Prince avant de repartir pour l’entretien. J’ai toujours mon questionnaire à la main, rempli cette fois. J’attends devant la porte. Le jury me fait entrer. Il est composé d’une femme, ancienne élève de l’ESC Rouen, qui dirige aujourd’hui une société d’événements autours du vin et du fromage et d’un homme, professeur d’allemand à l’école. Je me présente brièvement et les questions viennent tout naturellement. Le jury s’intéresse à la personnalité du candidat, comme à Audencia et ne cherche absolument pas à piéger. Les thèmes abordés sont les mêmes que dans les autres entretiens, à savoir musique germanique, informatique et motivation. Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas de questions d’actualité et je porte mal le costume. Je ressors néanmoins une nouvelle fois satisfait.

Encore quelques instants de récupération. Tout se passe bien jusqu’ici : l’école me plaît sur le papier et IRL (in the real world, bande de n00bs) et mes épreuves s’enchaînent sans me donner l’impression d’un échec flagrant. Reste l’anglais.

Je regarde la salle d’informatique pour écouter mon nouveau dialogue d’anglais : le thème est la vidéo surveillance à Londres. Je ressors ce que je peux du fichier son et me débrouille pour préparer un petit commentaire. Une fois tout cela effectué, je monte l’étage qui me sépare de la salle d’anglais, j’y entre et commence à parler de ce que j’ai entendu. La prof me pose quelques questions pour en savoir plus sur moi, puis m’invite à reparler du dialogue. Je sens que je fais un nombre incalculable de fautes, que je corrige au fur et à mesure de mon commentaire. Ensuite nous passons aux questions, sur le droit à l’image, le respect de la vie privée avant de parler des tentatives d’attentat à Londres puis de l’attentat de Glasgow. A la fin la prof me dit que je lui ai fait très peur : j’ai parlé un anglais excécrable au début puis de plus en plus bon, avant de parler correctement à la fin. J’ai sûrement été prisonnier du dialogue … Viva la libertad senior !

Et que viva l’esc rouen !

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Du rhum, des femmes et d’la bière nom de dieu…

Un accordéon pour valer tant qu’on veut (Soldat Louis, 1988)

TANNouvelle étape de mon tour de France, me voici en Bretagne Pays de la Loire à Nantes. Nouveau départ de Massy, en compagnie de deux camarades (Fanny et Virginia) pour, cette fois, Audencia. Tout se passe bien jusqu’au moment de monter dans le train : je regarde attentivement mon billet et que lis-je ? Pour la première fois de ma vie, JE SUIS EN PREMIERE CLASSE ! (alors que j’ai payé mon billet moins cher que mes camarades en secondes classe). Une fois la joie passée, j’abandonne mes privilèges indignes et décide de retourner avec le bas peuple. Outre l’expérience sociologique de très grande valeur que peut représenter un voyage en première, je hais la décoration de la première. Tout ce pseudo luxe, ces couleurs rougeâtres, cette lumière mal tamisée, et ces gens … Non, je suis heureux de rejoindre mes camarades et de passer le voyage avec elles.

Voyage qui se passe très bien. L’air est climatisé, l’ambiance bonne (Fanny blague avec un passager, lui faisant croire que la gare de Tour est celle d’Angers, passager qui ne manquera pas de lui indiquer où se situe Angers, une fois le train arrêté dans la dite ville), les gens rieurs, les cookies de Fanny bons (surtout les durs) et Virginia malade. Nous arrivons à bon port, Nantes, la jolie (coucou Fanny).

Arrivé à la gare, nous prenons la sortie Sud, comme indiquée sur les brochures envoyées par l’école. L’accueil est bon : un stand aux couleurs de l’école est ouvert et plusieurs élèves nous attendent. On les suit, embarque dans la voiture – une nouvelle fois, classe – puis arrive à l’école.

L’accueil est en demi-teinte : un blind-test est commencé, mais dur de s’intégrer et de scorer dès l’arrivé. On opte pour l’attente et le paiement du séjour. La formule choisie est très classique : hôtel B&B et transport (en tramway). Devant le prix du restaurant, je préfère me débrouiller par mes propres moyens.

