Je veux l’avoir, et je l’aurai. (Joe Dassin, 1969)
Les résultats sont tombés, nous avons pris du retard sur le blog : les carottes sont cuites. Ce n’est pas un problème. Je vais finir par vous raconter brièvement nos derniers oraux et établir quelques petits classements. Le blog n’est pas encore mort, regardez, il bouge !
Faisons le frétiller en remontant le temps : jeudi 5 juin (quoi, ça ne vous rajeunit pas ?). Je suis à Lille, il est 8 heures du matin. Je me lève assez lentement pour tout vous dire, avec un léger mal de ventre : c’est aujourd’hui l’oral qui compte. Le quitte ou double, le coefficient 20 de l’entretien, le 6 de la LV1, et enfin le 4 de la LV2. Je réalise … je me sens mal.
Après un bon moment de paresse, je me décide, je prends ma douche… Et surtout mon temps. Rien ne presse, l’exécution n’a rien de sommaire, et puis, le pire peut arriver oui, mais le meilleur aussi. Je suis préparer après tout, c’est pas mon premier oral.
Coefficient 20 … EDHEC. Ca trotte, ça trotte. Je regarde Pokémon sur Gulli, puis BFM TV, puis retourne regarder Pokémon. Je ne sais pas quoi faire. J’ajuste ma cravate. Vérifie les plis du pantalon. Je regarde si ma veste n’est pas trop froissée. J’ajuste ma cravate. Je regarde la télévision. Je tourne en rond. Je coupe le chauffe eau. Je suis devant la télé. J’appelle Anthony, ma Maman, je relis mon questionnaire. J’ai toujours la télévision d’allumée, la brochure dans les mains. Je la veux cette école.
J’ajuste ma cravate. Encore. Puis je tourne encore en rond. Je zappe, je parcours les chaînes de la Freebox. Je m’attarde un peu sur Deutsche Welle puis sur Skynews. Je retourne sur BFM. Bientôt 10 heures. Je me replonge dans la brochure. C’est épouvantable, je tiens pas en place. J’ajuste ma cravate. Il est 10 heures 45, je l’ajuste une dernière fois. Et là, un bouton craque.
Je reste calme. Je laisse la chemise telle qu’elle. Je me regarde dans la glace : ça va, la disparition passe inaperçu. Puis non, tant pis : j’ouvre ma valise. Je prends ma trousse de toilette, je cherche ce fichu kit de couture que Maman m’avait donné. Je le trouve. J’attrape l’aiguille. Le fil blanc. Je recouds mon bouton. Tout va bien. Il est onze heures passées de quinze minute. Je dois partir. Je vérifie si tout est bien en ordre dans l’appart de Marion. Je ferme la porte, je prend ma valise. Je touche le bouton, il tient. Je remonte le Boulevard Montebello, j’arrive station Cormontaigne. Je tourne à droite. Arrivé place du Général Leclerc je consulte le plan : ça serait bête de se perdre. Je continue tout droit : rue du port, m’y voilà ? Je tourne à gauche, je suis à l’EDHEC.
Je fais la queue pour rendre mon questionnaire, je laisse mes bagages dans les vestiaires. Je descends au foyer. Je croise Cédric, admisseur et ancien de Vilgé. C’est parfait, je me sens mieux, rassuré. Anthony me rejoins, tout va bien. On patiente, on mange des sandwich achetés au foyer, on regarde le film de présentation et on reçoit nos welcome packs.
Je sais pourquoi je veux cette école : elle a le meilleur welcome pack de la Terre. Je m’enflame, je suis heureux, j’y suis. Je suis à Lille, 58 rue du Port. La moitié des admisseurs viennent de Vilgé (promos 2006 et 2005). J’ouvre le sac : un stylo EDHEC, une brochure reliée (DeLuxe) de l’école, un bloc note … un hub USB 1,1 quatre ports. Un tshirt. Je stresse. Je passe l’anglais dans 10 minutes. Cédric, Anthony me rassurent. Tout va bien se passer.
Direction l’amphi, accompagnés par une admisseuse. Un prof d’anglais sort, lance un prénom, j’entends un « yes », le prof rentre dans l’amphi l’admissible le suit. Ca recommence, une fois, deux fois, trois fois. Vient mon tour. On me demande de confirmer que l’anglais est ma seconde langue. Sans problème, on me tend un texte. Je ne sais plus aujourd’hui de quoi il parle, mais je le travaille dans tous les sens. Je prépare un beau commentaire. Je veux l’EDHEC. Je vais réussir.
Dans l’amphi, on est une dizaine à préparer. L’ambiance est tendue, simple ressenti peut-être. On vient me chercher. Je m’installe. Le prof signe ma feuille. Je présente mon texte : je suis plutôt content de moi, ce n’est pas extra ordinaire, mais ça semble pas trop mal se passer. On me pose des questions : mes passions, pourquoi l’EDHEC, que connais-je de la culture britannique ? Ca se passe pas trop mal, je confesse au prof parler un anglais très approximatif et avoir envie d’aller l’améliorer dans un pays anglophone. Il me réponds qu’il n’est pas si mauvais et que j’ai le temps de voyager. Je ressors satisfait : ça n’a pas été extraordinaire, mais ça n’a pas été une catastrophe. L’Allemand, c’est bientôt, il va falloir scorer.
De retour au foyer, je retrouve Cédric. Il me demande comment ça s’est passé, me rassure. Me rappelle que ne pas réussir la LV2 n’est pas grave. Ca dure cinq minutes, il est temps d’aller préparer l’épreuve d’Allemand.