Quelques minutes passent, nous montons tous dans le trawmay et nous dirigeons vers le restaurant. Au passage, notez qu’il est peu commode de faire entrer une cinquantaine de personnes, valises et sacs de voyages à la main, simultanément dans un tramway. L’exploit est pourtant réalisé : les admisseurs y sont pour quelque chose. Nous descendons à Place du Cirque, ou 50 otages, je ne sais plus puis marchons jusqu’au restaurant. Là, ceux ne souhaitant pas y manger sont invités à former un petit groupe à côté. Le sentiment de passer pour des sous admissibles nous envahit, mais Clémence – admisseuse spécialisée en relation avec l’hôtel B&B – nous montre très rapidement le chemin de l’hôtel. Une fois arrivé, elle nous demande de former des groupes de deux, trois ou quatre afin de répartir les chambres. Mes deux camarades, toujours présentes, me proposent de les rejoindre : j’accepte et nous prenons la première chambre pour trois, la numéro 17.

Après avoir visité la chambre – télévision Toshiba 37 cm à tube cathodique avec reception des six chaines nationals, de LCI et de Ciné Cinémas Premier, quatres serviettes pliées en 4 dans une armoire deux portes, proche du “Kalernsborg” proposé par Ikea, téléphone Sagem blanc, modèle analogique standard, WC jacob Delafond d’une hauteur approximative de 60 cm, bainoire et évier du même fabricant, trois lits, deux simples, un double – nous quittons l’hôtel pour nous restaurer. Quelques pas en directions du centre ville et le temps d’appeler le guide de la restauration rapide – Anthony – et nous entrons au Mac Donald (délaissant ainsi le vendeur de sandwich grecs vanté par mon camarade eurasien).

Je vous épargne le repas ainsi que le trajet du retour. A l’hôtel, on se couche tôt, je choisis de regarder How I met your Mother puis The Office sur Canal plus.

Je me lève le premier, prends ma douche – semble-t-il un peu trop longtemps – m’habille puis rejoins, accompagné de mes deux gentilles camarades, l’entrée de l’hôtel où Clém nous attend. Pendant l’appel, ou l’attente de quelques retardataires, une admissible s’écroule, la journée s’annonce difficile.

Arrivés à l’école, on nous sert un petit déjeuner de grande qualité : le choix de boissons est très important et les viennoiseries ne manquent absolument pas. Les admisseurs nous invite à monter pour aller pointer : on reçoit un sac Audencia, des brochures, un stylo et un tshirt aux couleurs de l’école. Il s’agit là de l’un des plus beau welcome pack reçu depuis le début de mon tour de France (celui de l’ESC Toulouse étant également plaisant).

Nous retournons en bas, au QG des admissibles. Nous avons une nouvelle fois un grand choix d’activités : PES – pour changer – , Ping Pong, accès à Internet, visite de l’école et de nombreuses animations réalisées par les admisseurs (le point fort de l’accueil à mon goût). L’ambiance reste cependant morne : la faute n’incombe ici pas aux admisseurs pour moi, c’est plus la population des admissibles. On sent que les gens ne viennent pas ici pour s’amuser et n’accordent pas beaucoup d’importance aux animations. C’est domage, les admisseurs y mettent du leur.

Une fois les horaires de convocation reçues, je rencontre Moustapha, ECT de Vilgénis ainsi qu’un ancien carré qui khûbe aujourd’hui à Paris. Je visite ensuite l’école.

Les locaux sont impeccables : la cafétéria est éclairée naturellement, forte de sa grande baie vitrée, la fontaine aérienne à l’accueil est magnifique, le cadre de la bibliothèque très agréable et les couloirs très spacieux. Seul le « bloc soviétique » est moins accueillant. Globalement, les locaux de l’école forcent l’admiration, mais aussi le sérieux. J’écourte cependant la visite, je dois me présenter au QG pour partir passer mon oral d’Allemand.

La musique de « Y’a que la vérité qui compte » sonne la fin des haricots. Je rejoins les autres appelés, je vais partir pour l’épreuve d’Allemand. Pour la première fois depuis le début des oraux, j’ai un peu mal au ventre, je sens que je suis stressé et que l’enjeu est ici différent des autres écoles : bon point pour le futur classement Sigem, je suis sûr que l’école me plaint au moins. Je reçois mon texte : un extrait du Tagesspiegel je crois sur El Niño, un phénomène climatique naturel qui participe au réchauffement de la planète. Première déception, si il y a bien un thème que je hais en langue, c’est l’environnement. Toujours une excellente occasion de débiter des banalités sans sens et de s’enfoncer en ayant rien à dire. Ca ne manque pas : face à la prof, je sens que ce que je dis n’intéresse pas. On ne parlera que de ça pendant l’entretien. Je sors … déçu. Bataille et Fontaine sont déjà de retour, je rejoins les autres, une seconde fois, pour qu’on nous conduise en salle d’Anglais, sur la musique de Fort Boyard. Je tombe sur un sujet autrement plus intéressant : la grippe aviaire. A priori, rien de passionnant, mais le sujet est plus original que l’environnement et on peut aborder plusieurs domaines (santé bien sûr, mais aussi relations internationales, mondialisation et économie). Je discute beaucoup avec la prof, on parle d’échanges culturels, de la nourriture dans le monde, des habitudes culinaires de chacun. Je ne sais pas quel est mon niveau d’anglais pendant la discussion et si j’accumule des millions de fautes, mais la discussion est fluide et très intéressante. Aucune idée de la note.

Après cette seconde épreuve dont je ressors assez satisfait (je suis toujours content lorsque j’évite la catastrophe en Anglais). Virginia et Fanny sont également passées, on se dirige vers la cafeteria. Je demande des lasagnes, on me sert des spaghettis sauce bolognaise. Quelques minutes passent le temps qu’un micro-onde se libère, et que mon plat chauffe. Le repas est vraiment pas cher et d’une qualité relativement bonne.

L’après midi, c’est entretien. Spécificité Bretonne Nantaise, on choisis parmi deux sujets (une citation, un mot) un thème à traité. Le tirage m’offre « Nos meilleures idées viennent toujours des autres » de Ralph Waldo Emerson (qui, contrairement à l’impression que son nom peut laisser, n’est pas Brésilien, mais Etasunien) et « La pauvreté ». Je ne réfléchis pas longtemps et prends le premier sujet.

Je traite de l’innovation, de l’espionnage industriel, des grandes tendances (de la mode) et donne des exemples précis dans le monde des médias (les copies d’émission de télé, la diffusion de la télé réalité) avant de passer à un deuxième aspect du sujet : l’idée peut venir des autres sans être copiée, mais inspirée. Je parle alors du bénéfice du travail en équipe et de l’émulation, soit créée par un besoin dans un cadre collaboratif, soit apportée par la concurrence. Aux têtes des deux membres du jury – une prof de marketing, le DHR de Manitou – je pense m’en être bien tiré.

Viennent ensuite les questions sur moi, mes passions, mes motivations. Rien de particulier à souligner, les membres du jury semblaient très intéressés par ce que je disais et posaient des questions de plus en plus pointues. Aucun point d’actualité n’a été abordé, je commence à désespérer, accro à l’info, greffé sur BFM TV, mes flux RSS, on ne parle jamais d’actualité en entretien. Pour résumer, l’entretien a donc été très cordial et s’est très bien passé je pense. Cependant je n’ai absolument aucune idée de la note : si la discussion a été agréable, rien n’indique que j’ai pu convaincre le jury et obtenir la note nécessaire pour passer quelques années à Nantes.
Je sors de la salle très soulagé, mon premier « gros entretien » s’est passé sans grosse encombre. Sans savoir pour autant si cela a été suffisant, je repars l’esprit plus léger et plus décontracté.

Je regagne la salle du QG où je retrouve Fanny et Virginia : on partage nos impression très brièvement, puis je quitte l’école.

Mise à jour : Aujourd’hui, nouvelles impressions sur l’école. Bien loin de l’idylle de la première rencontre,  le monde des bisnounours m’inquiète à présent. Il est vrai que les couleurs flashy, les admisseuses ravissantes et le traway donne envie au premier abord. Mais que ma appris la vie ? Ne jamais se fier aux premières apparences.

Afin de vous éviter d’affreux supplices, de tomber dans une niaiserie au niveau jusqu’ici jamais atteint mais surtout pour que vous ne gachiez pas vos vie : quittez Nantes, partez, ne laissez aucune traces. Ne vous laissez pas séduire, faites demi-tour, préférez Grenoble EM ou l’EDHEC Lille mais surtout ne vous perdez pas. Sophie peut en témoigner.