Et merde ! Encore un texte sur l’écologie, sur le réchauffement climatique. Saviez vous que l’hivers 2006/2007 a été le plus chaud de l’histoire en Allemagne ? Que les températures moyennes de 0,65°C supérieures à celles des hivers passés ? J’essaie de m’intéresser au sujet, de pas repasser à côté, comme à Nantes. Je fais tout pour rendre le texte intéressant, montrer des connaissances sur le sujet. Pour une fois mon temps de préparation est utilisé en entier. Je la veux, je la veux.
La prof d’Allemand vient me chercher. Je présente mon texte, puis enchaine par un commentaire complet. Je raconte ce que j’ai appris pendant la conférence vue avec la classe (merci à la prof d’Allemand de m’y avoir finalement contraint d’y aller) : les éco-quartiers d’Hambourg, les systèmes de chauffage naturels en Scandinavie : tout est déballé est plutôt bien ficelé. La prof sourit, puis me dit que le sujet est grave et me propose de parler d’autre chose. On parle de mes passions, de « Wir sind Helden », d’informatique : la langue est fluide. Je vais des efforts, je sens que c’est la première épreuve d’Allemand que je réussis vraiment. Le déclic de Rouen se poursuit, je suis très satisfait de moi en sortant, j’aurai la moyenne, je marque des points.
De retour au foyer, une nouvelle fois, je retrouve Cédric. Il m’accompagne jusqu’à ma salle de préparation et discute avec moi. Il m’explique comment on est noté, comment fonctionnent les grilles de notation, me conseille, me donne les attentes du jury. J’écoute, j’enregistre. J’entre surmotivé.
« C’est la première fois que vous mettez votre costume ? » me lance-t-on dès que j’entre dans la salle. Je réponds que non, que je le porte de temps à autre depuis l’été dernier, mais que ce n’est pas ma tenue favorite. On me demande quelle tenue je préfère : « jean-basket-tshirt ». On me demande si je suis sportif, je raconte mes expériences de jeune sapeur pompier que j’ai été. De nombreuses questions sur ce que j’ai pu faire en caserne, l’ambiance, l’examen de JSP puis un petit débat sur le métier de sapeur pompier aujourd’hui, le droit de grève.
Les membres de jury semblent satisfaits puis se présentent. J’ai face à moi une professeur de droit à l’école, également avocate. Un cadre à la Française des jeux. Et un autre homme, dont j’ai oublié le métier. Je me présente à mon tour. On me pose ensuite un grand nombre de questions sur mon questionnaire. Je l’ai travaillé, je m’en sors pas trop mal. Puis vient un piège. A la question « quel événement passé auriez vous aimez vivre ? » j’ai répondu « La signature du Traité de Rome ». Après plusieurs questions sur l’informatique le jury dit se rendre compte que le changement, l’innovation me fascine et me demande qui j’admire. Dans le questionnaire, on nous demande quels sont les traits qui forcent mon admiration, mais je ne dit pas qui j’admire. Je réponds donc que j’admire des gens comme Steeve Job ou Tariq Krim. « Pourquoi pas des gens comme Jean Monnet ou Marcel Schumann ? ». Heu Robert, je rectifie. On apprécie le fait que je rectifie puis nous parlons d’Europe.
Turquie, élargissement, puis Croatie. Relation Pologne-Allemagne. Enfin des questions « historiques » et d’actualité. Je suis heureux, je prends plaisir à répondre à ces questions. Le sujet m’intéresse beaucoup. On parle d’idée que j’aurai pour l’Europe, de rêves. Je suis pris au dépourvu, mais joue l’honnêtée : je dis ce que je souhaite réellement à l’Europe politique. Puis vient la question …
« Vous avez participer à une campagne électoral, c’est écrit dans votre questionnaire…. » On me demande d’en dire plus, de dire pour qui. Comment je suis arrivé à avoir quelques responsabilités. On me pose des questions sur le positionnement aujourd’hui de François Bayrou. Sur celui qu’il a eu après le second tour. Je reste assez critique sur ces positions, je le fais savoir : le jury sourit.
Nouvelle question « Vous gagnez demain au loto, que faîtes-vous ? ». Je donne une petite partie à des associations locales que je connais, je place le reste et continue à travailler. On me demande comment je fais mon placement, je réponds faire confiance à mon banquier avant que l’ont me demande si il est vraiment sage de lui faire confiance. Je dis qu’il engage sa réputation, qu’il est qualifié, plus que moi et que j’estime qu’il faut faire confiance des fois : on ne peux tout faire seul.
Les quarante cinq minutes sont passées. On me remercie puis me demande quelle école je veux, et pourquoi. Je dis la vérité : je veux l’EDHEC, j’explique que ma meilleure amie habite Lille, que j’ai vraiment aimé la ville (visitée la veille, j’ai arpenté plusieurs heures les rues du centre ville, et visitée lors de mon passage à l’ESC Lille, deux semaine avant) et que l’EDHEC m’intéresse. Quelques autres questions tombent, je suis debout. C’est fini, je sors.
Je suis plutôt satisfait de mon entretien. Rien de particulier, pas de sentiment de réussite, mais encore moins de sentiment d’échec. Je rejoins Cédric et Anthony puis ai le droit à une visite de l’école. L’accueil « spécial Vilgé », c’est pas n’importe quoi. Après la visite, je veux encore plus de l’école.
Paris. Gare du Nord. Des publicités pour l’EDHEC affichées un peu partout. Je veux y retourner. Réponse dans huit jours tout ronds.