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Dès que le vent soufflera

Je repartira (Renaud, 1983)

Hop, la valise est faîte : costard, chemises, chaussettes, caleçons, ceintures, chaussures. Et moi, et moi, et moi.

Toi, toi, mon toit. Toi mon toi qui reste là, je te quitte. Je pars dans deux heures pour Nantes, chef lieu de la Loire Atlantique, hôte des canaries, enfant pauvre et abandonné de la Bretagne (pauvre Anne, toi qui y laissa ta peau).

Audencia, me voilà ! C’est reparti pour une semaine de tourné dans les contrés de notre pays : Nantes dès aujourd’hui, Rouen pour mardi et Lille en ce jeudi. Tant de voyage, tant de TGV et Corails empruntés pour passer les épreuves devenues maintenant rituelles : oral d’allemand, oral d’anglais, entretien plus ou moins cordial.

Il faut souffrir pour être beau. Il faut voyager pour être admis. Sigem, le bien nommé, ne me contredira pas, c’est une étape obligée, un chemin incontournable.

Nous approchons de la fin du tunnel, vous aurez des récits de voyage. De quoi nourrir vos angoisses, de quoi frissonner, voyager par procuration, rire (on sait jamais), pleurer, rêver ! A cette fin quoi de mieux que les prochains récits ? Allez, je ne fais pas durer le suspens plus longtemps, Florian va vous narrez ces aventures à l’ESCP et à l’ESSEC, de mon côté je m’occuperai de mon voyage à Audencia, à Rouen et à l’EDHEC. Mais cette liste n’est pas définitive : j’invite (les cartons suivront) nos camarades de l’ECE2 à venir témoigner ici. A marquer d’un pixel gris leurs voyages, leurs entretien. Pour la gloire, la fortune, la célébrité ou le souvenir.

A très bientôt.

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Peu à peu je pète les plombs,

Le beauf de derrière m’insulte et me traite de con (Disiz la Peste, 2000)

Ce blog éphémère a été créé pour deux raisons. Premièrement, il nous permet de décompresser après les oraux, de mettre les choses à plat, bref de passer à autre chose en couchant sur un tas d’octets plus ou moins mornes notre vécu. Secondement, il offre à ceux qui le lisent un aperçu du point final de la vie de préparationnaire. Pour faire simple, on souhaite que nos voyages permettent à nos successeurs de décompresser un peu avant leurs oraux et d’être fin prêt à affronter les jurys les plus horribles des écoles de commerce.

Pour isoler cet aspect du blog, je vous raconte, en guise de gaine thermo plastifiée, chacun de mes oraux. Florian fait de même. Maintenant que ce rappel est fait et que vous connaissez les grandes lignes de notre voyage toulousain, je vais vous narrer mon entretien.

L’ESC Toulouse a ceci de fabuleux : une organisation à toute épreuve. Si le rez-de-chaussée de l’école sert à l’accueil de ce coûteux mais juteux bétail qu’est le préparationnaire, les premiers et seconds étages servent aux passages des oraux – langues et entretiens.

16h20 à peine dépassée, je me décide à franchir l’un des escalier de l’immeuble au tuiles rouges qu’est l’antre des pilotes du changement. Je m’assoie face à l’accueil entretien qui se résume à deux femmes assises derrière des écrans d’ordinateurs qui gèrent le passage des entretiens, les allés et venus de toutes ces bêtes costumées, tailleurées ou juppées. Après quelques minutes d’attentes – je suis invité à me présenter à 16h30 – on m’informe qu’un certain retard à été pris et que j’aurai le plaisir de passer mon entretien sur les coups de 17h00.

Fou de joie (que celui qui s’opposera au report de la fin du monde me jette ce qu’il trouve), je descends les mêmes escaliers du même bâtiment, demeurant au passage toujours l’antre des pilotes du changement, pour rejoindre Anthony et Florian – Julie et Céline ayant été perdues de vue depuis longtemps.

Le temps passe. Appelé plusieurs fois au micro sans l’entendre, on me signale que je suis attendu au premier étage pour passer mon entretien. L’une des femmes s’occupant du passage des entretien m’annonce que finalement, la fin du monde du monde a un peu d’avance et que bon, c’est pas plus mal d’en finir après tout, monsieur, non ?

Sleeping is giving in chantait Arcade Fire, Let it be leur auraient répondu les Beatles. J’attends, assis devant la salle et prépare mon entretien, en fredonnant Message in a bottle. Je comprendrai bientôt pourquoi.

Face à moi, une feuille, trois questions. Que feriez vous si vous étiez Ministre du travail, de la solidarité et de l’égalité des chances ? Ah, à l’ESC Toulouse on forme des énarques ? Monsieur Bertrand compte démissionner prochainement ? Troublé par la question, pourtant connue depuis quelques jours, je réponds banalement, soutenant que je forcerai la rencontre du salariat et patronnât, encouragerai les accords de branche et aurai comme première ambition le dialogue. Je finis en soutenant que le plus important est que chacun puisse travailler et être rémunéré à hauteur des efforts consentis.

L’ESC Toulouse forme des pilotes du changement. Je ne peux que soutenir la démarche, souhaitant moi-même être amiral du tournant, mais quand on me demande ce que cela m’apporte concrètement et provoque comme bouleversement dans le monde, la grimace est inévitable. C’est pourquoi la seconde question proposée par l’ESCT. Pris d’une seconde crise de banalité, je balbutie sur ma feuille (ce qui est un exploit, vous en conviendrez) que c’est forcer le changement, amener avec soi la modernité et faire entrer le monde dans un cycle nouveau où les erreurs du passé ne seraient pas reproduites. Bref, replissons ces lignes blanches qui font tâche et tâchons d’éviter les blancs.

Je ne sais pas si vous avez déjà observé un camembert arrivant à maturité. La pâte devient jaune et se liquéfie de plus en plus. C’est là qu’on est censé l’aimer le plus. Maintenant que vous avez l’image, remplacez le fromage par le temps. Vous êtes assis, face à un questionnaire sans queue ni tête. Le jury est derrière le mur qui vous fait également face et vous êtes là … à attendre que ce moment passe le plus vite possible. Vous voulez crier, vous roulez au sol, parler klingon à la première personne rencontrée, ou faire du tunning avec des ficus, mais vous ne pouvez pas. Pris dans le conformisme, contraint par votre costume, vous regarder le temps jaunir et couler lentement, trop lentement. Vous passez à la troisième question, encore plus troublé que pour les précédentes.

La question, si je m’en souviens bien, s’approche de « Quels sont les défis amenés par l’introduction de la parité en entreprise ? ». Je profite de la question pour crier ma haine contre la parité instaurée par la loi, voulue politiquement et complètement inutile. Je rappelle les difficultés que cela pourrai poser aux PME, je me lâche.

J’ai fini de répondre à mes trois questions. La première mi-temps de l’entretien de la demoiselle me précédent prend fin. Elle m’indique que tout se passe bien, que le jury est gentil et qu’elle est relativement satisfaite, bien qu’il soit difficile d’avoir un avis en dix minutes. Je la remercie, lui souhaite bonne chance et elle est invitée à retourner dans la salle. Je me lève, je parcours en long et en large les quelques mètres de couloirs se trouvant devant ma salle. Toujours en train de fredonner « I’ll send an SOS to the world ». Vous allez comprendre pourquoi.

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Je passe sur mon attente, qui vous passionne autant qu’elle m’a fait plaisir. Le Jury vient me chercher. Devant moi trois personnes. Deux hommes, à gauche et au centre. Une femme, à droite. Celui du centre m’a l’air sympathique, celui de gauche neutre et j’ai déjà l’impression d’ennuyer celle de droite. Le plus sympathique a l’initiative, il m’explique les règles du jeu, ces histoires de mi-temps puis m’invite à me présenter brièvement. Je m’exécute, sans savoir qu’il s’en chargeront bientôt. A peine ma présentation faite, celui qui jusqu’ici me semblait sympathique me demande comment m’énerver. Assez étonné, ce que j’essaie de masquer, je réponds qu’il faut pour m’énerver rien de particulier, si ce n’est m’agacer longtemps, très longtemps.

On me questionne ensuite sur la passion dont j’ai parlé pendant ma présentation : l’informatique. On me demande quels logiciels j’utilise, ce que j’apprécie puis on me demande si j’ai d’autres passions. J’explique mon goût pour la musique pop-rock allemande et de nouvelles questions tombent. Le jury me demande ensuite comment je réagit si quelqu’un de physiquement plus fort que moi m’insultait. Puis quelqu’un de plus faible physiquement. Après mes réponses, on me dit que je suis calculateur. Le jury m’indique qu’il est armé et peut faire usage de son arme puis m’invite à sortir.

Quelques minutes passent, puis j’entre à nouveau dans l’arène. On me demande ce que je pense du site de l’école. Je répond franchement qu’il est techniquement bien réalisé, que la navigation est facile mais que je trouve les couleurs un peu fade. Je balance en disant que j’aime beaucoup le site admissible. Bref, je reste honnête, ça paie parait-il.

Peu de notes sont prises par le jury. Après avoir noter mon nom et mon prénom, il note les remarques sur le site. On me demande ensuite quel est mon plus beau souvenir. Je réponds et on me dit que j’ai l’air de quelqu’un de sérieux qui ne dois pas souvent s’amuser. J’explique le contraire, argumentant le plus possible. On me dit ensuite que j’ai sûrement du mal à équilibrer vie professionnelle et fête. Ne voulant pas passer pour quelqu’un de trop sur de moi, je dis qu’il s’agit sûrement d’un de mes défauts et qu’une fois un travail bien effectué, j’avais tendance à me relâcher.

Là, nouvelle attaque du jury. Il pense que je suis quelqu’un qui doit les haïr et que j’étais sans doute méprisant. Je leur dit que non, il n’y a pas de raison de l’être, je me défends comme je peux. Je ne sais pas ce que je vaux à ce moment sur le fond, mais sur la forme, je pense être resté impeccable.

La provocation du jury se termine en fin d’entretien, après plein de petites questions comme celles évoquées plus haut. Le jury n’hésite pas à me rappeler qu’ils sont trois, et par conséquent, plus nombreux que moi. On me demande de conclure : je procède donc à un résumé succinct dont le jury dit qu’il y est traité péjorativement. Certes, passons.

Je remercie tout de même les trois membres : la femme complètement affalée sur sa chaise, l’homme sympathique qui se révèle être très provocant et l’homme de gauche qui dois toujours se demander ce qu’il fait là. En sortant, on me demande ce que je fais ce soir, où est la sortie resto de l’école. Je réponds, dis « au revoir » et quitte la salle.

L’entretien a été le plus éprouvant de tous, le plus dur. Des questions inattendues, jamais rencontrées à l’entraînement, ni même dans aucune autre école. J’espère avoir pu faire le nécessaire pour pouvoir entrer l’an prochain à l’ESC Toulouse. L’école m’a plu, l’entretien a été très difficile : il faut souffrir pour devenir un pilote du changement.

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I said hey – born to lose…

Oh baby I’m born to lose (Johnny Thunders & The Heartbreakers, 1977)

Hop journée de folie, journée de tous les possibles, de tous les impossibles, du normal, du paranormal, du médical, du paramédical, du chutiste et du parachutiste. Nous sommes lundi 25 juin, et nous allons bientôt devenir les pilotes du changement.

Pour bien commencer à piloter, embarquons. Je suis à Dourdan, je prends le 91,03 direction Massy. Comme à l’accoutumé me direz-vous. Oui, ça commence comme toujours, mais tout ne finira pas pareil. Pilote du changement n’est pas un mot assez grand.

Je retrouve mon compère (à savoir Florian –aka Flunch- pour ceux qui ne suivent pas) à Massy puis on monte dans le RER C avant de descendre à Paris Austerlitz. Il est presque 22h00, nous attendons sagement notre Corail Lunéa départ 22h56 de Paris, arrivé à 06h41 à Toulouse Matabiau. Pour patienter sagement, nous passons par la Brioche Dorée, temple du sandwich. Mon compère (qui est toujours Florian pour ceux qui suivent, qui se prénomme Florian pour les autres) est gentiment appelé Madame par la vendeuse. On discute avec elle, rigole, passe le temps.

D’un coup d’un seul, surgit sans prévenir le Corail Lunéa 3751 … LE NOTRE ! Non sans joie nous embarquons. Le voyage se déroule bien. A ma gauche un mexicain qui se rend à Luchon et me demande régulièrement si il est dans le bon train, à la bonne place et si tout va bien. A ma droite également un golden boy dynamique en position off : affalé sur son siège inclinable, il ouvre sa bouche de façon récurrente offrant aux passagers encore éveillé le spectacle magnifique de sa glotte remuant à mesure de son ronflement. Seuls survivant du carnage opéré par Morphée, nous tombons au combat sur les coups de 2 heures du matin.

C’est alors que survient le premier rebondissement. Il est 3h passé, nous sommes à Brive la Gaillarde, la bien nommée, et nos chers compagnons de voyage bien endormis dans le wagon de derrière sont décrochés. Le Corail est victime d’un schisme : ceux qui vont à Toulouse, ceux qui ont fait le choix de Rodez. Que Dieu les garde.

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6h41 a.m. arrivée à la gare de Toulouse Matabiau. Toujours volontaire, on sort du train à grandes foulées, on se dirige vers le Quick et on cherche le stand ESC Toulouse sensé nous rassurer et nous indiquer que nous n’avons pas fait fausse route. Mais là, « c’est le drame » nous ne trouvons rien. Si ce n’est une jeune demoiselle en tshirt rose à notre recherche. Joie et athérosclérose nous sommes trouvés.

Invité par Coralie (qui est la jeune demoiselle), nous montons dans un Zafira noir et nous parlons religion et école avec Coralie avant d’évoquer le sexe et la nourriture comme indiqué dans la voiture. Il est alors presque 7h, nous arrivons à l’école.

AdmisseuseJR

Heureux comme Nikos Aliagas un soir de nomination, nous testons en quelques minutes toutes les activités offertes par l’ESC Toulouse. Le trivial poursuit, la lecture de Cosmopolitan, celle d’entrevue, le match de Ping Pong en 5 points et la mi temps de PES (Russie 0 – Venezuela 0) puis nous nous dirigeons vers la bulle, l’espace guest de l’école. Nous faisons là la rencontre d’un pilote du changement, un vrai : Jean Rémi. A peine rencontré, il se présente à nous, monte sur un fauteuil, le retourne (le pilote est agile) puis effectue une roulade.

Le temps passe, nous proposons de l’aide aux admisseurs, leur apportons à boire et faisons tout pour les mettre à l’aise. Ensuite, nous nous dirigeons vers l’amphi où nous rencontrons 118 et 218, les vrais. On regarde également le SAV des entretiens … on aime l’ESC Toulouse. A la sortie on retrouve deux camarades de classe, un peu perdues. Il s’agit de Virginia et de Fanny. Tout va bien, on croise JR souvent, on lui fait des calins, on joue au trivial poursuit. On s’aime. On visite la ville, on participe à tout ce qui est possible, on va au toilette, on achète un ticket pour manger à midi. Je croise Mathias, connaissance heureuse de l’ESC Toulouse, je le salue, il a la classe en costard.

Et là, l’heure du repas arrive. Nous croisons à nouveau JR, toujours aussi impitoyable, fidèle à son univers. Nous le calinons, puis recevons, en échange de nos tickets sandwich… deux sandwich. Anthony, qui entre temps avait dormis, sans que nous le sachions, chez JR, nous rejoins bruyamment. Nous nous câlinons publiquement : l’école entière nous connaît.

Le repas passé, temps venu est le (petit jeu pour toi lecteur, remets les lettres dans l’ordre) de se changer. Nous enfilons nos costards, passons prendre un thé, puis nous assistons à la conférence du directeur. Le discours est honnête, raisonnable et très appréciable. On ressort, puis retourne dans l’amphi déjà visité plus tôt. On assiste à nouveau à la présentation vue le matin et allons gaiement stresser pour le reste de l’après midi.

Je passe le moment de l’entretien qui vaut son pesant d’huile d’arachide pour arriver au moment intéressant, celui de l’après-entretien. Mais avant tout de chose, je me dois de vous d’informer qu’entre temps on été rencontré deux camarades du lycée : Céline (aujourd’hui étudiante comme nous à Vilgénis) mais aussi Vincent –aka Bubuche- la star malheureuse de mon ancien lycée.

Anthony_ToulouseErreur corrigée, je suis dans le vestiaire, me change et rejoins mes camarades (qui sont toujours Florian et Anthony) en ville. Nous rencontrons là un homme distribuant direct soir et à qui nous indiquons que nous ne pouvons accepter son journal étant déjà abonnés. Un peu troublé, il ne cherche guère et nous nous rendons à Champion. Après moult tergiversations, nous achetons du saucisson, une baguette et un fromage qui pue, du Roucoulons. Nous prévoyons de manger tout ça dans le Corail du retour, celui qui part à 0h45 de Toulouse et arrive à 6h41 à Paris. C’est aussi ça être un pilote du changement.

Ceci effectué. Nous retournons à l’école où nous restons peu de temps. Je passe au vestiaire ou je trouve le bagde de Vincent – toujours aka Bubuche – que j’embarque avec moi. Celui-ci finira abandonné dans le RER C (pas Bubuche à notre grande regret, mais le badge) mercredi à 12h13 quand nous nous apercevrons qu’il est la source de nos futurs malheurs.

La_stratégiede_l_echecNous ne mangeons finalement pas au restaurant : nous dînons chez JR. Après quelques mètres à pieds, nous arrivons chez lui : nous nous affalons devant la télévision et regardons plus belle la vie. L’appartement est magnifiquement décoré : des photos de Kirsten Dunst sont accrochées au mur, l’homme écoute Wir Sind Helden, connaît Yelle et a comme décoration ultime la VHS de la stratégie de l’échec. Ceci fait, nous commandons 5 pizza en buvant du Ricard. La bouteille est belle, c’est l’édition deux litres spécial guest. Le plaisir est intense, nous regardons la stratégie de l’échec, référence pour tous.

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Ces glorieux moments passés, nous nous adonnons au jeu du packet. Jeu dont le principe est très simple et basé sur l’idée fabuleuse du « qui perd – gagne ». Le perdant doit tout simplement boire. N’en pouvons plus du Ricard, nous penchons sur le rouge. La bouteille est rapidement terminée, une mauvaise nouvelle arrive : il est l’heure de partir.

A peine en retard, nous devons rejoindre le chauffeur : la traversé de Toulouse est bruyante (Anthony insulte quelques prostituées, nous annonçons notre passage) puis très vite dérangeante (une femme crie à sa fenêtre pour nous inviter à nous taire, nous lui indiquons que nous négocions avec le feu pour qu’il passe au vert. Dépitée, elle abandonne.

Arrivé à la gare, une nouvelle surprise nous attend. Notre train en direction de Paris est supprimé pour cause de mouvement social. Heureux comme pas deux, nous prenons ça avec joie (sauf Anthony et Amel, jeune préparationnaire perdue rencontrée à la gare) et sommes ravis (sauf les deux précédemment cité, Florian et moi même) d’apprendre que nous rentrerons peut être demain, à 6h dans un TGV et que nous devons passer la nuit dans un wagon garé en gare de Toulouse Matabiau.

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Pris d’un excès de folie, Anthony appelle JR, et lui donne un nouvelle preuve : nous sommes des pilotes du changement. A vélo, il nous rejoint à la gare avec deux bouteilles de bière (deux fois 75 cl de Kro si je ne m’abuse) ainsi qu’un porno avec un nain et Laure Sinclaire : Labyrinthe.

Nous tenons comme nous pouvous avec ces provisions avant d’embarquer à 6h08 dans le TGV pour Paris. Le trajet est long et dure, si la partie Toulosue – Bordeaux est facile (places assises), elle contraste fortement avec la partie Bordeaux – Paris. Elle se passe lentement, très lentement, cheveux gras, haleine insupportable, Amel Bent, dans le wagon restaurant du train.

Le calvaire est long, mais bon. Etre un pilote du changement n’est pas donné à tous. Les temps sont durs, le cours du plastique grimpe sans cesse et l’azote est de plus en plus courant. Heureusement, la formation des pilotes du changement suit son cours.

Merci à toute l’équipe des admisseurs de l’ESC Toulouse (et plus particulièrement à Quentin, Sarass, Coralie, Jean Rémi et même Mathias). Je poste dès que possible les photos, ultime témoins de la déchéance qui affecte les pilotes du changement que nous tentons tous d’être au jour le jour.

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